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Atlas Culinaire · Mexique · Guerrero
Cecina effilochée « battue » au molcajete, brouillée aux œufs et mijotée en salsa de chile — le petit-déj des vachers de la Tierra Caliente
À qui appartient l'aporreadillo ? La question oppose ouvertement le Michoacán et le Guerrero, et même deux villes michoacanas entre elles. Le média Quadratín, citant une cocinera tradicional de la région, documente le « dilemme » récurrent entre Huetamo et Apatzingán pour la paternité du plat — débat brouillé par les migrations de l'époque dorée du coton, qui ont mêlé les cuisines. Le point tranché par les sources régionales : l'aporreadillo n'est exclusif d'aucun État, c'est un plat partagé de toute la Tierra Caliente à cheval sur le Guerrero et le Michoacán ; la même cuisinière précise que « aporreado » (Huetamo) et « aporreadillo » désignent la même chose, le terme venant simplement de aporrear, battre la viande. Autre glissement historique assumé par SinEmbargo et Animal Gourmet : la version originelle se faisait à la viande de cerf (venado), aujourd'hui presque toujours remplacée par du bœuf séché.
Sans alcool : café de olla (café à la cannelle et piloncillo) ou agua de jamaïque, comme à tout almuerzo de Tierra Caliente. Avec : une bière claire bien fraîche.
Dans la Tierra Caliente guerrerense (Ciudad Altamirano, Coyuca de Catalán) comme à Huetamo et Apatzingán côté Michoacán, c'est un petit-déjeuner de fonda et de marché, servi avec frijoles et tortillas faites maison.
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Si la cecina est très salée, rincez-la rapidement et épongez-la. Traditionnellement on la laisse ressuyer au soleil, ce qui concentre son goût. C'est cette viande séchée et salée, provision de longue conservation des vachers et muletiers, qui est à l'origine du plat.
Sur un comal bien chaud, faites griller les tomates, l'ail, les chiles de árbol et la demi-tomate d'oignon jusqu'à ce qu'ils soient bien tachés de noir et tendres. Le grillé du comal donne la profondeur fumée typique de la salsa de Tierra Caliente.
Dans une poêle sèche, torréfiez le cumin et le poivre de la Jamaïque une minute à feu doux jusqu'à ce qu'ils embaument. Broyez-les en poudre au molcajete — le même mortier qui servira (ou aura servi) à aporrear la viande. C'est le geste fondateur du plat.
Broyez ou mixez les légumes rôtis avec les épices et le sel, en salsa pas trop lisse — une texture rustique est recherchée. Réservez. Elle doit être franche et piquante, car elle va napper une viande déjà très savoureuse.
Faites dorer la cecina à la poêle dans un peu d'huile, puis effilochez-la finement à la main ou en la « battant » (aporreando) au molcajete pour la réduire en filaments. C'est ce geste de frappe qui donne son nom au plat et sa texture caractéristique en fines lanières.
Dans une marmite, chauffez l'huile, jetez la cecina effilochée et l'oignon émincé. Faites revenir 5 minutes jusqu'à ce que l'oignon soit translucide et la viande légèrement croustillante sur les bords.
Cassez les œufs directement dans la marmite, un à un, en remuant sans cesse pour qu'ils prennent autour de la viande sans former une omelette compacte. On veut des œufs brouillés moelleux liant les filaments de cecina.
Versez la salsa et un peu d'eau (jusqu'à 1 tasse) sur la préparation, mélangez et laissez mijoter 10 minutes à feu moyen pour que les saveurs se fondent et que le plat épaississe légèrement. Rectifiez le sel en toute fin.
Servez chaud, accompagné de tortillas de maíz fraîches, de frijoles refritos et éventuellement de riz. C'est avant tout un almuerzo robuste de Tierra Caliente, qui cale pour une matinée de travail aux champs.
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Sourcer ou se taire
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