vers 800 av. J.-C.
Phéniciens introduisent l'olivier en Lusitanie
Les marchands phéniciens, actifs sur les côtes atlantiques de la péninsule Ibérique dès le VIIIe siècle av. J.-C., contribuent à la diffusion de la culture de l'olivier et de la vigne dans la région qui deviendra le Portugal. Ces échanges commerciaux posent les fondements agricoles de la cuisine ibérique méditerranéenne. L'huile d'olive et le vin s'enracinent dès lors comme éléments structurants de l'alimentation lusitanienne, un héritage confirmé par des fouilles archéologiques sur les sites de la côte alentejane.
Époque romaine (Ier siècle av. J.-C.)
Rome organise la production de garum lusitanien
Sous domination romaine, la Lusitanie devient un centre de production majeur de garum, une sauce fermentée à base de poissons très prisée dans tout l'Empire romain. Des fabriques de salaison, les cetariae, ont été mises au jour à Tróia, Setúbal et Olhão, témoignant d'une industrie halieutique et de conservation développée. Ce savoir-faire dans la transformation et la conservation du poisson par le sel préfigure directement la future culture du bacalhau qui fera la réputation du Portugal.
fin du XIVe siècle
Naissance de la cuisine de cour médiévale portugaise
L'avènement de la dynastie d'Avis en 1385 marque une période de consolidation nationale et de raffinement de la table royale portugaise. Le Livro de Cozinha da Infanta D. Maria, rédigé au XVIe siècle mais reflétant des pratiques médiévales antérieures, constitue l'un des plus anciens recueils de recettes de la péninsule Ibérique. Il témoigne d'une cuisine déjà sophistiquée, mêlant épices orientales, viandes mijotées et pâtisseries sucrées, annonçant les transformations culinaires qu'apporteront les Grandes Découvertes.
fin du XVe siècle
Les épices et nouveaux aliments transforment la cuisine
L'ouverture de la route des Indes par Vasco de Gama en 1498 place le Portugal au cœur du commerce mondial des épices — poivre, cannelle, gingembre, clou de girofle —, qui envahissent la cuisine nationale et européenne. Parallèlement, le contact avec les Amériques introduit la tomate, la pomme de terre, le piment et le maïs, ingrédients qui transformeront durablement l'alimentation portugaise. Cette période fait du Portugal le premier vecteur mondial d'échanges culinaires intercontinentaux, un processus que l'historien Alfred Crosby a nommé l'« échange colombien ».
1837
Ouverture de la fabrique des Pastéis de Belém
En 1837, la recette des pastéis de nata, mise au point par les moines du monastère des Jerónimos quelques décennies plus tôt, est commercialisée par l'établissement Pastéis de Belém à Lisbonne, dont la recette demeure secrète à ce jour. Ce moment marque la transition d'un savoir-faire conventuel vers une pâtisserie de rue populaire et identitaire, reproduite dans le monde entier mais dont l'original reste protégé. Le pastel de nata est inscrit depuis lors comme le symbole sucré par excellence de la culture culinaire portugaise, reconnu internationalement comme patrimoine gastronomique immatériel.