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Atlas Culinaire · Macao · Asie
L'épaule de porc lentement braisée dans un vin rouge entier — la chanfana de Macao, héritière de la Beira Baixa mais transcendée par le piment piri-piri
La Chanfana est un des plats les plus anciens de la cuisine portugaise : elle est attestée dès le XVIe siècle dans la Beira Baixa (région de Coimbra) sous forme de chevreau ou de cabri braisé dans un vin rouge en argile. Selon Paulo Trevia (Terras de Coimbra, 2015), la chanfana originelle était toujours faite de cabri (chèvre) — une viande que les cuisinières macaïses ont progressivement remplacée par du porc, plus disponible et moins onéreux à Macao. La Confraria da Chanfana de Miranda do Corvo (Beira Baixa) maintient que « la vraie chanfana est au cabri dans un vinho tinto » et que toute version porcine est une dérive. À Macao, la chanfana porcine est acceptée comme la variante macaïse légitime, enrichie de piri-piri (piment africain apporté par les Portugais via le Mozambique et Goa) — une épice absente de la version continentale. C'est précisément ce piri-piri qui distingue la chanfana macaïse de toutes les autres.
Le même vin rouge utilisé pour la cuisson — un Dão ou un Alentejo robuste et structuré. La règle d'or de la chanfana : « jamais cuire avec un vin qu'on ne boirait pas à table ».
Plat de restaurant et de maison à Macao, moins courant que le Minchi ou la Feijoada mais très apprécié les jours froids. La tradition du braisage entier au vin rouge est considérée comme l'un des marqueurs de l'identité lusophone de Macao. Servi à A Lorcha et dans les restaurants patrimonioaux en automne-hiver. Popularité modérée (7/10) comparée aux plats plus festifs.
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Dans un grand plat creux ou une cocotte en fonte, déposer les morceaux d'épaule de porc. Verser la totalité du vin rouge, ajouter l'ail écrasé, les oignons, le laurier, les piments piri-piri, les clous de girofle, le thym, les tiges de persil, le paprika et la massa de pimentão. Saler et poivrer généreusement. Mélanger pour enrober toute la viande. Couvrir et réfrigérer 12 heures minimum (idéalement une nuit complète).
Sortir la viande de la marinade, éponger légèrement. Conserver la marinade entière. Dans la cocotte, chauffer le saindoux (ou l'huile) à feu vif. Faire dorer les morceaux de porc en plusieurs fois, 3 à 4 minutes par face, sans les cuire complètement. Cette étape est optionnelle selon la tradition — certaines familles macaïses mettent directement la viande marinée dans la cocotte sans coloration préalable.
Remettre tous les morceaux dans la cocotte avec la totalité de la marinade (vin, légumes, épices). Le liquide doit couvrir la viande d'au moins 2/3. Porter à ébullition, réduire à feu doux. Poser le couvercle légèrement entrouvert (1 cm) pour que l'alcool s'évapore progressivement tout en maintenant une atmosphère humide. Braiser 2 heures 30 à 3 heures jusqu'à ce que la viande se détache de l'os et soit fondante à la fourchette.
Sortir les morceaux de porc et les réserver au chaud. Si la sauce est trop liquide, la porter à feu moyen-vif et réduire 10 à 15 minutes à découvert jusqu'à consistance nappante. Goûter et rectifier en sel, poivre et piment. Remettre la viande dans la sauce pour la dernière étape.
Disposer les morceaux de porc dans un plat creux avec tout le jus de vin réduit. Parsemer de persil ciselé. Servir avec des pommes de terre bouillies en robe des champs et une grande tranche de broa (pain de maïs) pour saucer — le pain est le seul accessoire qu'aucune table macaïse de chanfana ne peut manquer.
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