vers 500 av. J.-C.
Alimentation dace : céréales, miel et élevage
Les Daces, peuple thrace habitant les Carpates et la plaine danubienne, pratiquaient une agriculture céréalière (millet, orge, épeautre) et un élevage bovin et ovin bien documentés par l'archéologie. Les fouilles des sites de Sarmizegetusa Regia ont révélé des meules, des vases de stockage et des restes fauniques attestant une alimentation riche. Le miel et la hydromel occupaient une place importante dans leur culture, mentionnés indirectement par des auteurs grecs et latins.
106 apr. J.-C.
Conquête romaine et métissage culinaire en Dacie
Après la conquête de la Dacie par l'empereur Trajan en 106, la province connaît une romanisation profonde qui transforme aussi les pratiques alimentaires. L'introduction de nouvelles cultures (vigne, huile d'olive importée, légumineuses méditerranéennes) et de techniques de conservation et de cuisson romaines enrichit le répertoire alimentaire local. Ce métissage entre héritage dace et apports romains constitue le socle de la cuisine roumaine, comme le soulignent les travaux de l'historien Ioan Glodariu.
XVIIe siècle
Arrivée du maïs et naissance de la mămăligă
Le maïs, introduit en Europe après 1492, atteint les principautés roumaines de Valachie et de Moldavie au cours du XVIIe siècle et s'impose rapidement comme culture vivrière principale dans les campagnes. La farine de maïs donne naissance à la mămăligă, qui remplace progressivement les bouillies de millet et devient l'aliment de base des classes paysannes jusqu'au XXe siècle. Des chroniqueurs comme Miron Costin mentionnent au XVIIe siècle la diffusion rapide de ce nouvel aliment.
XVIIIe siècle
Influences ottomanes et phanariotes sur la cuisine princière
Durant la période phanariote (1711-1821), les princes grecs imposés par l'Empire ottoman à la tête des principautés roumaines introduisent de nombreux plats et techniques culinaires orientaux dans les cours de Bucarest et Iași. Les sarmale, pilaf, musaca, baclava et diverses pâtisseries au sirop s'intègrent durablement dans la cuisine roumaine, notamment dans les classes aisées. Cette influence est documentée dans des manuscrits de cuisine de la cour princière conservés aux Archives nationales roumaines.
années 1860-1880
Modernisation culinaire et premiers livres de cuisine roumains
La formation de l'État roumain moderne après l'union des principautés en 1859 s'accompagne d'une codification de la cuisine nationale. Le premier grand livre de cuisine roumain, Carte de bucate boierești de Mihail Kogălniceanu et Costache Negruzzi (1841), puis celui de Maria Maurer (1865), compilent recettes traditionnelles et apports français et viennois. Cette période voit émerger une cuisine bourgeoise roumaine mêlant héritage balkanique et influences d'Europe centrale, reflet des aspirations de la nouvelle élite nationale.