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Atlas Culinaire · Kosovo · Europe
Le plat de carême le plus réconfortant du Kosovo — haricots blancs mijotés lentement avec des poireaux fondants, une sofrito à l'huile d'olive, paprika et laurier, jusqu'à obtenir une texture épaisse et soyeuse que l'on sert avec du pain de maïs chaud pour traverser les semaines sans viande.
La question de l'huile à utiliser dans le pasul me presh oppose deux traditions au Kosovo : les familles du Dukagjin (ouest) défendent l'huile d'olive extra-vierge comme seul corps gras digne d'un plat de carême authentique, tandis que les ménages de la plaine de la Sitnica (centre-est) utilisent historiquement l'huile de tournesol ou de maïs, plus accessible et moins coûteuse. TasteAtlas (2023), qui référence le pasul kosovar dans sa catégorie "plats de légumineuses balkaniques", souligne que la distinction huile d'olive / huile végétale est précisément le marqueur social et régional de ce plat : les familles plus aisées ou proches des routes ottomanes d'importation privilégiaient l'olive, les autres l'huile locale. Le chef Arben Maxhuni (restaurant Liria, Pristina) précise dans une interview de 2022 à Telegrafi.com que le pasul me presh authentique "ne devrait jamais contenir de beurre ou de margarine, mais uniquement de l'huile végétale", car l'absence de produits laitiers est précisément ce qui en fait un plat de carême complet pour les orthodoxes comme pour les catholiques du Kosovo.
Boza tiranase (boisson fermentée au mil, légèrement acidulée) servie fraîche en hiver, ou raki de prune (slivovica) chauffé pour les adultes. En version de carême strict, eau fraîche ou tisane de menthe sauvage des montagnes d'Accursio.
7/10 — plat de carême et de semaine de travail dans les foyers kosovars, notamment apprécié le vendredi par les familles orthodoxes et catholiques ; le pasul (version avec ou sans presh) figure parmi les deux plats préférés des Kosovars selon l'étude ethnologique d'Arsim Canolli (Ethnologie Française, 2017).
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La veille, placer les haricots dans un grand bol, couvrir de 1,5 L d'eau froide et laisser tremper au moins 8 heures. Le lendemain, égoutter, rincer à l'eau froide puis mettre dans une grande casserole avec 2 L d'eau fraîche — sans sel. Porter à ébullition vive, laisser bouillir 10 minutes à découvert (cette première eau concentre les saponines légèrement amères), puis égoutter complètement et renouveler avec 1,5 L d'eau chaude. La recuisson repart sur eau propre à feu moyen.
Couper les poireaux en rondelles de 1,5 cm en conservant la partie verte tendre — au Kosovo, l'erreur classique est de n'utiliser que le blanc, mais le vert apporte couleur, goût herbacé et une légère amertume qui équilibre la douceur des haricots. Émincer finement les oignons. Écraser les gousses d'ail à plat avec le dos du couteau. Rincer les rondelles de poireau sous l'eau froide en les séparant à la main pour éliminer la terre qui se cache entre les couches.
Chauffer l'huile d'olive dans une grande cocotte ou casserole à fond épais sur feu moyen. Faire revenir les oignons émincés 8 à 10 minutes en remuant régulièrement jusqu'à ce qu'ils soient translucides et légèrement dorés sur les bords — sans les brûler. Ajouter l'ail écrasé et cuire encore 2 minutes. Incorporer les rondelles de poireau et mélanger bien pour les enrober d'huile. Cuire à feu moyen-doux 8 à 10 minutes supplémentaires jusqu'à ce que le poireau soit souple et brillant, légèrement fondu sans être desséché.
Pousser les légumes sur le bord de la cocotte, baisser le feu à doux. Verser le paprika doux (et piquant si désiré) directement dans l'huile chaude du fond — 30 secondes maximum en remuant très vite pour le faire "fleurir" sans le brûler : le paprika carbonisé devient amer et gâche le plat. Ajouter les tomates concassées (ou en conserve égouttées), mélanger avec les légumes et laisser réduire 5 minutes jusqu'à formation d'une sauce dense rouge-orange qui enrobe poireaux et oignons. Ajouter les feuilles de laurier.
Ajouter les haricots pré-cuits dans la cocotte avec les légumes braisés. Verser 600 ml d'eau chaude (ou bouillon de légumes), mélanger doucement. Porter à frémissement puis baisser le feu à très doux, couvrir partiellement (laisser un filet de vapeur s'échapper). Cuire 40 à 50 minutes en remuant toutes les 10 minutes, jusqu'à ce que les haricots soient parfaitement tendres mais pas désintégrés. La sauce doit réduire et épaissir progressivement. Si le liquide baisse trop vite, ajouter un peu d'eau chaude par petites quantités de 100 ml.
Vérifier la cuisson en pressant un haricot entre deux doigts — il doit s'écraser sans résistance mais ne pas se désagréger en bouillie. Prendre une cuillère en bois et écraser délicatement 4 à 6 cuillères de haricots directement dans la casserole contre les parois, puis les incorporer au reste du plat en mélangeant. Cette technique d'auto-épaississement (sans farine ni fécule) est la marque des cuisinières kosovares chevronnées et donne une texture veloutée qui enrobe les poireaux sans alourdir. Ajuster la consistance en laissant encore mijoter à découvert 5 à 8 minutes si nécessaire.
Seulement maintenant, saler avec 1 à 1,5 c.à.c. de sel et poivrer. Rectifier l'assaisonnement. Retirer les feuilles de laurier. Ajouter le persil haché, mélanger délicatement. Servir immédiatement en bols profonds, avec une filet d'huile d'olive cru par-dessus pour la brillance, accompagné de petka (pain de maïs kosovar) ou de pain blanc rustique pour saucer. Le pasul me presh se bonifie considérablement réchauffé le lendemain — les Kosovars disent qu'un bon pasul ne mérite son nom que la deuxième fois.
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