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Atlas Culinaire · Niger · Afrique
La crêpe alvéolée qui se cuit sur une face — le petit-déjeuner de rue fermenté des marchés haoussa du Niger
Le sinasir s'inscrit dans une famille de pains fermentés à alvéoles qui relie la savane haoussa à des traditions bien plus lointaines. Le linguiste et historien de l'alimentation Charles Perry, dans ses travaux sur la diffusion des pains levés en Afrique islamique (cités par Claudia Roden, A New Book of Middle Eastern Food, 1985), a mis en évidence un corridor de transmission qui va du lahoh yéménite — via le canjeero somali et le kisra soudanais — jusqu'aux galettes fermentées du Sahel haoussa. Ce réseau de parenté culinaire suit exactement les routes caravanières transsahariennes empruntées par les marchands djiula et haoussa à partir du XIe siècle. En face, les tenants de l'autochtonie haoussa soulignent que le riz à grain court est cultivé localement depuis des siècles et que la fermentation spontanée du riz est une technique indépendante, attestée au Niger par les travaux de terrain de l'IRD (Institut de recherche pour le développement, Niamey). La distinction la plus solide reste technique : le sinasir cuit sur poêle plate et se mange sur une face uniquement (règle canonique haoussa "baa juya shi" — ne pas le retourner), à l'inverse du masa/waina qui réclame un moule à alvéoles en fonte. CT Public Food (Connecticut Public, 2024) rapproche explicitement le sinasir du cambabuur somali, du dosa sud-indien et de l'injera éthiopien comme représentants d'une famille mondiale de crêpes fermentées à levain naturel.
Miel local du Niger (miel de Zinder), lait caillé frais (nono), thé au gingembre frais (shayi), miyan taushe (soupe de courge NE039)
Le sinasir est le petit-déjeuner de rue de Zinder et Maradi au Niger. On le trouve dans les marchés dès 6 h du matin, posé sur des plateaux en métal couverts d'un voile blanc, vendu à l'unité. Les vendeuses (matan sinasir) préparent la pâte la veille au soir pour avoir une fermentation de nuit optimale. C'est un aliment de soudure économique : nourrissant, sans gluten, à base d'un seul ingrédient principal peu cher.
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Rincer le riz à grain court à l'eau froide jusqu'à ce que l'eau soit claire (3-4 rinçages). Mettre dans un grand bol, couvrir d'eau froide à hauteur de 5 cm au-dessus du riz. Laisser tremper à température ambiante entre 8 et 12 heures (idéalement la nuit). L'eau va blanchir légèrement — c'est normal.
Égoutter et rincer le riz trempé. Placer dans un mixeur avec le riz cuit froid et 200 ml d'eau tiède. Mixer par impulsions jusqu'à obtenir une pâte très lisse, légèrement fluide — plus liquide qu'une pâte à crêpes française habituelle (la consistance d'un yaourt brassé épais). Ajouter de l'eau tiède cuillère par cuillère si la pâte est trop épaisse.
Dissoudre la levure sèche dans 60 ml d'eau tiède (38-40 °C max) avec une pincée de sucre. Attendre 10 minutes jusqu'à formation d'une mousse. Incorporer à la pâte de riz, mélanger soigneusement. Couvrir le bol d'un torchon propre (pas de film alimentaire hermétique). Laisser fermenter à température ambiante 12 à 24 h. La pâte doit gonfler d'un tiers et présenter de petites bulles en surface.
Une fois la fermentation terminée, ajouter le sucre, le sel et l'oignon haché si version salée. Mélanger doucement sans casser les bulles de fermentation. La consistance finale doit être celle d'une pâte à crêpes épaisse — versable en nappage mais pas liquide comme de l'eau. Laisser reposer 15 minutes.
une face uniquement — Chauffer une poêle antiadhésive plate (diamètre 20-22 cm) à feu moyen. Huiler légèrement avec un papier absorbant. Verser une louche de pâte (environ 120 ml) et étaler en cercle de 15 cm. Couvrir la poêle avec un couvercle. Cuire 4 à 5 minutes à feu moyen-doux. Le sinasir est cuit quand : (1) de petits trous alvéolés apparaissent sur toute la surface, (2) les bords sont dorés et se décollent naturellement, (3) le dessus n'est plus brillant. Glisser sur l'assiette SANS retourner — règle "baa juya shi".
Répéter l'opération pour toute la pâte. Entre chaque sinasir, essuyer rapidement la poêle avec un papier huilé. Si la pâte épaissit en attendant, ajouter une cuillère à soupe d'eau tiède et mélanger doucement. Empiler les sinasir sur une assiette, séparés d'un papier sulfurisé.
Servir immédiatement, chaud. Version sucrée : verser du miel en filet sur les sinasir encore chauds, accompagner de lait caillé frais (nono). Version salée : poser le sinasir à côté d'une soupe miyan taushe ou d'un bol de soupe okro. Le sinasir se consomme aussi en snack de rue avec une sauce yaji (piment séché, sel, épices), roulé à la main.
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Sourcer ou se taire
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