IXe siècle
Premières cultures slaves en Bohême
Les tribus slaves installées en Bohême pratiquent l'agriculture céréalière (millet, seigle, orge) et l'élevage porcin, établissant les bases alimentaires de la future cuisine tchèque. Les fouilles archéologiques sur les sites de Grande-Moravie attestent de la culture du chou et de la fabrication de boissons fermentées à base de céréales. Ces pratiques agropastorales forment le socle sur lequel se construira progressivement l'identité culinaire bohémienne.
fin XIe siècle
Premières mentions du houblon de Žatec
Des documents datant de la fin du XIe siècle mentionnent la culture du houblon dans la région de Žatec (Saaz) en Bohême du Nord-Ouest, confirmant une tradition brassicole précoce. La charte du monastère de Doksany de 1118 figure parmi les premiers textes qui attestent de l'importance économique et alimentaire de la bière dans les communautés monastiques et urbaines tchèques. Le houblon de Žatec acquerra au fil des siècles une réputation mondiale pour la qualité et l'arôme de ses cônes.
XIVe siècle
Essor culinaire sous Charles IV
Le règne de Charles IV (1347-1378), roi de Bohême et empereur du Saint-Empire, marque un âge d'or pour Prague et pour la gastronomie de cour bohémienne. L'afflux d'influences françaises, italiennes et germaniques enrichit la cuisine noble, tandis que la fondation de l'Université Charles en 1348 attire érudits et marchands porteurs de nouvelles pratiques alimentaires. Les chroniques de l'époque décrivent des banquets élaborés intégrant épices orientales, gibiers et pâtisseries qui influenceront durablement la cuisine tchèque raffinée.
1842
Naissance de la bière pilsner à Plzeň
Le 5 octobre 1842, la brasserie Měšťanský pivovar de Plzeň (future Pilsner Urquell) produit pour la première fois une bière blonde à fermentation basse, claire et amère, qui révolutionne le brassage mondial. Ce style pilsner, élaboré par le brasseur bavarois Josef Groll à partir du houblon de Žatec et de l'eau douce de Plzeň, devient le style de bière le plus reproduit et consommé sur la planète. Cet événement ancre définitivement la culture brassicole au cœur de l'identité nationale tchèque.
après 1948
La cuisine tchèque sous régime communiste
L'instauration du régime communiste en 1948 entraîne la collectivisation agricole et la nationalisation des restaurants, conduisant à une standardisation et un appauvrissement progressif de la gastronomie tchèque. Les cantines d'entreprise (závodní jídelny) imposent un répertoire limité de plats populaires bon marché, contribuant paradoxalement à figer et à populariser certains classiques comme le svíčková ou le guláš. Après la Révolution de velours de 1989, une renaissance culinaire s'amorce, avec un retour aux recettes régionales et l'émergence d'une gastronomie tchèque contemporaine revendiquant ses racines.