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Atlas Culinaire · Chili · Amériques
La viande séchée des Andes — charqui : de la viande coupée en fines lanières, salée et séchée au soleil et à l'air sec des vallées arides jusqu'à devenir dure et concentrée, conservable des mois — la technique de conservation ancestrale andine (le mot quechua à l'origine du 'jerky') qui a nourri les peuples des zones arides et de montagne, base du charquicán
Le Charqui génère une controverse sur la viande (bœuf, cheval, camélidé) et sur le séchage. La première : le charqui traditionnel andin se faisait avec de la viande de CAMÉLIDÉ (lama, alpaga) dans l'altiplano, ou de CHEVAL/BŒUF ailleurs. Au Chili, le charqui est souvent de bœuf ou de cheval. Le connaisseur du nord (rapporté par El Día, 2019) explique : 'Le charqui, c'est la viande séchée — une technique des Andes, quechua, très ancienne, pour conserver la viande sans réfrigération dans nos climats secs. On coupe la viande en fines lanières, on la sale, et on la sèche au soleil et au vent. Ça devient dur comme du bois, mais ça se garde des mois. On le réhydrate et on le cuisine, surtout dans le charquicán. C'est la viande des zones arides et de montagne, là où il n'y avait pas de moyen de conserver autrement.' La deuxième controverse concerne le séchage : au soleil (traditionnel, mais hygiène/mouches à surveiller) vs à l'ombre/à l'air (plus lent, plus contrôlé) vs au déshydrateur (moderne). Et le salage (quantité). C'est une technique ancestrale, à la base du charquicán (CL... déjà présent).
Le charqui se consomme : réhydraté et cuisiné (notamment dans le CHARQUICÁN, le plat emblématique qui l'utilise), effiloché dans des plats, ou grignoté tel quel (dur, salé, concentré, comme un jerky). Accompagné de pommes de terre, de maïs, de légumes. Boisson : selon le plat. Non-alcoolisé. Base de conservation pour de nombreux plats des zones arides et de montagne.
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Salage — Couper la viande en fines lanières et la saler — Choisir une viande MAIGRE (le gras rancit au séchage). La couper en FINES lanières (3-5mm d'épaisseur), le long du grain de la viande (fibres dans le sens de la longueur). FROTTER généreusement de SEL (gros sel) sur toutes les faces (le sel déshydrate et conserve). Laisser reposer quelques heures (le sel pénètre et la viande commence à rendre son eau).
Le pourquoiLe sel est l'agent de conservation principal du charqui : par osmose, il extrait l'eau de la viande (la déshydratant) et abaisse l'activité de l'eau à un niveau où les bactéries de pourriture ne peuvent pas se développer. Il pénètre aussi la viande en l'assaisonnant. La viande maigre est nécessaire car le gras, lui, ne peut pas être conservé par le sel et rancit (oxydation des lipides). La découpe fine maximise la surface pour le salage et le séchage. C'est le principe de toutes les viandes salées-séchées (charqui, jerky, biltong, cecina).
Séchage — Sécher la viande au soleil et à l'air sec jusqu'à ce qu'elle durcisse — SÉCHER les lanières de viande salée dans un endroit SEC, ENSOLEILLÉ et VENTÉ (climat aride essentiel) : les suspendre ou les étaler sur des claies, à l'ABRI des insectes (filet, moustiquaire). Retourner régulièrement. Sécher plusieurs jours (selon le climat, l'épaisseur) jusqu'à ce que la viande soit DURE, sèche et concentrée (elle perd la majorité de son eau). Le charqui bien séché est rigide et se conserve des mois dans un endroit sec.
Le pourquoiLe séchage élimine l'eau de la viande (évaporation, accélérée par le sel, le soleil et le vent) : sans eau disponible, les bactéries et moisissures ne peuvent pas se développer = la viande se conserve. La viande durcit (les protéines se concentrent et se rigidifient). Le sel et le séchage combinés abaissent drastiquement l'activité de l'eau (conservation longue). C'est une technique de conservation ancestrale, antérieure à la réfrigération, qui a permis aux peuples des Andes de stocker la viande dans des environnements arides et de la transporter (légère, durable). Le mot 'charqui' (quechua) a donné 'jerky' en anglais.
Réhydratation et usage — Réhydrater et cuisiner le charqui (notamment en charquicán) — Pour CUISINER le charqui : le RÉHYDRATER (le tremper dans l'eau plusieurs heures, ou le bouillir) pour le ramollir et retirer l'excès de sel. Puis l'EFFILOCHER ou le couper. Il s'utilise notamment dans le CHARQUICÁN (le plat emblématique : charqui réhydraté et effiloché, mijoté avec pommes de terre, courge, maïs et légumes), dans des ragoûts, ou grignoté tel quel (dur et salé, comme un jerky). Base de conservation pour de nombreux plats.
Le pourquoiLa réhydratation inverse partiellement le séchage : l'eau réintègre la viande, la ramollissant et permettant de la cuisiner. Le trempage/bouillage retire aussi l'excès de sel (qui était nécessaire à la conservation mais trop concentré pour manger tel quel). Le charqui illustre une technologie alimentaire ancestrale andine essentielle : conserver la viande sans réfrigération dans des environnements arides, créant une réserve protéique durable et transportable. Le charquicán, qui en découle, est devenu un plat-emblème de la cuisine chilienne, témoignant de l'héritage andin dans l'alimentation nationale.
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