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Atlas Culinaire · Singapour · Asie
Mee pok ou mee kia tossés dans une sauce noire vinaigrée-pimentée avec porc haché, foie, champignons braisés et lardons croustillants — l'hymne Teochew des hawker centres singapouriens depuis les années 1920.
Le débat fondateur du Bak Chor Mee singapourien oppose deux camps irréconciliables : la version soupe (tng mee) originelle Teochew versus la version sèche (kan mee) au vinaigre noir, aujourd'hui dominante. Tony Johor Kaki, chroniqueur du patrimoine hawker documenté sur johorkaki.blogspot.com, établit dès 2015 que la forme originelle vendue par les hawkers 'dos courbé' (駝背面, littéralement 'noodles du bossu') dans le quartier de Chai Chee dans les années 1920 était intégralement servie EN SOUPE de bouillon d'os de porc — avec des wontons, de la viande hachée blanchie et des cracklins de lard. Ce n'est qu'à partir des années 1950, avec la montée du niveau de vie et la concurrence entre stallholders, qu'une version sèche tossée à la sauce vinaigre-chilli a émergé et conquis le marché. Hill Street Tai Hwa Pork Noodle, fondé en 1939 par Tang Joon Teo (Teochew de Chaozhou) et unique stall étoilé Michelin dans la catégorie hawker depuis 2016, n'a jamais capitulé sur ce point : sa recette originale Tang Joon Teo est une version DRY au vinaigre de Chinkiang, et c'est ce choix — non la soupe — qui lui a valu l'étoile Michelin en 2016 (Michelin Guide Singapore, guide.michelin.com). Deuxième ligne de fracture : le choix de la nouille. Les Teochews puristes imposent le mee pok (面薄, plat et large) pour sa surface qui accroche la sauce ; les hawkers plus commerciaux proposent le mee kia (细面, fin et rond), meilleur en soupe. Dr Leslie Tay (ieatishootipost.sg), médecin et référence incontestée de la critique hawker singapourienne, tranche après des années de tournées terrain : le mee pok reste la nouille de référence du Bak Chor Mee sec car sa surface plate capte mieux le vinaigre et l'huile de lard, créant la texture 'silky' signature que la rondeur du mee kia ne peut reproduire.
Teh tarik (thé condensé chaud) — accord traditionnel hawker centre ; café kopi-o kau (café robusta noir fort) pour un petit-déjeuner BCM ; Milo ais (Milo glacé) si consommé au déjeuner ; bière Tiger glacée en version festive.
Plat quasi-quotidien dans tous les hawker centres et kopitiams de Singapour — Singapore Tourism Board classe le BCM parmi les 10 plats identitaires de l'île avec le Hainanese Chicken Rice, le Chilli Crab et le Laksa. Apparu à Singapour dans les années 1920, vendu par les hawkers itinérants de Chai Chee (est de Singapour) portant leur cuisine sur bambou en équilibre sur l'épaule — surnommés 'dos courbé' (驼背面). La version sèche au vinaigre s'est imposée dans les années 1950. En 2016, Hill Street Tai Hwa Pork Noodle (Crawford Lane, fondé 1939) est devenu l'un des deux premiers stalls de street food au monde à recevoir une étoile Michelin, propulsant le BCM dans la presse internationale. Tai Hwa reste l'unique stall hawker étoilé Michelin actif à Singapour en 2026. À côté, Tai Wah Pork Noodle (Hong Lim Food Centre) détient un Bib Gourmand Michelin depuis 2016. Prix hawker : 4-7 SGD le bol standard, jusqu'à 9 SGD chez Tai Hwa. Consommé à toute heure — petit-déjeuner, déjeuner, souper tardif (zhar diu, repas de nuit après 22h).
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Blanchir les os de porc dans une grande casserole d'eau bouillante pendant 5 minutes — jeter cette eau de blanchiment (élimine les impuretés et l'écume). Rincer les os à l'eau froide. Remettre dans la casserole avec 2 litres d'eau froide, le poivre blanc entier et la sauce de poisson. Porter à ébullition forte 5 min, puis réduire à frémissement léger. Cuire 1h30 à découvert en écumant régulièrement — le bouillon doit rester CLAIR, jamais trouble (caractère Teochew qui différencie ce bouillon d'un fond de porc cantonais).
Couper le gras de porc en dés réguliers de 1 cm. Mettre dans une poêle froide avec une pincée de sel. Chauffer à feu très doux (3/10 sur induction). Laisser fondre lentement 30-40 minutes en remuant toutes les 5 min — les dés rendent leur graisse progressivement et deviennent dorés et croustillants. Égoutter les lardons sur papier absorbant. Conserver l'huile de lard dans un petit bol — elle est aussi précieuse que les croutons.
Réhydrater les shiitake séchés dans de l'eau froide pendant au minimum 2 heures (idéalement une nuit). Presser doucement pour extraire l'excédent d'eau — CONSERVER l'eau de trempage filtrée à travers un tamis fin. Couper les champignons en lamelles de 5 mm. Dans une petite casserole, chauffer 1 c.à.s. d'huile de lard rendue à feu moyen. Ajouter les lamelles, puis la sauce soja noire et la cassonade. Mélanger 2 min. Verser 150 ml de l'eau de trempage filtrée. Braiser à couvert 20 min à feu doux jusqu'à absorption quasi-totale. Finir avec 0.5 c.à.c. d'huile de sésame.
Mélanger le porc haché de farce avec sauce soja légère, poivre blanc et huile de sésame. Déposer 1 c.à.c. de farce au centre de chaque peau de wonton. Humidifier les bords avec un doigt mouillé. Replier en triangle et souder fermement, puis ramener les deux pointes inférieures vers le haut en les collant — la forme traditionnelle en 'oreille'. Réfrigérer jusqu'à utilisation. Pocher 2 min dans le bouillon d'os frémissant — ils remontent à la surface quand cuits.
Dans un petit bol ou une louche, combiner : 3 c.à.s. de vinaigre de Chinkiang, 2 c.à.s. de sauce soja légère, 1 c.à.s. de sauce d'huître, 3 c.à.s. d'eau de trempage champignons filtrée, 1 c.à.s. de sambal belachan, 0.5 c.à.c. de poivre blanc. Chauffer cette sauce 30 secondes dans une petite casserole ou la louche sur feu vif — le vinaigre chaud libère ses arômes et perd son acidité brute (secret Tang Joon Teo). Réserver.
Mariner le porc haché 15 min avec sauce soja légère + fécule de tapioca + poivre blanc. Porter le bouillon d'os à frémissement actif (non ébullition). Déposer le porc haché dans une passoire fine ou skimmer et plonger dans le bouillon — cuire 1 minute en séparant les grumeaux avec des baguettes. Sortir. Faire de même avec les tranches de longe (1 min) puis le foie tranché très fin (40-45 secondes maximum — rose pâle au centre, jamais gris). Réserver les viandes couvertes.
Porter une grande casserole d'eau salée à ébullition vive. Plonger les nouilles fraîches (mee pok ou mee kia) pendant 30-45 secondes pour les fraîches, 2-3 min pour les sèches — surveiller la texture al dente, jamais molles. Les dernières 10 secondes, plonger les pousses de soja avec. Égoutter rapidement sans rincer. Transvaser immédiatement dans le bol de service. Verser la sauce chauffée par-dessus (environ 3-4 c.à.s. par portion) et 1 c.à.c. d'huile de lard rendue.
Sur les nouilles tossées, disposer harmonieusement : le porc haché blanchi, les tranches de longe, le foie, les champignons braisés en lamelles, les wontons pochés (ou fishballs). Saupoudrer d'ail frit, d'échalotes frites, de ciboule ciselée. Ajouter 1 c.à.s. de lardons croustillants (bak yu pok). Verser en filet 1 c.à.c. supplémentaire d'huile de lard sur l'ensemble. Servir le bouillon d'os chaud à part dans un petit bol — quelques lardons peuvent y flotter.
Servir aussitôt le BCM dressé avec le bol de bouillon à part. Proposer sur la table : vinaigre noir supplémentaire, sambal belachan, piment vert tranché dans du vinaigre blanc (condiment Teochew classique). Mélanger les nouilles avec les baguettes avant la première bouchée — le tossage final à table est un geste attendu. La vraie gestuelle hawker : soulever les nouilles en croisant les baguettes, faire respirer l'ensemble 3-4 fois pour que la sauce enrobe uniformément chaque brin.
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