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Atlas Culinaire · Guadeloupe · Amériques
L'épaule de mouton fondante, mijotée à l'os dans une sauce de colombo torréfié.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Détaillez l'épaule et le collier de mouton en gros morceaux avec l'os, frottez-les vigoureusement au citron vert coupé, puis rincez à l'eau claire et épongez. Ce lavage créole dégraisse la surface et retire le fumet fort du mouton sans le dénaturer. La chair doit ressortir nette, non collante, et sentir l'agrume plus que le suint. Si la viande reste poisseuse, refrottez au citron et au gros sel puis rincez de nouveau.
Pilez l'ail, le piment vĂ©gĂ©tarien et une partie de la poudre de colombo, puis massez cette pĂąte sur chaque morceau avec sel, poivre et un filet de citron. Cette marinade sĂšche imprĂšgne la fibre en profondeur bien avant la cuisson et amorce l'arĂŽme. AprĂšs une Ă deux heures au frais, la viande doit ĂȘtre teintĂ©e d'ocre et parfumĂ©e jusqu'au cĆur. PressĂ©, une demi-heure Ă tempĂ©rature ambiante donne dĂ©jĂ un net gain de goĂ»t.
Faites chauffer l'huile dans une cocotte en fonte et dorez les morceaux de mouton sur toutes leurs faces sans les entasser. La saisie fixe les sucs et crĂ©e la croĂ»te brune qui donnera profondeur et couleur au colombo. Chaque face doit ĂȘtre caramĂ©lisĂ©e, presque acajou, et libĂ©rer un fumet grillĂ©. Si la viande rend de l'eau et bout au lieu de dorer, retirez-la, montez le feu et procĂ©dez en plusieurs fournĂ©es.
RĂ©servez la viande, faites suer oignon, oignon-pays et thym dans les sucs, puis dĂ©layez le reste de la poudre de colombo dans un peu d'eau et versez-la sur les aromates. Diluer la poudre l'empĂȘche de brĂ»ler et lui permet de fondre en une base onctueuse et non poudreuse. Le fond doit prendre une teinte dorĂ©e profonde et embaumer les Ă©pices grillĂ©es. Si ça accroche, dĂ©glacez d'une louche d'eau chaude en grattant les sucs.
Remettez la viande et les os dans la cocotte, mouillez à hauteur d'eau chaude, couvrez et laissez mijoter trÚs doucement au moins deux heures. Ce mijotage lent hydrolyse le collagÚne du mouton et transforme une viande ferme en chair fondante nappée d'une sauce gélatineuse. La viande est à point quand elle se détache de l'os d'une simple pression de fourchette. Trop rapide, elle reste sÚche et filandreuse : baissez le feu et prolongez plutÎt que de monter la chaleur.
à mi-cuisson, incorporez pommes de terre, aubergine et christophine en gros cubes pour qu'ils cuisent dans la sauce parfumée. Les féculents et légumes-pays absorbent le colombo et apportent le liant traditionnel du plat. Ils sont cuits quand la pointe du couteau les traverse sans qu'ils se défassent. S'ils menacent de s'écraser, sortez-les et réservez-les le temps que la viande finisse.
En fin de cuisson, ajoutez la mangue verte en lamelles et une cuillĂšre de pulpe de tamarin dĂ©layĂ©e pour apporter l'aciditĂ© vive qui signe le colombo antillais. Cette touche fruitĂ©e et sĂ»re Ă©quilibre le gras du mouton et relance les Ă©pices en bouche. La sauce doit alors ĂȘtre ambrĂ©e, brillante et lĂ©gĂšrement aigre-douce. Si elle est trop acide, une pincĂ©e de sucre de canne recolle l'ensemble.
Coupez le feu, laissez reposer le colombo une dizaine de minutes à couvert, puis servez avec un riz créole bien détaché. Ce repos laisse la sauce se lier et les arÎmes se poser aprÚs la longue cuisson. Le plat est à point quand une pellicule brillante d'huile épicée remonte en surface et que la viande reste nappée. Servez généreusement avec le riz qui boira la sauce.
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Sourcer ou se taire
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