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Atlas Culinaire · Ghana · Afrique
Igname, plantain et cocoyam simplement bouillis, servis avec l'abom, la sauce vert profond aux feuilles de cocoyam
Le dĂ©bat le plus vif autour de l'ampesi porte sur le kontomire qui l'accompagne : les puristes, comme la cheffe ghanĂ©enne Nadia Boachie (Travel & Munchies), insistent sur les vraies feuilles de cocoyam (kontomire), qui doivent ĂȘtre cuites Ă fond car crues ou sous-cuites elles libĂšrent des cristaux d'oxalate provoquant une dĂ©sagrĂ©able dĂ©mangeaison de la gorge. Dans la diaspora, l'Ă©pinard remplace couramment le cocoyam, ce que les gardiens de la tradition jugent commode mais gustativement affadi. Le point tranchĂ© : l'Ă©pinard dĂ©panne et supprime le risque d'oxalate, mais l'abom authentique â Ă©tuvĂ© sans friture, montĂ© Ă l'huile de palme â exige la feuille de cocoyam bien cuite, dont l'amertume terreuse fait tout le caractĂšre du plat.
L'abom (kontomire étuvé) est le partenaire signature ; sinon une sauce garden-egg (aubergine africaine) ou un stew de tomate au poisson fumé, avec de l'avocat en tranches.
8/10 â pilier du repas quotidien en pays akan, l'ampesi est la dĂ©finition mĂȘme du « boiled food » ghanĂ©en : n'importe quelle combinaison d'igname, plantain, cocoyam ou manioc bouillis, servie avec une sauce. Nadia Boachie le dĂ©crit comme le plat de retour d'Ă©cole, celui que les grand-mĂšres prĂ©parent en grande marmite.
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PrĂ©paration â Ăplucher et parer les tubercules â Ăpluchez l'igname et le cocoyam en couche Ă©paisse, rincez-les puis coupez en gros tronçons rĂ©guliers ; pelez les plantains et tronçonnez-les. On taille des morceaux de taille homogĂšne pour une cuisson uniforme, et on Ă©pluche le cocoyam Ă©pais car sa peau et la couche juste dessous sont fibreuses. Les tranches d'igname doivent ĂȘtre blanches et fermes. Frottez-vous les mains avec un peu d'huile ou de jus de citron : le mucilage du cocoyam cru peut dĂ©manger.
Le pourquoiDes tronçons rĂ©guliers cuisent Ă la mĂȘme vitesse et Ă©vitent d'avoir du cru et du surcuit ensemble.
Cuisson â Cuire l'igname et le cocoyam â Placez l'igname et le cocoyam dans une grande casserole, couvrez d'eau salĂ©e et portez Ă Ă©bullition, puis laissez cuire 15 Ă 20 minutes. On lance les tubercules les plus fermes d'abord car ils demandent le plus de temps ; le sel dans l'eau les assaisonne de l'intĂ©rieur. L'eau prend une lĂ©gĂšre teinte trouble d'amidon. VĂ©rifiez Ă la pointe du couteau plutĂŽt qu'Ă la fourchette pour ne pas casser les morceaux.
Le pourquoiIgname et cocoyam sont plus denses que le plantain et ont besoin d'une longueur d'avance.
Cuisson â Ajouter le plantain â Ajoutez les tronçons de plantain dans la casserole et poursuivez la cuisson 10 Ă 15 minutes, jusqu'Ă ce que tout soit tendre. Le plantain mĂ»r cuit vite et sucre lĂ©gĂšrement l'ensemble ; on le rajoute en dĂ©calĂ© pour qu'il soit fondant sans se dĂ©liter. Sa chair passe du jaune pĂąle Ă un jaune dorĂ© translucide. Testez chaque type de tubercule sĂ©parĂ©ment, ils ne finissent pas tous exactement en mĂȘme temps.
Le pourquoiAjoutĂ© trop tĂŽt, le plantain se dĂ©sagrĂšge ; trop tard, il reste ferme au cĆur.
Abom â Blanchir les feuilles â Pendant ce temps, faites bouillir de l'eau salĂ©e et blanchissez les feuilles de kontomire ciselĂ©es 3 Ă 5 minutes, puis Ă©gouttez-les et pressez-les. On blanchit d'abord pour neutraliser l'oxalate irritant du cocoyam et fixer la couleur verte ; c'est l'Ă©tape que sautent ceux qui finissent la gorge qui gratte. Les feuilles s'affaissent et virent au vert profond. Avec de l'Ă©pinard, un blanchiment plus court d'une minute suffit.
Le pourquoiLe blanchiment détruit les cristaux d'oxalate de calcium qui provoquent la démangeaison de gorge.
Abom â Monter la sauce Ă l'huile de palme â Faites chauffer l'huile de palme, faites-y fondre l'oignon en dĂ©s, ajoutez tomates et piment broyĂ©s, le poisson fumĂ© et les crevettes sĂ©chĂ©es, laissez rĂ©duire 8 Ă 10 minutes puis incorporez les feuilles pressĂ©es. L'abom traditionnel est Ă©tuvĂ©, non frit Ă grande huile : on lie doucement pour garder le fruitĂ© de la palme. La sauce devient d'un rouge-vert brillant et parfumĂ©e au fumĂ©. Salez avec prudence, le poisson et le crayfish sont dĂ©jĂ salĂ©s.
Le pourquoiUne réduction courte préserve la couleur rouge de la palme et l'umami du poisson fumé.
Service â Ăgoutter et dresser l'ampesi â Ăgouttez les tubercules et disposez-les sur un grand plat, igname, cocoyam et plantain cĂŽte Ă cĂŽte, avec le kontomire abom Ă part. On dresse sĂ©parĂ©ment pour que chacun compose sa bouchĂ©e : un morceau de tubercule chaud enrobĂ© d'abom. Les fĂ©culents fumants et la sauce sombre offrent un beau contraste. Ajoutez des tranches d'avocat, trĂšs apprĂ©ciĂ©es avec ce plat.
Le pourquoiLe dressage sĂ©parĂ© respecte l'usage familial oĂč l'on assortit soi-mĂȘme fĂ©culent et sauce.
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