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Atlas Culinaire · Mexique · Yucatán & Péninsule
Caldo de fête villageoise : bœuf fraîchement abattu et ses abats mijotés à l'orange amère et aux herbes mayas
Le chocolomo est revendiqué à la fois par Campeche et par le Yucatán, et les sources situent volontiers son origine « vers 1543 du côté de Campeche », après que la raréfaction du gibier (cerf) post-conquête a poussé les Mayas à abattre du bœuf à la place — le nom maya « choko » (chaud) + « lomo » (longe de bœuf) scelle ce métissage. Le débat porte ensuite sur la composition des abats : version « complète » d'abattage (foie, cervelle, cœur, rognons, langue, parfois tripes) contre versions allégées qui omettent cervelle ou rognons par goût ou prudence sanitaire — la cervelle de bœuf est aujourd'hui déconseillée dans plusieurs pays (risque ESB/prion), ce qui pousse de nombreux cuisiniers à la retirer. Enfin la nature même du plat : caldo (soupe claire) ou guiso (ragoût plus serré) ? Les villages le servent surtout en caldo de fête, très liquide, lié à l'abattage communautaire (corridas, jaranas, fêtes patronales) et au repas du samedi — le rendre épais le rapproche d'un autre plat. C'est un plat d'événement, pas de tous les jours.
Bière ambrée ou un mezcal sobre ; la torréfaction soutient le caldo d'abats. — Agua de chaya ou simple bouillon allongé ; tranches de lima pressées dans le bol pour la fraîcheur.
Plat de communauté et de fête villageoise dans la péninsule : on le prépare quand on abat un bœuf, lors des corridas, jaranas et fêtes patronales, et c'est un classique du samedi à Campeche.
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Parer et couper en gros morceaux la chair et les abats. Dégorger soigneusement rognons et cœur (eau froide, parfois vinaigre/citron), blanchir la langue et réserver la cervelle à part. La fraîcheur est primordiale : c'est un plat d'abattage.
Sur un comal sec, rôtir la tête d'ail, les tomates, l'oignon, l'origan et les épices entières jusqu'à parfum grillé. Éplucher l'ail, moudre les épices. Ce tatemado donne la profondeur du caldo péninsulaire.
Couvrir d'eau la chair maigre, les os à moelle et la langue avec l'ail rôti, oignon, tomates et le recado d'épices. Porter à frémissement, écumer, puis mijoter à couvert. C'est la fondation du caldo.
Incorporer cœur et rognons à mi-cuisson, puis le foie et la cervelle seulement en fin (10-15 min), car ils cuisent vite et durcissent. Maintenir un frémissement doux pour garder les abats tendres.
Verser le jus de naranja agria, ajouter le bouquet d'origan, hierbabuena et cilantro, et le habanero entier percé. Rectifier le sel. Laisser s'unir les saveurs 10 minutes : le caldo doit être parfumé, acidulé et corsé.
Poursuivre la cuisson douce jusqu'à ce que la chair maigre soit fondante et le caldo bien lié. Goûter et ajuster acidité/sel. Le plat gagne à reposer quelques minutes hors du feu avant le service.
Servir brûlant en bols profonds, mêlant chair et abats variés, généreux en bouillon. Accompagner de tranches de lima, oignon émincé, cilantro, habanero à part et tortillas chaudes. Plat convivial, partagé en grande quantité.
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