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Atlas Culinaire · Timor oriental · Asie
Haricots mungo mijotĂ©s dans un lait de coco parfumĂ© Ă l'ail et au piment ai-manas â plat quotidien des foyers timorais depuis des siĂšcles
Le terme tua mutin (littĂ©ralement "haricot blanc" en tĂ©tum) fait l'objet d'un dĂ©bat sĂ©mantique persistant parmi les ethnobotanistes et les cuisiniers timorais : dĂ©signe-t-il exclusivement le haricot mungo (Vigna radiata) dĂ©cortiquĂ© â dont les graines apparaissent blanches une fois la coque verte retirĂ©e â ou constitue-t-il un terme gĂ©nĂ©rique couvrant tout haricot Ă tĂ©gument clair, incluant le haricot blanc europĂ©en (Phaseolus vulgaris) introduit par les Portugais ? Gabriela Gomes (2021) identifie explicitement la Vigna radiata comme base traditionnelle, tandis que Steve Page (2023) note qu'en pratique villageoise la frontiĂšre entre mungo, azuki blanchi et haricot cannellini reste floue selon la disponibilitĂ© locale. Un second point de tension porte sur le lait de coco : les mĂ©nages cĂŽtiers (DĂli, Baucau, Viqueque) l'intĂšgrent systĂ©matiquement pour obtenir une sauce crĂ©meuse, alors que les rĂ©gions montagneuses intĂ©rieures (Ermera, Ainaro) prĂ©parent le tua mutin Ă l'eau pure, jugeant la noix de coco un ingrĂ©dient cĂŽtier non traditionnel pour les hautes terres. Enfin, la place du piment ai-manas divise : cuit dans le plat pour infuser la sauce selon la pratique diliense, ou servi entier Ă part selon la tradition rurale.
Riz blanc vapeur (hare), feuilles de manioc blanchies (fehuk midar), poisson grillé séché (ikan fuik)
Le tua mutin est l'un des plats les plus consommĂ©s quotidiennement dans les foyers timorais, particuliĂšrement dans les zones rurales et pĂ©ri-urbaines de DĂli, Baucau et Manatuto. Il constitue une source protĂ©ique vĂ©gĂ©tale accessible, particuliĂšrement important dans un pays oĂč la sĂ©curitĂ© alimentaire reste un enjeu majeur (FAO, 2022). On le trouve dans les warungs (petits restaurants de rue) dĂšs l'aube, servi avec du riz ou du pain portugais (pĂŁo). Pendant l'occupation indonĂ©sienne (1975-1999), il a reprĂ©sentĂ© un aliment de survie, les haricots mungo Ă©tant faciles Ă cultiver et stocker.
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Rincer les haricots mungo Ă l'eau froide jusqu'Ă eau claire. Les couvrir d'au moins 3 fois leur volume d'eau froide et laisser tremper 8 heures (ou une nuit) Ă tempĂ©rature ambiante. Ăgoutter et rincer Ă nouveau. Le trempage rĂ©duit les oligosaccharides fermentescibles et rĂ©duit le temps de cuisson d'environ un tiers.
cuire les haricots Ă l'eau â Placer les haricots Ă©gouttĂ©s dans une casserole. Couvrir avec les 600 ml d'eau froide. Porter Ă Ă©bullition Ă feu vif, Ă©cumer la mousse grise en surface, puis rĂ©duire Ă feu moyen. Cuire Ă dĂ©couvert 20 Ă 30 minutes jusqu'Ă ce que les haricots soient tendres mais encore entiers â ils doivent s'Ă©craser facilement entre deux doigts sans rĂ©sistance. Ne pas saler Ă ce stade.
Pendant la cuisson des haricots, chauffer l'huile dans une grande sauteuse à feu moyen. Ajouter l'oignon ciselé et faire suer 4 à 5 minutes jusqu'à translucide. Ajouter l'ail émincé et les piments ai-manas (entiers pour chaleur modérée, tranchés pour plus de piquant). Faire revenir encore 2 minutes en remuant sans laisser brunir l'ail.
Ăgoutter les haricots en conservant 150 ml de l'eau de cuisson. Verser les haricots dans la sauteuse avec l'eau de cuisson rĂ©servĂ©e. Remuer pour enrober des aromates. Verser le lait de coco et ajouter la feuille de pandan nouĂ©e si utilisĂ©e. MĂ©langer doucement.
Porter à frémissement doux (ne jamais faire bouillir vigoureusement le lait de coco). Cuire à feu doux-moyen 10 à 15 minutes en remuant réguliÚrement jusqu'à ce que la sauce épaississe et nappe les haricots. Retirer la feuille de pandan et les piments entiers si désiré.
Ăcraser environ un quart des haricots contre les parois de la sauteuse avec le dos d'une cuillĂšre en bois pour crĂ©er une sauce plus crĂ©meuse et liĂ©e. Saler, goĂ»ter et ajuster. Poursuivre la cuisson 2 Ă 3 minutes pour homogĂ©nĂ©iser.
Servir le tua mutin dans un bol profond ou directement à la cuillÚre sur le riz blanc. Accompagner de piment ai-manas entier grillé à cÎté pour les convives qui le souhaitent. Le plat supporte bien le réchauffage le lendemain, la sauce devenant encore plus épaisse.
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