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Atlas Culinaire · Libye · Afrique
Pois chiches mijotés dans un bouillon épicé au cumin, carvi et harissa, versés bouillants sur du khobz rassis émietté dans le bol — la soupe de rue libyenne qui réchauffe l'âme, plus intense et aromatique que son cousin tunisien.
LIBYE VS TUNISIE — LE LITIGE DU LABLABI — La question est tranchée par les cuisinières de Tripoli elles-mêmes : la chorba al-lablabi libyenne EST différente du lablabi tunisien, et la blogueuse culinaire Dunia du blog libyanfood.blogspot.com (Tripoli) le formule clairement : "on ne met PAS d'oeuf poché dedans, on ne met pas de thon, on ne met pas de câpres — c'est une soupe, pas un assemblage". La version tunisienne (popularisée par des chefs comme Yotam Ottolenghi dans sa recette Tunisian Spiced Chickpea Bread Soup) empile les garnitures — oeuf poché, thon en boîte, olives, citron confit — dans un registre petit-déjeuner festif. La version libyenne, elle, reste soupe pure : bouillon épicé de pois chiches, cumin ET carvi (double signature que les Tunisiens n'appliquent pas toujours ensemble), harissa libyenne plus forte que la harissa tunisienne douce, et surtout la menthe séchée frottée entre les paumes au-dessus du bol — geste rituel libyen absent de la tradition tunisienne. L'autre grand débat interne libyen oppose Tripoli (qui ajoute parfois de la viande hachée dans le bouillon pour l'enrichir) à Benghazi (soupe végétarienne stricte, plus proche du concept tunisien originel). La source arabe cook.lakii.com tranche pour la version avec viande effilochée optionnelle — mais la version street food de base reste sans viande.
Verre de thé à la menthe très chaud en accompagnement — l'accord classique libyen pour équilibrer l'intensité des épices. En hiver : thé rouge à la cannelle et cardamome. En été : eau fraîche citronnée ou jus de citron dilué. Pas d'alcool — pays musulman.
7/10 — plat de rue populaire à Tripoli et Benghazi, moins iconique que la Sharba Libya (10/10) mais ancré dans la culture du déjeuner rapide et du repas de récupération. Très présent dans les marchés couverts (souks) des vieilles médinas.
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Trie et rince les pois chiches secs. Plonge-les dans trois fois leur volume d'eau froide et laisse tremper 12 heures minimum — ou toute une nuit. Le lendemain, égoutte et rince. Ils auront doublé de volume. Si tu utilises des pois chiches en boîte, passe directement à l'étape suivante en les égouttant et rinçant soigneusement.
Chauffe l'huile d'olive dans une grande marmite à feu moyen. Ajoute les oignons émincés et fais-les fondre en remuant régulièrement — 8 à 10 minutes, jusqu'à ce qu'ils soient translucides et légèrement dorés. Ajoute l'ail écrasé, mélange et cuis encore 2 minutes. Tu dois sentir l'ail embaumer sans brûler — reste vigilant.
Baisse le feu à doux. Ajoute le cumin, le carvi, le curcuma, le poivre noir et mélange dans le gras pendant 30 secondes — les épices vont s'éveiller et parfumer l'huile. Ajoute ensuite la harissa et le concentré de tomate. Remue 2 minutes jusqu'à ce que la pâte de tomate caramélise légèrement et que l'huile vire au rouge orangé. Ce caramel de tomate est la colonne vertébrale du bouillon.
Verse les pois chiches égouttés dans la marmite et mélange pour les enrober des épices. Verse 1,5 litre d'eau chaude. Ajoute le sel. Porte à ébullition, puis réduis à frémissement et couvre aux trois quarts. Cuis 40 minutes (pois chiches secs trempés) ou 15 minutes (pois chiches en boîte) jusqu'à ce qu'ils soient bien tendres mais entiers — ils ne doivent pas se défaire.
Goûte le bouillon et ajuste le sel. Ajoute le jus de citron, mélange et goûte à nouveau — l'acidité doit être perceptible mais ne pas dominer. Si le bouillon est trop épais, rajoute de l'eau chaude par demi-louches. Si trop liquide, laisse réduire à découvert 5 minutes. La consistance idéale est un bouillon léger mais nappant, pas trop aqueux.
Déchire le khobz rassis en morceaux grossiers de 2 à 3 cm et dispose-les au fond de chaque bol de service — environ 50 g par bol. Le pain doit former une couche généreuse, pas une chapelure. Le rassis est impératif — un pain de 24 à 48 heures absorbe le bouillon par capillarité sans se désintégrer.
Verse deux louches de bouillon bouillant sur le pain dans chaque bol — de suffisamment haut pour que le pain commence à gonfler et se fissurer en surface. Laisse reposer 1 minute pour que le pain absorbe. Prends la menthe séchée dans tes paumes et frotte-les énergiquement au-dessus de chaque bol : la menthe pulvérisée et ses huiles essentielles tombent directement sur la surface chaude. Ajoute le persil haché et un filet d'huile d'olive.
La chorba al-lablabi se mange sans attendre — le pain doit être chaud, gonflé et encore légèrement résistant sous la louche, pas réduit en bouillie. Chaque cuillerée doit contenir du bouillon épicé, un ou deux pois chiches entiers et un morceau de pain ramolli qui fond à la bouche. Un quartier de citron supplémentaire sur le bord du bol pour ceux qui aiment l'acidité vive.
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