Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Kosovo · Europe
Riz rond longuement mijotĂ© dans du lait entier jusqu'Ă onctuositĂ© veloutĂ©e, parfumĂ© au mastic de Chios et Ă la cannelle de Ceylan â dessert ottomano-albanais servi chaud Ă l'iftar du Ramadan dans toutes les familles kosovares, hĂ©ritage direct des cuisines de palais ottomanes qui l'appelaient sĂŒtlĂŒ aĆ, nourriture lactĂ©e.
SULTIASH â AMIDON OU PAS ? STOVETOP OU FOUR ? â La controverse fondamentale du sultiash kosovar oppose deux Ă©coles que les cuisiniĂšres de Prishtina dĂ©fendent avec vĂ©hĂ©mence. La premiĂšre, incarnĂ©e par la version publiĂ©e sur Albinfo.ch (portail albanophone suisse de rĂ©fĂ©rence), prĂ©conise l'absence totale de fĂ©cule ou d'amidon : « Dans certaines recettes on ajoute de la farine ou de l'amidon, mais nous ne le conseillons pas, afin d'obtenir un sultiash lĂ©ger et incroyablement dĂ©licieux. » Cette Ă©cole valorise la rĂ©duction naturelle et la longue cuisson Ă feu trĂšs doux comme seul agent Ă©paississant, produisant un riz au lait fluide qui se solidifie naturellement en refroidissant. La seconde Ă©cole, reprĂ©sentĂ©e par la cuisiniĂšre Zonja Albana dans son Ă©mission Rreze Dielli (Shqiptarja.com), utilise 2 c.Ă .s. de fĂ©cule de maĂŻs pour obtenir une consistance plus ferme adaptĂ©e Ă la version cuite au four (sultiash i pjekur nĂ« furrĂ«), oĂč un jaune d'oeuf badigeonnĂ© en surface crĂ©e une croĂ»te dorĂ©e caramĂ©lisĂ©e distincte du modĂšle turc. Une troisiĂšme ligne de fracture concerne le mastic (mastikĂ«/sakiz) : hĂ©ritage ottoman documentĂ© dans les recettes de palais (sakizli muhallebi), le mastic est utilisĂ© dans les versions festives du Ramadan par les familles de tradition ottomane directe, notamment Ă Prizren et Gjakova, villes historiquement plus connectĂ©es Ă la cuisine de palais ottomane, tandis que les familles de Pristina et du nord prĂ©fĂšrent une version simplifiĂ©e Ă la vanille uniquement, considĂ©rant le mastic comme un ajout turc Ă©tranger Ă la tradition albanaise proprement dite.
Ăaj me xhenxhefil (thĂ© au gingembre) ou cafĂ© turc trĂšs lĂ©ger (kafe turke e lehtĂ«) servi sans sucre â l''amertume du cafĂ© contrebalance la douceur du riz au lait ; selon la tradition kosovare du Ramadan, le sultiash est la derniĂšre douceur servie Ă l''iftar, aprĂšs la soupe et le plat principal, accompagnĂ© d''un verre d''eau froide.
8/10 â Le sultiash figure systĂ©matiquement parmi les desserts de l'iftar dans les foyers kosovars pratiquants ; prĂ©sent dans toutes les pĂątisseries de Prishtina pendant le Ramadan ; sources natives Shqiptarja.com + Albinfo.ch
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Placer les 3 larmes de mastic dans un petit bol et rĂ©frigĂ©rer 30 minutes â Ă froid la rĂ©sine devient cassante et se broie aisĂ©ment. TransfĂ©rer dans un mortier avec une pincĂ©e de sucre (qui sert d''abrasif et empĂȘche le recollage) et Ă©craser en poudre trĂšs fine. Le mastic est prĂȘt quand il ne reste aucun fragment visible. RĂ©server la poudre Ă part â elle sera incorporĂ©e en fin de cuisson pour que ses arĂŽmes de pin et de cĂšdre ne s''Ă©vaporent pas Ă la chaleur prolongĂ©e. Ne jamais ajouter le mastic au dĂ©but : son parfum subtil disparaĂźt entiĂšrement en 30 minutes de cuisson.
Rincer le riz sous eau froide jusqu'Ă ce que l'eau soit presque claire (3-4 rinçages). Verser 400 ml d''eau froide dans une grande casserole Ă fond Ă©pais et y ajouter le riz rincĂ© et le bĂąton de cannelle. Porter Ă Ă©bullition sur feu moyen, puis rĂ©duire Ă feu moyen-doux. Laisser cuire Ă dĂ©couvert en remuant rĂ©guliĂšrement jusqu'Ă ce que l''eau soit presque entiĂšrement absorbĂ©e â environ 12-15 minutes. Le riz doit ĂȘtre Ă mi-cuisson, encore lĂ©gĂšrement ferme au centre : il finira de cuire dans le lait. Cette prĂ©-cuisson dans l''eau Ă©vite le choc thermique qui ferait Ă©clater les grains prĂ©maturĂ©ment et libĂ©rerait trop d''amidon d''un coup.
Verser 500 ml de lait entier sur le riz partiellement cuit encore sur le feu. Augmenter Ă feu moyen et remuer immĂ©diatement et constamment avec une cuillĂšre en bois Ă fond plat pour dĂ©coller tout riz du fond. Laisser venir Ă frĂ©missement lĂ©ger â jamais Ă Ă©bullition vive qui ferait mousser et dĂ©border. Quand les premiers 500 ml sont absorbĂ©s et que le mĂ©lange commence Ă Ă©paissir (environ 10 minutes), verser les 500 ml restants de lait en filet tout en continuant Ă remuer. Cette addition progressive en deux temps permet au riz d''absorber le lait de façon contrĂŽlĂ©e et crĂ©e une texture crĂ©meuse et liĂ©e sans recours Ă l''amidon.
Lorsque la totalitĂ© du lait est incorporĂ©e et que la prĂ©paration est homogĂšne et crĂ©meuse (aprĂšs environ 25-30 minutes de cuisson totale depuis l''ajout du premier lait), ajouter le sucre semoule en pluie fine tout en remuant pour le dissoudre entiĂšrement sans granulositĂ©. Incorporer ensuite l''extrait de vanille. GoĂ»ter et ajuster le sucre â la version du Ramadan est traditionnellement lĂ©gĂšrement plus sucrĂ©e que la version quotidienne car elle accompagne la rupture du jeĂ»ne et doit ĂȘtre rĂ©confortante et gĂ©nĂ©reuse. La texture doit ĂȘtre crĂ©meuse et napper lĂ©gĂšrement la cuillĂšre â elle va s''Ă©paissir en refroidissant.
Retirer le bĂąton de cannelle. Hors du feu ou sur feu trĂšs doux, saupoudrer la poudre de mastic sur le sultiash et mĂ©langer vigoureusement pendant 1-2 minutes jusqu'Ă dissolution complĂšte â le mastic fond lentement et laisse de fines traces Ă©lastiques si mal incorporĂ©. Le parfum caractĂ©ristique du mastic (pin, rĂ©sine, lĂ©gĂšre amertume fraĂźche) doit ĂȘtre perceptible mais subtil â 3 larmes pour 6 portions est la mesure juste. Au-delĂ de 5 larmes, le parfum devient dominant et prend le dessus sur la douceur lactĂ©e du dessert.
RĂ©partir le sultiash chaud dans 6 bols individuels ou ramequins (xhama â les verres Ă bords droits traditionnels kosovars sont les rĂ©cipients habituels). Le sultiash se sert traditionnellement chaud Ă l''iftar, versĂ© directement depuis la casserole dans les bols au moment de passer Ă table â la chaleur libĂšre les arĂŽmes du mastic et de la cannelle. Pour la version froide (plus frĂ©quente en dehors du Ramadan), laisser refroidir Ă tempĂ©rature ambiante 20 minutes, filmer au contact pour Ă©viter la formation d''une peau, puis rĂ©frigĂ©rer au moins 2 heures.
Au moment de servir, saupoudrer gĂ©nĂ©reusement de cannelle moulue en cercle depuis le bord vers le centre â la quantitĂ© doit ĂȘtre visible et parfumĂ©e, pas symbolique. Optionnellement, parsemer quelques noix grossiĂšrement concassĂ©es pour un contraste de texture. Poser les bols au centre de la table d''iftar, aprĂšs la chorba (soupe) et le plat principal, comme conclusion sucrĂ©e du repas de rupture du jeĂ»ne. Ă Prizren et Gjakova, il est traditionnel d''ajouter quelques gouttes d''eau de rose sur le sultiash fini â clin d''oeil Ă la tradition ottomane de palais oĂč l''eau de rose parfumait tous les puddings sucrĂ©s.
caramĂ©liser au four â Pour la version gratinĂ©e (sultiash i pjekur nĂ« furrĂ«), prĂ©parĂ©e comme ci-dessus jusqu''Ă la phase de portionnage mais en ajoutant 2 c.Ă .s. de fĂ©cule de maĂŻs dissoute dans 3 c.Ă .s. de lait froid lors de la phase de sucrage. Verser dans des ramequins allant au four. Battre 1 jaune d''oeuf avec 2 c.Ă .s. de lait et badigeonner gĂ©nĂ©reusement la surface de chaque portion. Placer les ramequins dans un grand plat rempli d''eau chaude (bain-marie) et enfourner Ă 180°C pour 20-25 minutes jusqu''Ă obtention d''une surface dorĂ©e et lĂ©gĂšrement caramĂ©lisĂ©e. Cette version turco-kosovare rappelle directement le fırın sĂŒtlaç des pĂątisseries stambouliotes et reprĂ©sente l''influence ottomane la plus directe sur la cuisine sucrĂ©e kosovare.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.