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Atlas Culinaire · Azerbaïdjan · Asie
Le bozartma est à mi-chemin entre le ragoût et la soupe épaisse — l'agneau de printemps braisé avec tomates mûres, coriandre, estragon et safran dans si peu de liquide que la sauce condense en un jus brillant.
La dénomination "bozartma" est l'une des plus disputées de la nomenclature culinaire azerbaïdjanaise, et la dispute est révélatrice de l'identité de la cuisine du Caucase. L'étymologie du mot fait l'objet de débat : "boz" signifie "gris/pale" en turc azerbaïdjanais, et "artmaq" peut signifier "augmenter/intensifier" — une soupe qui s'intensifie. Tahir Amiraslanov (historien culinaire azéri, «Azerbaycan Mutfağı», 2006) interprète le bozartma comme "la soupe pâle qui devient riche" — partant d'un bouillon clair pour finir en jus condensé. La controverse pratique porte sur la légitimité d'ajouter de la tomate : les recettes classiques du 19e siècle (manuscrits de Sheki retrouvés dans les archives nationales de Bakou) ne mentionnent que la viande, l'eau et les épices — les tomates étant absentes du Caucase avant le 18e siècle. Les cuisiniers de montagne (Gəncə, Şamaxı) défendent une version sans tomate, à la grenade ou à l'alyça (prune aigre) — plus proche de l'original supposé. Ceux de Bakou et des zones côtières incorporent abondamment la tomate fraîche, ce qui en fait un plat plus proche du style méditerranéen. La troisième controverse concerne le nom générique : "bozartma" désigne selon les régions soit exclusivement l'agneau braisé, soit n'importe quel bozbaşı peu liquide, soit, dans certains villages, un plat de poulet en sauce. Cette polysémie est dénoncée par les ethnologues de la cuisine azérie comme le signe d'une transmission orale fragilisée.
Pain tandir ou lavash chaud obligatoire pour saucer. Sumac sur la table. Thé noir fort après. Un verre de vin de grenade azerbaïdjanais (si occasion formelle).
8/10 — plat de dimanche et de fête omniprésent dans les familles azerbaïdjanaises. Moins spectaculaire que le kabab mais plus intime — signe qu'une vraie cuisine maison a été préparée.
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Saisie — Dorer les morceaux d'agneau — Chauffer l'huile dans une cocotte en fonte à feu vif. Saler et poivrer les morceaux d'agneau. Dorer en 2-3 fois (ne pas surcharger) 4-5 min par face jusqu'à croûte brun dorée. Réserver. Dans la même cocotte, faire revenir les oignons 5 min à feu moyen jusqu'à dorés.
Braisage — Braiser dans peu de liquide — Remettre l'agneau dans la cocotte avec les oignons. Ajouter les tomates concassées, le concentré de tomate, la moitié de la coriandre et les 150ml d'eau ou bouillon. Porter à ébullition. Couvrir et braiser à feu doux 60 min. La sauce doit à peine frémir — ajouter une cuillère d'eau si elle attache, mais rester sur très peu de liquide.
Safran et finition — Ajouter le safran et les herbes fraîches — En fin de cuisson (5 min avant service), verser la teinture de safran dans la cocotte. Ajouter l'estragon frais et goûter le sel. La sauce doit être brillante, concentrée, enrobant chaque morceau d'agneau. Retirer le couvercle et réduire 5 min à feu vif si nécessaire pour atteindre la bonne consistance.
Service — Servir avec pain et sumac — Servir directement de la cocotte dans des bols ou assiettes creuses. Parsemer de coriandre fraîche. Sumac sur la table pour acidité. Pain tandir ou lavash chaud obligatoire pour saucer. L'agneau doit être fondant et se détacher légèrement de l'os.
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