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Atlas Culinaire · République tchèque · Europe
Le gulasch morave — oignons triomphants, moins de paprika que Prague, zelí et brambory dans la marmite, un verre de vin rouge morave en option.
Le débat sur le Moravský guláš oppose deux écoles depuis des décennies. Jaroslav Marek, chroniqueur gastronomique de Hostovka.cz, documente ironiquement que tout cuisinier morave invente sa version du gulasch en ajoutant une poignée d'ingrédients locaux et en la proclamant "authentique" — l'article https://www.hostovka.cz/gulas est la référence incontournable de ce constat. Le premier point précis de discorde : la présence ou l'absence de zelí (chou) et brambory (pommes de terre) dans le plat. La tradition Prostějov-Olomouc les considère indispensables (gulasch complet en un plat), tandis que l'école de Brno défend un gulasch pur jus sans légumes, servi avec knedlíky séparés — comme à Prague. Le second débat porte sur le liquide de braisage : le moravský pivní guláš (bière brune Kozel ou Bernard) vs le gulasch au vin rouge morave (Zweigeltrebe ou Frankovka de Znojmo) — les sources vareni.cz et cestazavinem.cz documentent les deux camps sans trancher. Le troisième front est le dosage du paprika : les recettes de profirecepty.cz et receptarium.cz utilisent 15 g de paprika pour 750 g de viande (contre 30-40 g dans le gulasch bohémien de Prague), une douceur assumée que Prague considère comme une "capitulation" face à la cuisine hongroise voisine.
Vin rouge morave (Zweigeltrebe ou Frankovka AOC Znojmo) — ou bière brune Kozel Tmavý si version pivní
8/10 — Plat de pub morave quasi-universel, présent dans toute hospoda et jídelna de Brno à Olomouc. Le gulasch morave se distingue clairement dans les menus régionaux par sa douceur épicée et ses légumes incorporés. Les profirecepty.cz et receptarium.cz le documentent comme référence de cuisine scolaire et institutionnelle morave.
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Couper le bœuf en cubes de 3-4 cm en retirant les membranes trop épaisses mais en gardant le gras intramusculaire (il fondra et enrichira la sauce). Émincer finement les oignons en julienne — 400 g paraît beaucoup mais ils fondent aux deux tiers à la cuisson. Peler et couper les pommes de terre en dés de 2 cm, les garder dans l'eau froide pour éviter qu'elles noircissent. Émincer le chou en lanières de 3-4 mm.
la base de la douceur morave — Faire fondre le saindoux dans une cocotte à fond épais à feu moyen-doux. Ajouter les oignons et faire suer en remuant régulièrement pendant 12-15 minutes — ils doivent devenir dorés caramel, jamais noirs. Cette longue caramélisation est la première signature du gulasch morave : les sucres libérés des oignons compensent la sobriété du paprika. Ajouter l'ail écrasé (si utilisé) les 2 dernières minutes.
Monter le feu à vif. Ajouter la viande en une seule couche (en plusieurs fois si nécessaire — ne jamais surcharger la cocotte). Saisir 2-3 minutes par face jusqu'à obtenir une croûte dorée. Cette réaction de Maillard est essentielle : c'est elle qui donnera profondeur et couleur à la sauce. Une viande simplement "cuite grise" produit un gulasch fade sans âme.
Retirer la cocotte du feu ou baisser à feu très doux. Saupoudrer le paprika moulu sur la viande et mélanger 30 secondes — le paprika doit embaumer sans brûler (il brûle à 150°C et devient amer de façon irréversible). Ajouter le concentré de tomates, le cumin entier, les feuilles de laurier et les grains de poivre. Mélanger pour enrober uniformément toute la viande.
Verser l'eau chaude (ou bouillon) jusqu'à mi-hauteur de la viande — pas plus, le gulasch morave ne doit pas être une soupe. Porter à frémissement, réduire à feu doux, couvrir et laisser braiser 1h30 en remuant toutes les 20-25 minutes. La viande est prête quand un cube se divise facilement sous la cuillère mais ne s'effiloche pas encore. Si version vin : verser le vin rouge au bout de 60 minutes et poursuivre à découvert 15 minutes pour évaporer l'alcool avant de couvrir à nouveau.
Égoutter les pommes de terre et les ajouter directement dans la cocotte. Ajouter le chou émincé. Remuer délicatement pour bien les enrober de sauce. Les pommes de terre relâchent leur amidon et épaississent naturellement le gulasch sans besoin de farine supplémentaire. Couvrir et cuire encore 20-25 minutes jusqu'à ce que les légumes soient tendres mais pas en purée.
Goûter la sauce — si elle manque encore de corps après l'amidon des pommes de terre, saupoudrer la farine directement sur la surface sans remuer, couvrir 5 minutes puis mélanger progressivement. Cette technique tchèque évite les grumeaux. Rectifier sel, ajouter la majoránka séchée hors du feu (l'herbe perd son arôme à la chaleur vive). Goûter une dernière fois.
Éteindre le feu et laisser reposer 10 minutes couvert — le gulasch comme tous les ragouts est meilleur après repos, les saveurs se fondent et la sauce gagne en onctuosité. Retirer les feuilles de laurier. Le gulasch morave est encore meilleur réchauffé le lendemain — tradition de le préparer la veille pour les fêtes et les mariages moraves.
Verser le gulasch dans des assiettes creuses larges ou des bols en grès. Disposer 2-3 tranches de houskový knedlík (pain moelleux cuit à la vapeur) sur le côté. Poser quelques rondelles d'oignon cru sur le gulasch — l'oignon cru est la garniture obligatoire des hospody moraves. Parsemer d'une pincée de marjolaine fraîche si disponible. Servir immédiatement avec un verre de vin rouge morave frais ou une bière Kozel brune.
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