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Atlas Culinaire · La Réunion · Afrique
Beignets dorés à la banane figue péï, croustillants dehors et fondants dedans, stars des marchés forains réunionnais.
La véritable guerre des beignets réunionnais oppose la pâte classique à la pâte à choux : la cuisinière Thérèse Fontaine, chroniqueuse gastronomique sur Réunion La 1ère dans son émission 'Marmite Créole' (2019), défend mordicus la pâte à choux qui gonfle à la friture et enrobe la banane d'une coque aérienne, tandis que la majorité des marchandes de foire du marché de Saint-Paul, interrogées par le Quotidien de La Réunion en août 2022, utilisent une pâte à la levure chimique ou à la levure boulangère pour un beignet plus épais et plus nourrissant. Un troisième camp, minoritaire mais passionné, prône une pâte tempura à l'eau gazeuse glacée venue des influences malgaches et indo-réunionnaises, promesse d'une légèreté maximale. La question de la banane elle-même divise : banane entière trempée dans la pâte versus banane écrasée incorporée dans la masse — la première donne un fruit fondant qui résiste à la mastication, la seconde un beignet plus homogène et sucré. Quant aux épices, le sucre vanillé local (vanille Bourbon IGP) affronte la cannelle, le rhum agricole et même le zeste de combava selon les marmites familiales, sans qu'aucune version ne s'impose comme définitive.
Ti-punch léger au rhum agricole AOC Réunion, jus de goyave fraîche, ou thé de vacoa légèrement sucré.
Note de popularité 8/10 : les beignets de banane sont une institution des marchés forains réunionnais, notamment au Grand Marché de Saint-Paul (classé parmi les plus beaux marchés de France par le magazine Détours en France, 2021) où plusieurs marchandes se disputent la clientèle chaque vendredi et samedi matin. Absents des restaurants gastronomiques mais omniprésents aux kermesses scolaires, fêtes patronales et foires agricoles, notamment la Foire de Bras-Panon. Ils représentent le dessert de rue par excellence de La Réunion avec les bonbons piment.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Éplucher les bananes figues péï et les couper en deux dans le sens de la longueur si elles sont larges, ou les laisser entières si elles sont petites (moins de 10 cm). Les déposer dans un plat creux et arroser avec le jus de citron pour éviter l'oxydation. Saupoudrer du sucre vanillé et, si vous l'utilisez, verser le rhum agricole. Laisser macérer 5 minutes à température ambiante : la banane s'imprègne des arômes et le sucre commence à fondre en surface, ce qui crée une légère caramélisation lors de la friture.
Dans un grand bol, tamiser la farine avec la levure chimique, le sel et la cannelle (si utilisée). Faire un puits au centre et y casser les oeufs. Fouetter en incorporant progressivement la farine depuis les bords vers le centre pour éviter les grumeaux. Ajouter le sucre en poudre et verser le lait en filet continu tout en fouettant vigoureusement. La pâte doit avoir la consistance d'une pâte à crêpes épaisse : elle doit napper le dos d'une cuillère et couler lentement, ni trop fluide ni trop compacte. Un filet trop fin ne tient pas sur la banane à la friture, un filet trop épais donne un beignet caoutchouteux.
Pendant le repos de la pâte, tremper le bout d'un doigt propre et en retirer quelques gouttes : si la pâte forme une pellicule régulière sans couler aussitôt, elle est à point. Si elle est trop épaisse, ajouter du lait cuillère par cuillère et mélanger. Si elle est trop fluide, incorporer une cuillerée de farine. Ce moment de repos est décisif pour l'aération : la levure commence déjà à travailler et des bulles microscopiques se forment dans la masse, garantissant un beignet qui gonfle franchement à la friture.
Dans une grande casserole à bords hauts ou une friteuse, verser l'huile sur une hauteur d'au moins 6-7 cm. Chauffer à feu moyen-vif jusqu'à atteindre 170-175°C. En l'absence de thermomètre de cuisson, tester avec une petite goutte de pâte : elle doit remonter en 2-3 secondes en crépitant et dorurer en 30 secondes. Un test à la cuillère en bois est trompeur pour cette pâte sucrée. La bonne température est absolument critique : en dessous de 165°C, la pâte s'imbibe d'huile et le beignet reste mou et gras ; au-dessus de 185°C, l'extérieur brûle avant que la banane soit chaude à coeur.
Saisir délicatement une demi-banane avec une pince ou une fourchette. La tremper dans la pâte en veillant à bien l'enrober sur toute la surface sans laisser de zones nues qui brûleraient à l'huile. Laisser l'excédent de pâte s'égoutter 2 secondes au-dessus du bol, puis glisser la banane enrobée doucement dans l'huile chaude, en la relâchant près de la surface pour éviter les éclaboussures. Frire par fournées de 3-4 beignets maximum sans surcharger la casserole : chaque ajout de banane fait chuter la température de l'huile, et trop de pièces simultanées bloque la montée de la chaleur et produit des beignets gorgés de graisse.
Après environ 1 minute 30, retourner chaque beignet délicatement avec une cuillère à trous ou des baguettes : la face immergée doit être d'un beau doré beurre sans être brun foncé. Poursuivre la cuisson 1 minute 30 à 2 minutes sur l'autre face. Le beignet est prêt quand il est uniformément doré, gonflé et léger : un beignet correctement frit flotte naturellement dans l'huile plutôt que de couler au fond. Sortir avec une écumoire et égoutter en position verticale sur une grille posée sur du papier absorbant, jamais à plat : à plat, la vapeur reste prisonnière et la pâte ramollit en quelques secondes.
Dès la sortie de l'huile, saupoudrer généreusement de sucre glace à travers un petit tamis ou une passoire fine : le sucre adhère parfaitement sur la pâte encore légèrement grasse et chaude. Certains ajoutent une pincée de cannelle ou de vanille en poudre mélangée au sucre glace pour un effet visuel et aromatique supplémentaire. Servir immédiatement : les beignets de banane ne supportent pas l'attente, leur croustillant disparaît en 5-10 minutes. C'est pourquoi les marchandes de marché à Saint-Paul ou Saint-Pierre les font frire à la commande, remettant huile et pâte en permanence pour servir à la seconde.
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Sourcer ou se taire
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