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Atlas Culinaire · Guadeloupe · Amériques
La conque des Antilles attendrie à la batte puis mijotée dans le colombo tamoul et les légumes-pays.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
DĂ©coquillez le lambi si nĂ©cessaire, ĂŽtez la partie noire et la peau orangĂ©e, puis frottez Ă©nergiquement la chair au gros sel et au jus de citron vert pour dissoudre le mucus visqueux qui masque sa saveur ; les anciens l'enfouissaient dans la cendre de bois ou des feuilles de papayer. Rincez Ă grande eau jusqu'Ă ce que la chair, d'un blanc nacrĂ©, ne colle plus aux doigts. Une chair mal dĂ©gorgĂ©e garde un arriĂšre-goĂ»t iodĂ© Ăącre : si elle reste gluante, rĂ©pĂ©tez sel-citron une seconde fois. Le lambi est prĂȘt Ă ĂȘtre attendri quand il sent la mer propre et non la vase.
Placez chaque chair entre deux linges et frappez-la au marteau à viande ou au rouleau, du centre vers les bords, jusqu'à doubler sa surface sans la déchirer. Ce muscle compact d'environ six centimÚtres est le pied d'un escargot géant : sans cette étape il cuit comme une gomme. Frappez réguliÚrement, la chair s'aplatit et s'assouplit sous les doigts. Visez une escalope souple qui garde du corps. Trop timide, le lambi restera caoutchouteux ; trop violent, il part en charpie et perd son jus.
Taillez le lambi en gros dés et massez-les avec l'ail écrasé, le jus d'un citron vert, le thym, le bois d'inde froissé et une premiÚre cuillerée de poudre de colombo ; laissez prendre les épices trente minutes minimum. Le curcuma, la coriandre, le cumin et la moutarde de la poudre tamoule ont besoin de temps pour pénétrer la chair dense. La marinade vire au jaune safran et embaume. Elle est à point quand chaque dé est enrobé d'une pùte ocre parfumée. Ne salez pas encore : le lambi frais est déjà chargé de sel marin.
Faites raidir les dĂ©s de lambi dans une cocotte avec un filet d'huile, couvrez d'eau chaude, thym et bois d'inde, puis laissez frĂ©mir Ă couvert quarante minutes (ou vingt-cinq minutes en cocotte-minute dĂšs le sifflement). Cette premiĂšre cuisson Ă l'eau attendrit le collagĂšne du mollusque et fait tomber l'excĂšs de sel. L'eau blanchit et une Ă©cume grise remonte : Ă©cumez-la. Le lambi est prĂȘt pour la suite quand une pointe de couteau entre sans rĂ©sistance. Sauter cette double cuisson est l'erreur qui rend tant de colombos immangeables.
Dans une cocotte Ă part, faites suer l'oignon Ă©mincĂ© et les cives dans l'huile, ajoutez le reste de poudre de colombo et laissez-la torrĂ©fier trente secondes pour rĂ©veiller ses huiles essentielles sans la brĂ»ler. La chaleur libĂšre les arĂŽmes de la coriandre et du fenugrec grillĂ©s, cĆur du goĂ»t antillais. La pĂąte d'Ă©pices grĂ©sille et fonce Ă peine en dĂ©gageant un parfum de curry chaud. Elle est prĂȘte quand elle sent la noisette Ă©picĂ©e. Si elle noircit ou fume, elle devient amĂšre : jetez et recommencez.
Versez les dés de lambi égouttés dans les épices, mouillez avec un peu de leur eau de cuisson, ajoutez la tomate concassée, la pomme de terre et la carotte en morceaux, puis laissez mijoter à couvert vingt-cinq minutes. Les légumes-pays absorbent le colombo et lient la sauce grùce à leur amidon. La sauce épaissit et nappe la cuillÚre, le lambi finit de s'attendrir. C'est en bonne voie quand la pointe du couteau traverse la pomme de terre. Ne noyez pas le plat : le colombo se mange en sauce courte, pas en soupe.
Ajoutez la christophine et l'aubergine en cubes, le piment vĂ©gĂ©tarien entier non percĂ© et le bouquet garni, puis poursuivez quinze minutes Ă dĂ©couvert pour concentrer la sauce. Ces lĂ©gumes tendres cuiraient en bouillie s'ils entraient trop tĂŽt ; ajoutĂ©s maintenant ils gardent du mordant. La sauce rĂ©duit, brille et prend une teinte orangĂ©e profonde. Le plat est prĂȘt quand la christophine est fondante mais entiĂšre. Percer le piment vĂ©gĂ©tarien libĂ©rerait un feu qui n'a rien Ă faire ici.
Ăcrasez la gousse d'ail restante dans un trait de citron vert et incorporez-la hors du feu, puis laissez reposer le colombo dix minutes Ă couvert avant de servir avec du riz crĂ©ole. Ce repos laisse les saveurs se fondre et la sauce se lisser. Le parfum d'ail cru et d'agrume rĂ©veille le plat mijotĂ©. Il est Ă point quand une pellicule d'huile Ă©picĂ©e nappe la surface. Servi trop chaud et trop vite, le colombo n'a pas encore trouvĂ© son Ă©quilibre : attendez.
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Sourcer ou se taire
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