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Atlas Culinaire · Guadeloupe · Amériques
Le boudin blanc des Antilles : de la chair de lambi mixée et liée au pain, une fierté des tables de Noël.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Faites tremper les boyaux de porc dans de l'eau froide additionnée du jus d'un citron vert pendant au moins une heure, puis retournez-les et frottez-les au citron pour Îter l'odeur : un boyau propre et souple est la garantie d'un embossage sans accroc. Ils doivent devenir translucides et glissants, sans amertume au rinçage ; s'ils restent raides, prolongez le trempage à l'eau tiÚde.
Nettoyez le lambi en retirant la partie sombre et la fine peau, puis battez fermement chaque morceau au maillet comme une escalope : la chair de lambi est un muscle compact qu'il faut casser pour qu'il fonde à la cuisson. Frottez-la ensuite au citron vert. Elle doit s'aplatir et perdre sa raideur nerveuse ; si elle reste rétractile, insistez au maillet.
Plongez le lambi dans un court-bouillon garni d'oignon, d'ail, de feuilles de bois d'inde, de laurier, d'un piment entier et d'un trait de vin blanc, puis laissez cuire à couvert environ une heure à petit feu. La cuisson lente est ce qui transforme un muscle coriace en chair fondante. La pointe d'un couteau doit y entrer sans résistance ; si elle accroche encore, prolongez de quinze minutes.
Faites tremper le pain rassis dans le lait tiĂšde jusqu'Ă ce qu'il soit imbibĂ© Ă cĆur, puis pressez-le entre vos mains pour Ă©liminer l'excĂšs de liquide. Cette panade est le liant qui donnera au boudin sa texture crĂ©meuse. La mie doit ĂȘtre souple et homogĂšne, sans morceaux secs ; si le centre reste dur, ajoutez un peu de lait chaud.
Mixez le lambi cuit avec une louche de son jus de cuisson jusqu'à obtenir un hachis fin, puis incorporez la panade pressée pour lier l'ensemble. Le grain doit rester serré mais légÚrement texturé, pas une purée lisse. Goûtez : si c'est trop compact, détendez avec un peu de jus ; si c'est trop mou, rajoutez de la mie pressée.
Faites revenir dans l'huile l'oignon pays ciselé, le persil, le thym, l'ail écrasé et le piment, puis incorporez ce hachis chaud à la farce avec le quatre-épices, du sel et du poivre. C'est cette base aromatique qui signe le goût antillais du boudin. Les herbes doivent embaumer et l'oignon devenir translucide ; goûtez et rectifiez le sel en tenant compte du sel de mer déjà présent dans le lambi.
Enfilez le boyau sur un entonnoir et remplissez-le de farce sans le tasser, en laissant du mou, puis nouez tous les dix centimÚtres pour former les boudins. Un boyau à demi-plein est la clé : le menu se rétracte fortement à la chaleur et un boudin trop serré éclate. La peau doit rester lùche et souple ; si une bulle d'air se forme, piquez-la d'une aiguille avant de nouer.
Plongez les boudins dans une grande eau juste frémissante et laissez pocher une vingtaine de minutes à découvert, sans jamais laisser bouillir. Une eau qui tremble à peine cuit la farce sans faire éclater le boyau. Les boudins remontent et se raffermissent ; piquez-en un avec une aiguille : aucun liquide trouble ne doit sortir, seulement un jus clair.
Ăgouttez dĂ©licatement les boudins et laissez-les tiĂ©dir quelques minutes avant de servir, entiers ou tronçonnĂ©s, en entrĂ©e de fĂȘte avec un filet de citron vert. Le repos raffermit la farce et facilite la dĂ©coupe. Servez chaud, la peau brillante et intacte ; s'ils ont refroidi, rĂ©chauffez-les Ă l'eau frĂ©missante plutĂŽt qu'Ă la poĂȘle qui les dessĂ©cherait.
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Sourcer ou se taire
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