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Atlas Culinaire · Guadeloupe · Amériques
Les grosses crevettes des riviÚres de Basse-Terre mijotées court dans une sauce au colombo dorée
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Passez la lame d'un couteau sous le rostre de chaque ouassou et incisez jusqu'aux yeux pour extraire la petite poche noire de l'estomac, geste que le Parc de Guadeloupe juge indispensable pour Ă©viter l'amertume. Conservez prĂ©cieusement les parties jaune-orangĂ©, le corail, qui enrichiront la sauce. Rincez Ă l'eau claire sans jamais retirer la carapace ni la tĂȘte. Vous visez des ouassous entiers, propres et brillants, prĂȘts Ă mariner. Si un individu sent la vase, un bain d'eau vinaigrĂ©e de dix minutes le rattrape.
Dans une poĂȘle sĂšche, torrĂ©fiez deux minutes une cuillĂšre de graines Ă roussir (moutarde, coriandre, cumin, fenugrec) jusqu'Ă ce qu'elles crĂ©pitent et embaument, puis broyez-les avec le curcuma pour obtenir votre poudre Ă colombo. Une poudre maison, comme le rappelle Tatie Maryse, surpasse toujours les mĂ©langes du commerce souvent Ă©ventĂ©s. RĂ©servez cette poudre dorĂ©e Ă l'abri de l'air. Vous cherchez un parfum grillĂ© de noisette et de terre. Si les graines noircissent, recommencez : brĂ»lĂ©es, elles amertumeront le plat.
DĂ©posez les ouassous dans un saladier, arrosez du jus de deux citrons verts, ajoutez l'ail Ă©crasĂ©, le sel, les feuilles de bois d'inde froissĂ©es et, si vous aimez, un trait de rhum agricole blanc. MĂ©langez et laissez mariner vingt minutes au frais, pas davantage, car l'aciditĂ© commencerait Ă cuire la chair. Cette Ă©tape parfume Ă coeur et assainit les crustacĂ©s. Vous voulez des carapaces bien enrobĂ©es et odorantes. Trop de citron trop longtemps et la chair devient cotonneuse avant mĂȘme la cuisson.
Chauffez l'huile dans une cocotte jusqu'à léger frémissement, puis saisissez les ouassous égouttés sur feu vif deux à trois minutes en les retournant, juste le temps qu'ils virent au rouge orangé. Le Parc de Guadeloupe insiste : privilégiez des cuissons courtes sur feu vif, car une cuisson prolongée altÚre la texture. Retirez-les aussitÎt et réservez ; ils finiront dans la sauce. Vous visez des carapaces écarlates et une chair encore nacrée à coeur. Trop cuits maintenant, ils seront caoutchouteux au service.
Dans la mĂȘme cocotte, faites suer les oignons Ă©mincĂ©s et l'ail restant deux minutes, puis versez la poudre Ă colombo et laissez-la torrĂ©fier une minute dans le gras chaud avant tout liquide. Ce brelage, geste clĂ© du colombo antillais, rĂ©veille les Ă©pices et donne sa couleur profonde. Ajoutez le concentrĂ© de tomate et remuez pour caramĂ©liser lĂ©gĂšrement. Vous cherchez une pĂąte Ă©picĂ©e brune et trĂšs parfumĂ©e qui n'attache pas. Si ça accroche, dĂ©glacez d'une louche d'eau plutĂŽt que de baisser le feu.
Ajoutez les tomates concassées, les pommes de terre en gros cubes, le thym, les cives et couvrez d'eau ou de bouillon à hauteur, puis laissez mijoter à découvert quinze minutes. La pomme de terre, en libérant son amidon, épaissit naturellement la sauce comme le veut la tradition. Salez avec mesure, la marinade ayant déjà donné du sel. Vous visez une sauce nappante, brillante et ambrée, et des pommes de terre fondantes. Trop liquide, poursuivez à feu vif quelques minutes de plus.
Remettez les ouassous et leur jus rendu dans la sauce frémissante et laissez-les réchauffer trois à quatre minutes seulement, en les nappant à la cuillÚre. Cette cuisson finale ultra-courte suffit à parfaire la chair sans la durcir, puisqu'elle était déjà saisie. Goûtez et rectifiez le sel et le piment. Vous cherchez des ouassous brûlants, enrobés de sauce, à la chair encore souple. Les relaisser bouillir dix minutes ruinerait tout le soin précédent.
Coupez le feu, pressez un dernier citron vert, parsemez de persil ciselĂ© et laissez reposer cinq minutes Ă couvert pour que les saveurs se marient. Servez brĂ»lant avec du riz blanc crĂ©ole ou des racines pays, chaque convive suçant les tĂȘtes et dĂ©cortiquant les queues Ă la main. PrĂ©voyez rince-doigts et bon appĂ©tit sonore, car le ouassou se mange tout entier et sans façon. Vous visez une table joyeuse et des assiettes de carapaces vides. Servi tiĂšde, le colombo perd de son Ă©clat : rĂ©chauffez-le doucement sans le rebouillir.
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Sourcer ou se taire
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