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Atlas Culinaire · Myanmar · Asie
Des nouilles aux œufs nappées d'une sauce sombre au bœuf, étoilée d'anis et de cannelle, couronnée de coriandre et d'huile de piment.
L'appellation cache deux plats rivaux. La cuisine des restaurants birmans vend souvent sous le nom « Panthe/Panthay kaukswe » un curry de poulet au lait de coco proche du Ohn No Khao Swè (voir la version coco de bitspicy.com/news/burmese-panthay-kaukswe-curry), alors que la fiche identitaire des Panthay sur en.wikipedia.org/wiki/Panthays décrit le vrai plat comme « a fried noodle dish », une préparation sautée d'origine yunnanaise à la sauce soja, à l'anis étoilé et au bœuf ou poulet — jamais de porc, car les Panthay sont musulmans hanafites et cuisinent halal. Le mot « Panthay » lui-même est un exonyme birman que la communauté Hui n'emploie pas en Chine : nommer ce plat, c'est déjà trancher une question d'identité entre Hui du Yunnan, musulmans bamar et Han de Kokang voisins.
Thé vert du Yunnan servi brûlant, ou lahpet yay (thé au lait birman) très sucré pour tempérer le piment.
8/10 — plat identitaire des Panthay de Mandalay et Lashio, servi dans les échoppes autour de la mosquée Panthay (ouverte en 1868 sous le roi Mindon) ; moins connu hors des communautés Hui, souvent confondu avec le curry coco Ohn No Khao Swè.
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Préparation — Torréfier les épices sèches — Dans une poêle sèche à feu moyen, faites danser anis étoilé, cannelle et une pincée de curcuma 30 à 45 secondes jusqu'à ce qu'un parfum chaud de réglisse et de bois monte : c'est le marqueur yunnanais du plat, pas le lait de coco. Visez des épices brillantes et odorantes sans fumée ; si elles noircissent, jetez et recommencez, l'amertume brûlée ruinerait la sauce.
Le pourquoiLa chaleur sèche volatilise les huiles essentielles (anéthole de l'anis) sans les diluer.
Préparation — Griller et délayer la farine de pois chiche — Dans la même poêle, torréfiez la farine de pois chiche à sec en remuant sans cesse jusqu'à une teinte noisette et une odeur de grillé, puis délayez-la dans 4 c.à.s. de bouillon froid pour éviter les grumeaux. Elle remplace le lait de coco pour épaissir : visez une pâte lisse couleur sable. Si des grumeaux se forment, passez au fouet ou au tamis avant incorporation.
Le pourquoiLa torréfaction cuit l'amidon cru du besan (goût farineux) et fixe un goût de noisette.
Cuisson — Fondre oignons, ail et gingembre — Chauffez l'huile à feu moyen et faites suer les oignons émincés 8 à 10 minutes jusqu'à ce qu'ils deviennent translucides puis dorés, en ajoutant ail et gingembre à mi-parcours pour qu'ils ne brûlent pas. Cette base fondante porte tout le sucré du plat : visez une masse souple, dorée et brillante. Si ça accroche, déglacez d'une cuillère de bouillon.
Le pourquoiLa caramélisation lente des sucres de l'oignon (réaction de Maillard douce) construit le fond umami.
Cuisson — Saisir le bœuf et les piments — Montez le feu, ajoutez le bœuf émincé et saisissez-le jusqu'à ce qu'il perde sa couleur rosée et attache légèrement au fond, puis incorporez piment en poudre et curcuma pour teinter l'huile en rouge profond. Le fond caramélisé (fond de poêle brun) est le trésor du plat. Visez une viande colorée et parfumée ; si le piment fume, baissez et ajoutez un trait de bouillon.
Le pourquoiLa réaction de Maillard sur la viande génère les composés grillés qui signent la sauce.
Cuisson — Bâtir la sauce — Ajoutez les épices torréfiées, la sauce soja, la sauce poisson et le sucre de palme, mélangez 1 minute puis versez le bouillon chaud et portez à frémissement. Goûtez et rectifiez le trio salé-sucré-piquant : la sauce doit napper le dos d'une cuillère. Si elle est trop salée, allongez de bouillon ; trop liquide, laissez réduire à découvert.
Le pourquoiLe déglaçage dissout le fond de Maillard (fond de poêle) et le redistribue dans le liquide.
Cuisson — Lier et mijoter — Incorporez la farine de pois chiche délayée en filet tout en fouettant, puis laissez mijoter à petits bouillons 10 à 12 minutes pour que la sauce épaississe et que le bœuf s'attendrisse. Retirez anis et cannelle. Visez une texture veloutée type sauce brune ; si elle épaissit trop, détendez au bouillon, si elle reste claire, prolongez la réduction.
Le pourquoiL'amidon du pois chiche gélifie à chaud et donne un velouté sans matière grasse ajoutée.
Cuisson — Cuire les nouilles al dente — Plongez les nouilles aux œufs dans un grand volume d'eau bouillante salée 3 à 4 minutes (fraîches) pour qu'elles restent souples mais fermes sous la dent, égouttez et rincez brièvement à l'eau tiède pour stopper la cuisson. Huilez-les d'une cuillère pour qu'elles ne collent pas. Trop cuites, elles se déferont dans la sauce chaude.
Le pourquoiLe rinçage retire l'amidon de surface et évite l'agglutination des nouilles de blé.
Dressage — Dresser et garnir — Répartissez les nouilles dans les bols, nappez généreusement de sauce au bœuf brûlante, puis couronnez de coriandre, cacahuètes concassées, ail et échalote frits ; servez huile de piment et citron vert à part. Chacun mélange à table, façon panthay. Visez un bol contrasté chaud-croquant-frais ; un filet de citron réveille l'ensemble juste avant de manger.
Le pourquoiAssembler au dernier moment préserve le croquant des garnitures et la tenue des nouilles.
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