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Atlas Culinaire · Seychelles · Afrique
Le curry-totem des Seychelles â poisson rouge bourgeois ou vivaneau mijotĂ© dans un lait de coco crĂ©meux au massalĂ© maison, acidulĂ© au bilimbi (citron des bois), servi avec riz blanc et chatini coco â distinct du cari mauricien et du cari rĂ©unionnais.
Le cari coco seychellois est la piĂšce d'identitĂ© culinaire de l'archipel, et il provoque trois dĂ©bats rĂ©currents entre les trois cuisines crĂ©oles de l'ocĂ©an Indien. (1) CARI SC vs CARI MU vs CARI RE â les Seychelles privilĂ©gient le poisson de rĂ©cif local (bourgeois Lutjanus sebae, vivaneau Lutjanus bohar, capitaine blanc, ou demoiselle), mijotĂ© dans un LAIT DE COCO ĂPAIS (lĂšt koko) extrait du coco frais rĂąpĂ©, acidulĂ© par le BILIMBI (Averrhoa bilimbi, appelĂ© localement « bilenbi » ou « citron des bois ») ; Maurice utilise plus le safran-curcuma et la coriandre fraĂźche en finition, parfois sans lait de coco ; La RĂ©union bannit le lait de coco du cari poisson et prĂ©fĂšre le combava + curcuma frais. Le Seychelles Tourism Board (seychelles.travel) et le Marie Antoinette Restaurant (institution culinaire de Victoria depuis 1972) tranchent : le cari coco AVEC lait de coco et bilimbi est la signature seychelloise non nĂ©gociable, l'absence de l'un des deux trahit l'identitĂ© crĂ©ole de l'archipel. (2) MASSALĂ MAISON vs COMMERCIAL â la tradition seychelloise (hĂ©ritĂ©e de la diaspora indienne tamoule arrivĂ©e comme travailleurs sous contrat au XIXe siĂšcle) veut un massalĂ© moulu maison : coriandre en graines + cumin + curcuma + clou de girofle + cardamome + grains de poivre noir, torrĂ©fiĂ©s Ă sec puis moulus Ă la pierre. Les grands-mĂšres de La Digue refusent le massalĂ© en poudre commercial â « ça sent l'usine, pas la cuisine crĂ©ole ». (3) BILIMBI vs TAMARIN vs CITRON VERT â le bilimbi (fruit acide en forme de cornichon, du mĂȘme genre Averrhoa que la carambole) est endĂ©mique aux jardins seychellois, c'est l'acidulant authentique. Ă dĂ©faut, le tamarin (utilisĂ© Ă Maurice) ou le citron vert (utilisĂ© partout) sont des substituts acceptables mais non idĂ©aux â le bilimbi a une aciditĂ© plus ronde, presque pomme verte, qui Ă©quilibre le gras du coco sans masquer le poisson. (4) PLAT DU DIMANCHE FAMILIAL â tradition seychelloise documentĂ©e par le Seychelles Nation : le cari coco est LE plat du dĂ©jeuner dominical en famille (« dinĂ© dimans »), servi dans le grand bol commun en porcelaine bleue avec riz blanc, chatini coco, et achards de papaye verte. Le manquer le dimanche = entorse au calendrier crĂ©ole seychellois.
Takamaka Bay rum (distillerie de La Plaine St AndrĂ©, MahĂ© â rhum local emblĂ©matique, en cocktail Ti Punch ou Takamaka coco) â Seybrew (biĂšre blonde locale de la Seychelles Breweries Ltd, brassĂ©e Ă Roche CaĂŻman depuis 1972) â Vin blanc sec sud-africain Chenin Blanc (importĂ©, accord institution) â Eau de coco fraĂźche pour les enfants
9/10 aux Seychelles â c'est LE plat-totem crĂ©ole servi par tous les restaurants traditionnels de Victoria (MahĂ©), Praslin et La Digue. Marie Antoinette Restaurant (Victoria, institution depuis 1972) propose sa version cari coco dans son menu crĂ©ole obligatoire. Le plat est central dans le dĂ©jeuner dominical familial seychellois (« dinĂ© dimans »). PrĂ©sent dans tous les guides culinaires des Seychelles (Seychelles Tourism Board, Seychelles Nation). Diaspora seychelloise active Ă Londres (festivals crĂ©oles), Paris (associations seychelloises) et Toronto. Distinct du cari mauricien et du cari rĂ©unionnais â rĂ©fĂ©rence d'identitĂ© crĂ©ole inter-Ăźles.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Dans une poĂȘle sĂšche Ă feu moyen, torrĂ©fier les graines de coriandre et cumin 1-2 min en remuant â elles deviennent odorantes et lĂ©gĂšrement dorĂ©es. Retirer du feu. Ajouter clous de girofle, cardamome, poivre noir. Laisser tiĂ©dir 5 min. Moudre le tout au moulin Ă Ă©pices ou au mortier-pilon jusqu'Ă poudre fine. Ajouter le curcuma. RĂ©server dans un bol â c'est votre massalĂ© seychellois maison.
Si coco frais rĂąpĂ© : verser le coco rĂąpĂ© dans une Ă©tamine, presser fermement pour extraire le PREMIER lait Ă©pais (« premye lĂšt koko ») â rĂ©server dans un bol. Remettre le coco pressĂ© dans un saladier, verser 200 ml d'eau tiĂšde, malaxer 2 min, presser Ă nouveau Ă l'Ă©tamine pour le DEUXIĂME lait lĂ©ger â rĂ©server sĂ©parĂ©ment. Si lait en boĂźte : secouer la boĂźte, prĂ©lever 4 c.Ă .s. de la partie crĂ©meuse du dessus pour le « premier lait » de finition, le reste pour le mijotage.
Rincer le poisson en darnes (ou le poulet en morceaux), éponger. Dans un saladier, frotter avec 1 c.à .c. de sel, le jus du citron vert, 1 c.à .c. du massalé préparé, et la moitié de l'ail-gingembre pilé. Couvrir, laisser au frais 20 min. Pendant ce temps, émincer les oignons, piler le reste ail-gingembre-sel au mortier, fendre le piment, ciseler le thym.
Dans une cocotte en fonte (ou kari crĂ©ole), chauffer l'huile Ă feu moyen. Verser les oignons Ă©mincĂ©s, cuire 8-10 min en remuant â couleur brun dorĂ©, pas noire. Ajouter ail-gingembre pilĂ©, remuer 30 sec. Ajouter ensuite le RESTE du massalĂ© maison (2-3 c.Ă .s.), feuilles de cari, thym, piment fendu. Remuer 1 min dans le gras chaud â l'odeur explose, c'est le moment de la cuisine crĂ©ole seychelloise.
Verser le DEUXIĂME lait de coco (lĂ©ger) dans la cocotte. MĂ©langer doucement avec la base aromatique. Porter Ă frĂ©missement DOUX â surtout pas d'Ă©bullition franche. Pour la version poisson : dĂ©poser les darnes en une seule couche, marinade comprise. Pour la version poulet : ajouter les morceaux peau vers le bas. Couvrir Ă demi (PAS complĂštement, la sauce doit lĂ©gĂšrement rĂ©duire). Mijoter 12-15 min pour le poisson, 25-30 min pour le poulet, en arrosant Ă la louche sans remuer brutalement.
5 min avant la fin de cuisson, ajouter les rondelles de bilimbi frais (ou la pulpe de tamarin diluĂ©e si hors archipel). MĂ©langer doucement. GoĂ»ter la sauce, rectifier le sel. Juste avant le service, retirer du feu, verser le PREMIER lait de coco Ă©pais (cru), mĂ©langer dĂ©licatement â la sauce devient veloutĂ©e-crĂ©meuse. Ne JAMAIS faire bouillir aprĂšs l'ajout du premier lait.
Dans un grand plat de service en porcelaine bleue (« bol kreol ») ou des assiettes creuses individuelles. Au centre, dÎme de riz blanc fumant. à cÎté, 1-2 darnes de poisson ou 2 morceaux de poulet nappés généreusement de sauce coco. Disposer le chatini coco-coriandre et les achards de papaye verte en condiments séparés. Garnir d'un quartier de citron vert et de quelques feuilles de coriandre fraßche.
riz Ă©ponge Ă la sauce â Le geste crĂ©ole seychellois : prĂ©lever une cuillĂšre de riz, l'Ă©craser dans la sauce coco pour qu'elle s'imprĂšgne (« mouy »), ajouter un morceau de poisson ou de poulet effilĂ©, une cuillĂšre de chatini, un peu d'achard. Alterner les bouchĂ©es : grasse (la sauce coco), acide (le bilimbi), fraĂźche (le chatini coco-coriandre), Ă©picĂ©e (le piment). C'est ce quatuor qui fait l'Ă©quilibre du cari coco seychellois.
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