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Atlas Culinaire · Guadeloupe · Amériques
Le poulet mariné mijoté à la poudre de colombo, plat-emblÚme du métissage indo-créole antillais.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
MĂ©langez les morceaux de poulet avec le jus de citron vert, l'ail Ă©crasĂ©, les cives ciselĂ©es, une cuillĂšre de poudre de colombo et le sel, puis massez pour enrober chaque morceau et laissez au frais une nuit entiĂšre. L'acide du citron attendrit la chair et amorce la pĂ©nĂ©tration des Ă©pices jusqu'au cĆur du muscle. Le poulet doit ressortir teintĂ© d'ocre et lĂ©gĂšrement raffermi en surface. Comptez au minimum 2 heures si vous ĂȘtes pressĂ©, mais la veille reste l'idĂ©al antillais. Si la chair a trop « cuit » au citron, blanchie et ferme, rincez briĂšvement et rĂ©duisez le repos la prochaine fois.
Ămincez l'oignon, ciselez cives et persil, effeuillez le thym et Ă©crasez les baies de bois d'inde. Ăpluchez la christophine, l'aubergine et les pommes de terre, puis taillez-les en gros cubes rĂ©guliers d'environ trois centimĂštres. Des morceaux de taille homogĂšne cuisent ensemble sans que les uns se dĂ©fassent quand les autres restent crus. RĂ©servez la mangue verte Ă©pluchĂ©e et taillĂ©e en lamelles Ă part, elle entrera en fin de course. Si l'aubergine noircit, plongez les cubes dans de l'eau citronnĂ©e en attendant.
Faites chauffer l'huile dans une cocotte et jetez-y les graines Ă roussir â cumin, moutarde, fenugrec â trente secondes, juste le temps qu'elles crĂ©pitent et embaument. Ce grillage libĂšre les huiles essentielles et pose la note torrĂ©fiĂ©e qui signe le vrai colombo antillais. Les graines doivent chanter et foncer d'un ton, sans virer au noir. Certains cuisiniers les retirent ensuite, d'autres les laissent dans le plat, Ă vous de choisir. Si elles brĂ»lent, jetez tout et recommencez : l'amertume serait irrattrapable.
DĂ©posez les morceaux de poulet Ă©gouttĂ©s dans l'huile parfumĂ©e et laissez-les colorer sur toutes les faces Ă feu moyen-vif. Cette croĂ»te dorĂ©e dĂ©veloppe le goĂ»t et scelle les sucs qui nourriront la sauce. La peau doit accrocher puis se dĂ©coller d'elle-mĂȘme, dorĂ©e et non grise. Travaillez en deux fois plutĂŽt que d'entasser, sinon le poulet bout au lieu de rĂŽtir. Si le fond attache trop, dĂ©glacez d'un filet d'eau avant de continuer.
Ajoutez oignon, cives, thym, persil, bois d'inde et ail écrasé, faites suer deux minutes, puis délayez la poudre (ou la pùte) de colombo dans un peu d'eau avant de la verser sur le poulet. Diluée, elle diffuse sa couleur d'or et ses parfums sans jamais roussir à sec, geste que redoutent tous les cuisiniers créoles. La cocotte doit se napper d'une gangue épicée bien accrochée aux morceaux. Laissez pincer une minute pour réveiller les épices, puis mouillez. Si une odeur ùcre monte, c'est déjà trop : baissez le feu et mouillez aussitÎt.
Ajoutez christophine, aubergine et pommes de terre, mouillez à hauteur d'eau chaude, salez et laissez mijoter à couvert et à feu doux environ trente-cinq minutes. Le colombo n'est pas une soupe : le liquide doit affleurer les ingrédients puis réduire en sauce nappante liée par l'amidon des pommes de terre. Les légumes doivent devenir fondants sans se déliter et la sauce épaissir légÚrement. Remuez délicatement une ou deux fois pour ne pas casser les morceaux. Si la sauce reste trop liquide en fin de cuisson, écrasez une pomme de terre dedans et laissez réduire à découvert.
Cinq minutes avant la fin, glissez les lamelles de mangue verte (ou une cuillÚre de pulpe de tamarin délayée) dans la cocotte et goûtez. Cette pointe acidulée, héritage direct du kuុambu tamoul, réveille le gras et équilibre la rondeur des épices. La mangue doit ramollir sans fondre totalement et la sauce gagner une fraßcheur nette en bouche. Ajustez alors le sel et le piment selon votre goût. Si le plat vire trop acide, une pincée de sucre de canne rétablit l'équilibre.
Hors du feu, écrasez l'ail cru avec le persil et un filet de citron vert, puis versez ce séra sur le colombo et couvrez cinq minutes. Cette persillade crue à la créole apporte le coup de fouet aromatique final que la cuisson longue a émoussé. Le plat doit exhaler l'ail frais et le citron par-dessus l'épice mijotée. Servez avec du riz blanc et des haricots rouges, tradition dominicale antillaise. Ne le servez surtout pas bouillant tout juste éteint : dix minutes de repos fondent les saveurs.
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Sourcer ou se taire
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