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Atlas Culinaire · Trinité-et-Tobago · Amériques
Deux ingrédients, un sirop qu'il faut prendre à la seconde, et la couche rose qui fait toute la différence dans une cour d'école
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
C'est une recette oĂč **rien ne s'improvise aprĂšs le feu**. RĂąpe le coco finement, pĂšse-le, chemise une plaque de papier cuisson graissĂ© ou de feuille de bananier, sors deux cuillĂšres, dose le colorant dans une petite cuillĂšre et remplis un verre d'eau glacĂ©e pour le test du sucre. PrĂ©pare aussi un moule carrĂ© de vingt centimĂštres lĂ©gĂšrement graissĂ© si tu comptes couper en carrĂ©s plutĂŽt que dĂ©poser en monticules.
Verse le sucre et l'eau dans une casserole Ă fond Ă©pais, ajoute les **feuilles de laurier et la tranche de gingembre** si tu suis De La Rosa, et porte Ă Ă©bullition en remuant jusqu'Ă dissolution complĂšte du sucre. **Une fois le sucre dissous, arrĂȘte de remuer** : Ă partir de lĂ , remuer favorise la cristallisation prĂ©maturĂ©e sur les parois. Laisse bouillonner franchement cinq Ă sept minutes.
Retire les aromates. Fais le **test du verre d'eau froide** : laisse tomber quelques gouttes de sirop dans l'eau glacĂ©e. Tant qu'elles se dissolvent en filaments, continue de cuire. DĂšs qu'elles forment **une petite boule molle qu'on peut rouler entre deux doigts sous l'eau**, coupe le feu immĂ©diatement. C'est le point d'arrĂȘt de Rita Springer, et c'est celui qui donne un sugar cake qui fond en bouche.
Hors du feu, **bats le sirop Ă la cuillĂšre de bois** jusqu'Ă ce qu'il Ă©paississe et commence Ă blanchir : c'est le dĂ©but de la cristallisation, le moment que Springer dĂ©signe. Le sirop passe de translucide et brillant Ă opaque et mat. **Travaille vite et ne bats pas trop** â c'est l'instruction la plus importante de toute la recette, et la fenĂȘtre se compte en secondes.
Ajoute l'**Angostura bitters**, la muscade si tu en mets, puis **le coco rĂąpĂ© d'un seul coup** et mĂ©lange vigoureusement pour l'enrober entiĂšrement. La masse s'Ă©paissit immĂ©diatement. Si tu veux la version rose, sĂ©pare la masse en deux Ă ce moment-lĂ et colore une moitiĂ© de quelques gouttes de rouge â il faut ĂȘtre rapide, les deux moitiĂ©s durcissent en parallĂšle.
Deux voies. **Monticules** : dĂ©pose des cuillerĂ©es bombĂ©es sur la plaque chemisĂ©e, en les espaçant de trois centimĂštres. **CarrĂ©s Ă deux couches** : Ă©tale la masse blanche dans le moule graissĂ©, tasse, puis Ă©tale la rose par-dessus et tasse Ă nouveau. Dans les deux cas, **travaille en moins d'une minute** : la masse devient immoulable trĂšs vite. Ă Trinidad, le support traditionnel est la **feuille de figue** â la feuille de bananier.
Laisse **refroidir et durcir entiÚrement à température ambiante**, trente minutes au moins, sans toucher. Ne mets pas au réfrigérateur : le froid fait condenser l'humidité sur le sucre et rend les sugar cakes collants. Pour la version en moule, coupe en **carrés de cinq centimÚtres** une fois froid, avec un couteau à lame fine passée sous l'eau chaude entre chaque coupe.
Sers-les tels quels, empilĂ©s dans un bol ou un sachet de papier, avec les carrĂ©s roses et blancs mĂ©langĂ©s. C'est la friandise de **tuck shop**, de boutique de coin et de marchand de rue, et elle est connue de **tous les Ă©coliers de TrinitĂ©-et-Tobago**. Conserve dans une boĂźte hermĂ©tique au sec â jamais au rĂ©frigĂ©rateur. La mĂȘme friandise s'appelle **cocada** en AmĂ©rique latine et **grater cake** ailleurs dans les Antilles.
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Sourcer ou se taire
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