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Atlas Culinaire · La Réunion · Afrique
Les petits haricots secs péï qui font le vrai riz-grain réunionnais
La grande querelle du cari chevrier tourne autour d'un seul mot : péï. Les cuisinières créoles de la génération "lontan" insistent que le vrai chevrier réunionnais est une variété locale acclimatée depuis des générations dans les jardins de case — un petit haricot sec légèrement verdâtre, à peau fine, qui fond à la cuisson et développe un goût doux et terreux impossible à reproduire avec un flageolet Chevrier d'Arpajon importé de France métropole. L'Office de Tourisme de l'Ouest 974 et le collectif Germin'Acteurs documentent depuis 2018 la perte de ces variétés "lontan" (haricot sang bœuf, haricot coco rose, voème, niébé) face aux importations de masse : en 2024, la Réunion importe plus de 3 milliards d'euros de produits alimentaires par an (Parallelesud.com, 2024) dont la majeure partie des haricots secs consommés. Le chef cuisinier et blogueur Papounet, figure de référence de la cuisine réunionnaise en ligne (recettes-papounet.com), consacre plusieurs recettes aux "grains créoles" et reconnaît que la pratique contemporaine accepte aussi bien les haricots blancs importés que les variétés péï — tout en précisant que la technique créole (trempage nuit, cuisson lente, écrasage partiel) reste l'identité non négociable du plat, indépendamment de la variété choisie.
Rhum agricole arrangé aux épices (sans glace) servi en ti'punch avant le repas. À table : eau plate ou jus de fruit de la passion péï frais. Éviter les vins tanniques qui écrasent la douceur délicate du chevrier.
À la Réunion, les cuisinières lontan savent que les haricots chevrier péï demandent un trempage plus court que les gros pois du cap (8h suffisent vs 12h pour les lima beans), mais qu'ils ont besoin d'une cuisson plus longue que les lentilles de Cilaos — ils ne pardonnent pas une précuisson insuffisante.
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Trier les haricots chevrier secs pour éliminer les grains abîmés ou les petits cailloux. Rincer abondamment sous l'eau froide. Placer dans un grand saladier, couvrir de trois fois leur volume en eau froide et laisser tremper une nuit complète (8 à 12 heures minimum). Les haricots doivent gonfler et doubler de volume.
Égoutter et rincer les haricots trempés. Les verser dans une grande marmite, couvrir d'eau froide à hauteur de 3 cm au-dessus des haricots. Porter à ébullition à feu vif, puis écumer la mousse grise qui se forme en surface. Baisser à feu moyen et cuire à couvert pendant 45 à 60 minutes, jusqu'à ce que les haricots soient presque tendres mais pas encore fondants. Égoutter en conservant l'eau de cuisson.
Émincer les oignons finement. Piler l'ail avec une pincée de sel dans un mortier (technique créole) ou écraser finement au couteau. Râper ou hacher finement le gingembre. Concasser la tomate si utilisée. Tout mettre à portée de main avant de commencer la cuisson à feu vif.
Chauffer l'huile dans une grande marmite à fond épais à feu moyen-vif. Ajouter les oignons et faire revenir 3 à 4 minutes jusqu'à ce qu'ils soient translucides et légèrement dorés. Ajouter l'ail pilé, le gingembre, le thym et le curcuma. Faire revenir 1 à 2 minutes en remuant constamment — les épices doivent être enrobées d'huile et libérer leurs arômes. Ajouter la tomate concassée et le piment cabri entier si utilisé, et cuire encore 2 minutes.
Verser les haricots précuits et égouttés dans la marmite avec le rougay. Mélanger bien pour enrober chaque grain des épices. Ajouter l'eau de cuisson réservée (ou de l'eau fraîche) pour couvrir les haricots d'environ 2 cm. Porter à ébullition puis réduire à feu doux. Couvrir et laisser mijoter 30 à 40 minutes supplémentaires en remuant de temps en temps.
la technique créole fondamentale — En fin de cuisson, retirer le piment cabri. Avec le dos d'une grosse cuillère en bois ou d'une fourchette, écraser grossièrement un tiers des haricots directement dans la marmite. Remuer pour incorporer la purée aux haricots entiers restants. La texture doit être crémeuse et nappante, ni trop sèche ni trop liquide. Saler en goûtant, poivrer. Ajuster la consistance avec un peu d'eau si trop épais.
Servir chaud avec du riz blanc (basmati de préférence) et un cari ou rougail principal. Dans l'assiette réunionnaise traditionnelle, le riz occupe la moitié gauche, le cari chevrier le quart droit haut, et le plat principal (poulet, poisson, saucisses) le quart restant. Un rougail tomate cru posé à côté en petit bol complète la table.
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Sourcer ou se taire
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