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Atlas Culinaire · Suisse · Europe
Pâtes fraîches tessinoises farcies ricotta et herbes sauvages de printemps — servis au beurre noisette, sauge et noix torréfiées pour Pâques
La première controverse porte sur l'appellation même du plat : la source Ticino Digitale (⭐⭐⭐⭐⭐) décrit ces pâtes explicitement comme « ravioli ticinesi ripieni di spinaci, formaggio e spezie » sans jamais utiliser le terme « agnolotti », et le CCAT (Centro di Competenze Agroalimentari Ticino) confirme que les producteurs certifiés Marchio Ticino commercialisent ce produit sous l'appellation ravioli ; le terme agnolotti ticinesi est une désignation hybride qui reflète l'influence piémontaise et la position géographique du Tessin entre Lombardie et Piémont, les deux termes désignant en pratique la même preparation dans les sources locales. La deuxième controverse oppose la farce végétarienne de printemps-Pâques (ricotta et herbes sauvages) à la farce carnée hivernale (bœuf braisé haché + ricotta + parmesan), dualité liturgique documentée dans la tradition lombardo-tessinoise : les ravioli « di magro » (maigres, sans viande) s'opposaient aux ravioli « di grasso » (gras, à la viande) selon le calendrier religieux, distinction que les sources ticinaises contemporaines ne tranchent pas explicitement, laissant coexister les deux traditions. Enfin, les herbes sauvages de la farce ne font l'objet d'aucune liste canonique officielle : l'anthropologue alimentaire Meret Bissegger (experte reconnue des herbes sauvages du Tessin, article Illustrazione Ticinese 2004) note que « chaque vallée tessinoise pratiquait ses propres mélanges selon les espèces disponibles en altitude » — ortiques, épinards sauvages, ail des ours, blettes, roquette sauvage — rendant impossible toute standardisation et constituant précisément la richesse vivante de cette tradition.
Merlot del Ticino DOC rouge léger et fruité — accord territorial canonique pour les pâtes festives tessinoises. Vin blanc si version au bouillon : Chardonnay tessinois ou Pinot Grigio du val Mesolcina. Chardonnay légèrement beurré si sauce beurre-sauge-noix : le beurre noisette et le Chardonnay partagent les mêmes arômes lactiques toastés.
7/10 — Spécialité festive tessinoise présente dans les restaurants gastronomiques du canton (GaultMillau CH) et dans les ménages lors des fêtes de Pâques et de Carnaval (version sucrée ricotta-cannelle-orange pour Carnaval, version salée herbes-ricotta pour Pâques). Moins connue hors Tessin que la polenta ou le risotto ticinese.
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Laver les ortiques (avec gants !) dans plusieurs bains d'eau tiède + bicarbonate. Les blanchir 3-5 minutes dans de l'eau bouillante salée abondante. Égoutter, laisser refroidir, essorer énergiquement avec les mains pour extraire toute l'eau. Hacher finement. Faire sauter dans une poêle sèche 2-3 minutes pour éliminer l'humidité résiduelle. Faire de même avec les épinards. Laisser refroidir complètement.
Dans un saladier, mélanger la ricotta bien égouttée, les herbes hachées et séchées, l'oeuf entier, le parmesan râpé, la muscade, le zeste de citron si souhaité. Saler et poivrer. Ajuster avec la chapelure si la consistance paraît trop molle — la farce doit tenir sa forme quand on en prend une petite noix à la cuillère. Réserver au réfrigérateur 30 minutes.
Disposer la farine en fontaine sur le plan de travail. Casser les oeufs au centre, ajouter le sel (et le vin blanc si version ticinoise). Incorporer progressivement la farine des bords vers le centre avec une fourchette. Pétrir énergiquement 8-10 minutes jusqu'à pâte lisse, homogène et non collante. Envelopper dans un film alimentaire et laisser reposer 30 minutes à température ambiante (ou 1h au réfrigérateur).
Diviser la pâte en 4 portions. Aplatir chaque portion au rouleau, puis passer progressivement au laminoir du cran 1 au cran 6 ou 7 (épaisseur ~1,5 mm). La sfoglia doit être fine et translucide — on doit apercevoir la main posée derrière. Travailler une portion à la fois, garder les autres couvertes.
Déposer des noix de farce (~12-15 g chacune, 1 cuillère à café rase) à intervalles réguliers de 3-4 cm sur la moitié inférieure de la sfoglia. Humidifier les bords autour de chaque noix avec un pinceau trempé dans l'eau froide. Replier l'autre moitié de la sfoglia par-dessus. Presser fermement avec les doigts autour de chaque noix de farce pour chasser tout l'air. Couper au rouleau cranté entre chaque raviolo.
Torréfier les noix concassées à sec dans une poêle 2 minutes — elles doivent sentir la noisette sans brûler. Réserver. Dans la même poêle, faire fondre le beurre à feu moyen. Quand il mousse et commence à prendre une couleur dorée légère (beurre noisette), ajouter les feuilles de sauge et les noix torréfiées. Mélanger 1 minute. Surveiller : le beurre ne doit pas brunir davantage.
Porter une grande casserole d'eau salée à frémissement léger (pas d'ébullition violente — elle déchirerait les pâtes). Plonger les agnolotti par petites tournées. Ils remontent à la surface au bout de 1-2 minutes — attendre encore 1 minute après remontée. Sortir directement dans la poêle avec la sauce à l'aide d'une écumoire.
Verser les agnolotti égouttés directement dans la poêle de beurre noisette. Mélanger délicatement 1 minute à feu très doux pour que chaque raviolo soit bien enrobé. Dresser dans des assiettes creuses préchauffées. Parsemer de parmesan râpé (ou Sbrinz) et d'un tour de poivre noir. Servir immédiatement.
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