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Quatre arrondissements de New York ont leur cocktail ; le Bronx fut un géant, le Manhattan un roi. Le Brooklyn, lui, a été oublié pendant un siècle — à cause d'un ingrédient devenu introuvable.
L'Établi
La manière
↳ change la manière, la composition et les gestes suivent.Le Geste · accompagné
Servi "up" sans glace, le Brooklyn doit partir dans un verre glacial pour rester froid jusqu'à la dernière gorgée.
Pas de Picon ? Bigallet China-China ou Amaro Ramazzotti tiennent très bien le rôle amer-orangé.
Cocktail tout en spiritueux : le stir lui donne sa texture soyeuse sans l'aérer ni le diluer à l'excès.
Une vraie cerise au marasquin (type Luxardo), pas une cerise fluo confite.
Acte I · L'Origine
Le Brooklyn paraît pour la première fois en 1908 dans le « Jack's Manual » de Jacob « Jack » Grohusko, chef barman chez Baracca's, dans le Lower Manhattan. Son lien avec l'arrondissement est ténu — le patron du restaurant était de Brooklyn — mais le nom colle. La recette d'origine : seigle, vermouth, marasquin et un trait d'amer Picon, cet apéritif français à l'orange amère.
C'est précisément le Picon qui condamne le Brooklyn à l'oubli : reformulé et quasi introuvable hors de France, il rend la recette d'origine impossible à reproduire. Le cocktail dort jusqu'à la renaissance des années 2000, où les bartenders lui trouvent des substituts (Amer Picon de contrebande, Bigallet China-China, Ramazzotti). Le Brooklyn engendre alors toute une famille de cousins nommés d'après les quartiers — Red Hook, Greenpoint, Bensonhurst, Carroll Gardens.
Acte II · La Querelle
Profil de goût
Popularité dans le temps
La Glose du Gardien
Le Brooklyn, c'est le Manhattan qui aurait mal tourné, dans le bon sens : on troque le vermouth doux pour du sec, on ajoute le marasquin et l'amertume orangée du Picon. Plus sec, plus anguleux, moins consensuel. Tout le jeu est dans le substitut de Picon : c'est lui qui donne sa signature amère.
— Le Mixologue, Gardien du BarActe III · La Descendance
ManhattanLe modèle : même seigle, mais vermouth doux et bitters, plus rond.Vieux CarréCousin de La Nouvelle-Orléans, seigle et cognac, plus opulent.Sources
Difford's Guide, Brooklyn — histoire et substituts d'amer Picon · référence