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Atlas Culinaire · Espagne · Europe
Escargots mijotés en sauce piquante tomate-jamón-chorizo
La principale controverse autour des caracoles a la madrileña porte sur l'usage ou non de la hierbabuena (menthe poivrée) dans la sauce : la Real Academia de Gastronomía, dans ses notes sur la cuisine de Madrid, recense deux courants opposés — l'école dite « de taberna » (représentée par Casa Amadeo Los Caracoles, fondée en 1942 Plaza de Cascorro) qui intègre systématiquement la menthe fraîche en fin de cuisson comme marqueur identitaire de la recette castiza, arguant que cet arôme est attesté depuis les merenderos du XIXe siècle dans les faubourgs de Chamartín et Hortaleza ; et l'école dite « de matanza » qui exclut la menthe au profit d'un bouquet d'herbes sèches (laurier, romarin, thym) en soutenant que la menthe fut une adjonction tardive popularisée par les guinguettes du XXe siècle pour masquer une purge insuffisante. La querelle est d'autant plus vive que certaines maisons utilisent la morcilla de arroz en complément du chorizo, alors que des cuisiniers plus puristes — comme l'ont documenté les chroniques gastronomiques du journal El País (2019) — défendent la version ne comportant que jamón serrano et chorizo fresco, sans aucune charcuterie supplémentaire, au motif que la richesse en embutidos dénature le goût délicat de l'escargot.
Chato de Valdepeñas DO, Vinos de Madrid DO (rouge léger), ou caña de cerveza fraîche
Les caracoles a la madrileña sont une tapa emblématique des tabernas castizas de Madrid, particulièrement concentrées dans les quartiers de La Latina, El Rastro et autour de la Plaza Mayor. La saisonnalité (printemps-été, de mars à juillet) et la tradition d'en manger debout au zinc avec un chato de vino en font un rite social autant qu'un plat. Casa Amadeo Los Caracoles, Plaza de Cascorro 18, fondée en 1942, est universellement reconnue comme le temple de cette tradition.
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Si vous utilisez des escargots vivants, les placer 5 à 7 jours dans une caisse aérée sans nourriture pour les purger — cette étape est impérative pour éliminer toute amertume et toxine végétale absorbée. Le jour de la cuisson, mettre les escargots dans une grande bassine avec eau froide, gros sel et un filet de vinaigre blanc ; les laisser 30 à 45 minutes jusqu'à ce qu'ils sortent tous de leur coquille. Rincer abondamment sous l'eau froide courante en frottant les coquilles, renouveler l'opération au moins deux fois jusqu'à ce que l'eau de rinçage soit parfaitement claire et sans mucus.
Placer les escargots rincés dans une grande marmite en couvrant d'eau froide (jamais chaude : la chaleur progressive permet aux escargots de sortir de leur coquille et d'y rester). Porter très lentement à frémissement sur feu doux en écumant régulièrement la mousse blanchâtre qui remonte — cette étape est cruciale pour obtenir un bouillon clair. Ajouter 3 gousses d'ail entières, les feuilles de laurier, les guindillas séchées et une pincée de sel ; laisser cuire à frémissement doux pendant 1h30 à 2h selon la taille des escargots.
Dans une cazuela de barro (cocotte en terre cuite) ou une sauteuse à fond épais, chauffer l'huile d'olive à feu moyen. Ajouter les oignons finement émincés et les 5 gousses d'ail hachées ; faire revenir 10 à 12 minutes en remuant régulièrement jusqu'à ce que l'ensemble soit translucide et légèrement doré. Le sofrito doit fondre lentement sans colorer excessivement pour développer sa douceur naturelle — c'est la fondation de toute la complexité du plat.
Ajouter le chorizo coupé en rondelles d'1 cm et le jamón serrano en dés de 2 cm dans le sofrito ; faire revenir 5 à 6 minutes à feu moyen-vif pour que les charcuteries libèrent leur gras et que ce gras coloré s'intègre au sofrito. Si vous utilisez la morcilla, la couper grossièrement et l'ajouter pour les 2 dernières minutes seulement — elle est fragile et fond rapidement. Le fond de la cazuela doit être couvert d'un sugo rouge-orangé parfumé au pimentón des charcuteries.
Saupoudrer la farine sur l'ensemble des charcuteries et du sofrito en remuant 1 minute pour la toaster légèrement. Ajouter la tomate râpée ou concassée et cuire 5 minutes à feu moyen en écrasant les morceaux. Hors du feu (très important !), ajouter le pimentón dulce en pluie fine ; remettre sur feu très doux et mouiller immédiatement avec le vin blanc en remuant — verser le vin dans les secondes qui suivent le pimentón pour éviter qu'il ne brûle et ne devienne amer. Laisser réduire 3 minutes à feu moyen.
Ajouter les escargots égouttés dans la cazuela avec la sauce ; verser 250 ml du bouillon de cuisson filtré des escargots pour lier le tout et apporter de la profondeur. Porter à frémissement léger, puis baisser le feu au minimum et laisser mijoter 25 à 30 minutes à couvert en remuant de temps en temps. La sauce doit réduire et napper les escargots sans assécher — si elle épaissit trop, ajouter une louche du bouillon réservé. En fin de cuisson, ajouter les brins de hierbabuena fraîche (si vous suivez l'école castiza) pour les 5 dernières minutes seulement.
Retirer du feu et laisser reposer à température ambiante au moins 2 heures, ou idéalement toute la nuit au réfrigérateur. Ce repos est le secret unanimement partagé par les grandes tavernes madrilènes, à commencer par Casa Amadeo Los Caracoles (Plaza de Cascorro, fondée en 1942) : les escargots absorbent progressivement les arômes du jamón, du chorizo et du pimentón, et la sauce se lie naturellement grâce à la gélatine des coquilles. Le lendemain, la sauce doit être nettement plus dense et parfumée qu'à la sortie du feu.
Réchauffer la cazuela à feu très doux en ajoutant si nécessaire un peu de bouillon de viande pour détendre la sauce ; rectifier l'assaisonnement en sel et en piquant (les guindillas ont libéré plus de chaleur après le repos). Servir bouillant directement dans la cazuela de barro individuelle ou dans un bol en terre cuite, parsemer de persil plat fraîchement haché. Présenter avec un lot de cure-dents ou de petites fourchettes à escargots, et un pain de campagne croustillant pour saucer — el pan es obligatorio.
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