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Atlas Culinaire · Nouvelle-Calédonie · Héritage vietnamien & Chân Đăng
Le chè de Nouméa — bananes fondues et perles de tapioca dans un lait de coco parfumé au combava
Le chè est un mot vietnamien qui recouvre une famille entière : tout dessert liquide ou semi-liquide, sucré, souvent au lait de coco. Celui-ci est le chè aux bananes et au tapioca, et il est arrivé en Nouvelle-Calédonie avec les Chân Đăng.
Le débat sur le chè calédonien porte sur deux ingrédients, et il est plus sérieux qu'un débat de dessert.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Rincez les perles sous l'eau froide, puis versez-les dans un bol d'eau froide et laissez-les s'hydrater.
Le pourquoiLe rinçage chasse l'amidon libre qui ferait coller les perles en un bloc unique dès qu'elles toucheraient la chaleur. Le trempage, lui, commence à faire pénétrer l'eau vers le cœur avant même la cuisson.
Pelez les bananes et coupez-les en biais, en rondelles d'un à deux centimètres. Laissez-les macérer avec un peu de sucre.
Le pourquoiLe sucre tire par osmose une partie de l'eau de la banane et la raffermit légèrement : elle tiendra mieux dans le lait de coco chaud au lieu de s'y désintégrer.
Portez 400 ml d'eau à ébullition, versez-y les perles égouttées et laissez cuire en remuant, puis coupez le feu et laissez reposer à couvert.
Le pourquoiÀ l'eau, et jamais dans le lait de coco : le gras du coco enroberait chaque perle d'un film imperméable, et l'eau n'atteindrait jamais le cœur. Le repos à couvert, hors du feu, est ce qui finit le travail — la chaleur résiduelle fait disparaître le dernier point blanc.
Chauffez le lait de coco avec l'eau et le sucre, à frémissement doux, et parfumez-le au combava.
Le pourquoiLe lait de coco ne doit jamais bouillir : il se sépare en huile et en eau, et l'onctuosité est perdue sans retour. Un frémissement à peine visible suffit largement à dissoudre le sucre et à infuser.
Portez le lait de coco sucré à frémissement doux, ajoutez les bananes et laissez-les fondre quelques minutes, puis incorporez les perles de tapioca cuites.
Le pourquoiLe tapioca entre en dernier et déjà cuit : il n'a plus qu'à se réchauffer. Laissé mijoter, il continuerait de relâcher son amidon et transformerait le chè en colle.
Dans une poêle sèche à feu moyen, torréfiez les cacahuètes concassées et les graines de sésame jusqu'à ce qu'elles blondissent et embaument.
Le pourquoiLa torréfaction ne fait pas que chauffer : elle déclenche la réaction de Maillard sur les protéines et libère des composés grillés qui n'existent pas dans la graine crue. C'est le seul contraste croquant et amer d'un dessert entièrement doux et fondant.
Versez le chè dans des bols individuels et parsemez généreusement de cacahuètes et de sésame torréfiés. Chaud à la saison fraîche, froid quand il fait lourd.
Le pourquoiLe chè change de nature selon la température : chaud, le coco est fluide et enveloppant ; froid, il épaissit et le tapioca devient plus ferme et plus mordant. Deux desserts pour une seule casserole.
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