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Atlas Culinaire · République tchèque · Europe
Le goulasch végétarien des cantines tchèques — paprika, carvi, majoránka et pommes de terre, servi avec un cornichon et du pain.
Le bramborový guláš cristallise un débat profond dans les hospody et les škola jídeln (cantines scolaires) tchèques : avec ou sans viande ? La version sans viande (bez masa) est revendiquée comme la forme originelle et populaire par Vaření.cz et ReceptyOnLine.cz — un plat de pauvreté né dans les campagnes de Bohême et de Moravie où la viande était un luxe inaccessible au quotidien. À l'inverse, la version buřtguláš (avec špekáček, la saucisse de porc fumée tchèque) s'est imposée comme la norme dans les hospody pragoises modernes : CookLikeCzechs.com et Toprecepty.cz documentent qu'aujourd'hui, 80 % des serveurs comprennent "bramborový guláš" comme synonyme de buřtguláš. Un deuxième front oppose les tenants de la jíška (roux farine-sádlo) — méthode moravienne codifiée dans le recept de Mařatic (Uherské Hradiště) diffusé sur ČRo Brno — aux adeptes du zahušťování direct par la pomme de terre elle-même, sans farine (école bohémienne plus rustique). Enfin, le chef Jan Anděl (Revoluční cvičení) et plusieurs blogueurs culinaires tchèques débattent du kmín (carvi entier) vs majoránka (marjolaine séchée) comme aromate principal : les Moraviens privilégient la majoránka écrasée dans la paume, les Bohémiens le kmín entier ajouté avec les pommes de terre.
Bière légère tchèque pilsner (Pilsner Urquell ou Kozel Světlý) — eau plate Mattoni si non-alcoolisé
8/10 — Plat emblématique des škola jídeln (cantines scolaires) et des hospody de campagne dans toute la Bohême et la Moravie. Présent sur les cartes de nombreux restaurace bon marché comme alternative végétarienne de fait — pas forcément revendiquée comme telle. Considéré par les Tchèques comme un plat de réconfort universel, accessible à tous les budgets. ČRo Brno l'a documenté comme plat traditionnel de Mařatic (Uherské Hradiště) en 2021.
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Éplucher les pommes de terre et les couper en dés réguliers de 2 cm — trop petits, elles se désagrègent ; trop gros, elles restent dures au cœur. Émincer finement les oignons. Réserver l'ail (écrasé cru en toute fin, jamais en début de cuisson). Disposer toutes les épices à portée de main : la cuisson va vite une fois le sádlo chaud.
Faire fondre le sádlo dans une casserole à fond épais à feu moyen. Ajouter les oignons émincés et les faire revenir en remuant régulièrement jusqu'à coloration dorée profonde — environ 8 minutes. L'oignon doit être vraiment doré, presque caramélisé : c'est lui qui donne la couleur brune caractéristique du guláš tchèque. Ne pas brûler.
Baisser le feu au minimum. Saupoudrer la sladká paprika sur les oignons et mélanger 30 secondes seulement — la paprika parfume instantanément la graisse chaude. IMMÉDIATEMENT verser une première louche de bouillon pour stopper la cuisson : la paprika brûle en quelques secondes et rend le plat irrémédiablement amer. Verser ensuite le reste du bouillon et le concentré de tomate si utilisé.
Ajouter les dés de pommes de terre dans le bouillon papriké. Ajouter le kmín entier, saler et poivrer. Porter à frémissement, couvrir partiellement et cuire 20-25 minutes à feu doux jusqu'à ce que les pommes de terre soient fondantes (test de la pointe de couteau : aucune résistance). Remuer doucement toutes les 5 minutes pour éviter que les pommes de terre n'accrochent au fond.
Option moravienne (jíška liquide) : délayer 2 c.à.s. de farine dans 100 ml d'eau froide, verser en filet dans le guláš frémissant en fouettant, cuire encore 5 minutes. Option bohémienne rustique : écraser légèrement quelques dés de pomme de terre au fond avec une cuillère pour épaissir naturellement sans farine. Dans les deux cas, goûter et rectifier en sel et poivre.
Hors du feu, écraser les gousses d'ail en pâte et incorporer directement dans le guláš chaud — l'ail ne doit pas cuire, il conserve ainsi son punch. Prendre la majoránka séchée entre les deux paumes et la frotter énergiquement au-dessus de la casserole : les huiles essentielles se libèrent avec le parfum caractéristique de la cuisine tchèque. Mélanger délicatement pour ne pas briser les morceaux de pomme de terre.
Verser le bramborový guláš bien chaud dans des assiettes creuses ou des bols. Disposer les tranches de pain de seigle ou de chléb à côté pour saucer. Placer les cornichons aigres-doux en accompagnement — l'acidité des okurky tranche parfaitement avec le moelleux du guláš. Dans les cantines tchèques, le plat est traditionnellement servi avec du pain blanc (rohlik) et quelques gouttes de vinaigre à disposition.
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