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Atlas Culinaire · Bolivie · Amériques
Le verre haut qui claque à la table de cacho, singani de raisin muscat allongé de ginger ale pétillant et d'une rondelle de citron vert, né dans les wagons-restaurants des chemins de fer boliviens de la fin du XIXe siècle.
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On sélectionne un verre haut de type Collins ou highball, capable de contenir environ 200 à 250 ml de liquide, et on le remplit d'environ trois glaçons bien froids avant même de verser le premier ingrédient. Ce choix de verre, documenté par la quasi-totalité des sources boliviennes et internationales, distingue le chuflay d'un simple shot ou d'un cocktail court — c'est une boisson longue, pensée pour être sirotée lentement au fil d'une partie de cacho ou d'une soirée entre amis.
On verse environ 50 ml de singani, soit une mesure standard de jigger, directement sur les glaçons. Le singani, distillat unique de raisin Moscatel de Alejandría produit exclusivement dans les vallées andines boliviennes au-dessus de 1600 mètres, est l'ingrédient identitaire du chuflay — c'est lui qui a remplacé le gin des ingénieurs anglais faute d'approvisionnement, à l'origine du cocktail à la charnière du XIXe et du XXe siècle.
On complète le verre avec environ 150 ml de ginger ale, versé lentement le long de la paroi intérieure du verre légèrement incliné plutôt que directement sur les glaçons, jusqu'aux trois quarts de la hauteur du verre. Le ratio traditionnel oscille, selon les sources, entre une part de singani pour deux virgule six parts de ginger ale et une part pour trois, un point sur lequel les recettes documentées ne s'accordent pas totalement.
On dépose délicatement une rondelle fine de citron vert à la surface du mélange, parfois accompagnée d'une légère pression pour libérer quelques gouttes de jus additionnelles selon la recette et le goût de chacun. Cette touche finale acidulée, présente dans la quasi-totalité des recettes recensées, vient équilibrer le sucré du ginger ale et la chaleur alcoolique du singani.
On sert le chuflay immédiatement après l'avoir garni, sans le remuer à la cuillère, pour préserver au maximum l'effervescence du ginger ale. Traditionnellement associé à la table de cacho, le jeu de dés bolivien, le chuflay se déguste à petites gorgées tout au long de la partie ou de la soirée, plutôt que d'un trait comme un shot.
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