Chargement de l’atlas
Atlas Culinaire · Myanmar · Asie
Un bouillon limpide où le radis fondant boit le suc des côtes, relevé d'une pluie de poivre et d'un souffle de crevette séchée.
Le classement de la soupe de radis divise. L'article « Burmese cuisine » de Wikipédia range le hin gyo / hin cho (ဟင်းချို) parmi les soupes claires et légères servies avec les plats les plus salés, par opposition au chinyay hin (ချဉ်ရည်ဟင်း) acidulé au tamarin. Or beaucoup de cuisiniers du delta acidulent leur soupe de radis au tamarin (les blogs de diaspora comme Tasty Memories la présentent carrément en « White Radish Sour Soup »), la faisant basculer côté hinga. Les tenants de la tradition hin cho tranchent : dans la version claire, aucun tamarin — c'est la douceur propre du radis et l'umami de la crevette séchée qui portent le bouillon, sinon on cuisine une autre soupe. Voir https://en.wikipedia.org/wiki/Burmese_cuisine et https://www.funkyasiankitchen.com/blog/pork-rib-and-radish-soup/
Un thé vert birman clair (lahpet yay chan) sans sucre, ou de simples verres d'eau — le hin cho tient lui-même le rôle de boisson qui rince le palais tout au long du repas.
7/10 — soupe domestique très répandue en hiver dans le delta plutôt que plat de restaurant : la presse et les références culinaires birmanes rappellent qu'un repas birman inclut presque toujours un bol de hin cho (soupe claire) siroté au fil du repas (Wikipédia « Burmese cuisine » ; SBS Food « In the kitchen: Burmese »).
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Préparation — Blanchir les côtes — Plongez les tronçons de côtes dans une casserole d'eau froide, portez à ébullition et laissez bouillir 3 à 4 minutes : une écume grise épaisse va remonter, ce sont les protéines et impuretés de surface. Jetez toute cette eau et rincez les os à l'eau courante jusqu'à ce qu'ils soient propres et pâles. Vous visez des côtes nettes, sans dépôt : c'est la garantie d'un bouillon limpide. Si vous sautez cette étape, le liquide final restera trouble et impossible à rattraper.
Le pourquoiLe blanchiment coagule et évacue l'albumine de surface qui, sinon, se disperse en microparticules et opacifie le bouillon.
Préparation — Tailler radis et aromates — Pelez le radis blanc généreusement (la peau est fibreuse et amère) et coupez-le en tronçons de 3 cm, ni trop fins pour qu'ils ne se délitent pas, ni trop gros pour cuire à cœur. Écrasez le gingembre et l'ail au plat du couteau, coupez l'oignon en deux. Vous cherchez des morceaux réguliers qui cuiront à la même vitesse. Un radis mal pelé garde une amertume qui traversera tout le bouillon.
Le pourquoiÉcraser gingembre et ail rompt les cellules et libère gingérol et composés soufrés dans le liquide bien plus qu'une tranche nette.
Cuisson — Démarrer le bouillon — Remettez les côtes rincées dans la casserole propre avec 2 litres d'eau froide, le gingembre, l'ail et l'oignon. Portez doucement à ébullition puis baissez immédiatement à frémissement. Le passage à feu doux dès l'ébullition est décisif : c'est un bouillon qu'on veut clair, pas émulsionné. La surface doit à peine frémir, avec de petites bulles paresseuses. Si ça bout fort, le gras s'émulsionne dans l'eau et vous perdez la limpidité.
Le pourquoiEn dessous de l'ébullition franche, le collagène des os se gélifie lentement sans agiter les graisses en suspension.
Cuisson — Écumer et mijoter — Pendant la première demi-heure, écumez patiemment à la louche la mousse et le gras qui remontent, en essuyant le bord de la casserole. Laissez ensuite mijoter à couvert entrouvert environ 1 heure, jusqu'à ce que la viande commence à se détacher des os. Vous visez un bouillon doré pâle et parfumé, la chair encore tenue. Un porc qui ne se détache pas du tout n'a pas assez cuit ; prolongez de 15 minutes.
Le pourquoiRetirer le gras au fil de l'eau empêche qu'il s'émulsionne et donne le bouillon « propre en bouche » recherché en hin cho.
Cuisson — Ajouter le radis — Ajoutez les tronçons de radis dans le bouillon frémissant et poursuivez 30 minutes environ. Le radis passe du blanc opaque au translucide : c'est le signe qu'il est cuit à cœur et gorgé de suc. Il doit se percer sans résistance à la pointe d'un couteau tout en gardant sa forme. Ajouté trop tôt, il se déferait ; ajouté trop tard, il resterait croquant et poivré au lieu de fondant et sucré.
Le pourquoiLa longue cuisson douce hydrolyse les fibres du radis et convertit ses composés soufrés piquants en sucres doux.
Assaisonnement — Umami, poivre et sauce de poisson — Incorporez la poudre de crevettes séchées, la sauce de poisson et une bonne dose de poivre blanc moulu. Goûtez, puis ajustez le sel seulement après : la sauce de poisson sale déjà beaucoup. Vous cherchez un bouillon rond, marin en fond, chaud de poivre en finale, jamais piquant de piment. Trop salé d'un coup, un hin cho est fichu ; on rattrape en ajoutant un peu d'eau chaude et un morceau de radis cru.
Le pourquoiLes crevettes séchées apportent des nucléotides (inosinate) qui, combinés au glutamate de la sauce de poisson, décuplent l'umami par synergie.
Finition — Rectifier et verdir — Coupez le feu, retirez l'oignon et le gros du gingembre si vous le souhaitez, puis jetez la coriandre longue ou la ciboule émincée directement dans la casserole hors du feu. La chaleur résiduelle attendrit la verdure sans la cuire, préservant sa fraîcheur et sa couleur vive. Vous obtenez un contraste net entre le bouillon chaud et le vert cru. Ajoutée sur le feu, la verdure jaunirait et perdrait tout parfum.
Le pourquoiHors du feu, les huiles essentielles volatiles de la coriandre ne s'évaporent pas et restent en surface.
Service — Dresser en rince-palais — Répartissez le bouillon clair, les côtes et les tronçons de radis dans de petits bols individuels. En Birmanie, ce hin cho n'est pas une entrée : il se sirote tout au long du repas, entre deux bouchées de riz et de curry salé, pour rafraîchir et rincer le palais. Servez-le fumant à côté du plateau. Refroidi, le gras se fige en surface et masque la limpidité ; réchauffez doucement sans faire bouillir.
Le pourquoiBu chaud entre les plats salés, le bouillon peu assaisonné réinitialise les papilles et fait ressortir les saveurs des currys.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.