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Atlas Culinaire · Viêt Nam · Asie
Riz gluant nương emprisonné dans le bambou vivant, rôti sur braises et offert aux esprits lors du Khai Hạ — l'âme de la montagne Mường dans chaque tube.
Le mot 'lam' est emprunté au vocabulaire Thái — il s'agit d'un verbe signifiant 'rôtir dans un tube de bambou', et non d'une désignation Mường d'origine. En langue Mường, le plat se nomme 'kháu lam' (kháu = riz), tandis que chez les Thái et Tày il devient 'khẩu lam', ce qui génère depuis des décennies un débat entre ethnologues et autorités locales sur la paternité du plat. Le chercheur Trần Hữu Sơn (Institut des Sciences Sociales de Hanoï) souligne que les groupes Thai de la région de Điện Biên et Sơn La revendiquent la création du nom et de la technique, alors que les Mường de Hòa Bình s'affirment comme les gardiens d'une variante distincte et plus ancienne (Bảo Hòa Bình, 2024 : https://www.baohoabinh.com.vn/16/170210/Com-lam-Hoa-Binh--mon-an-dac-sac.htm). En juin 2024, le Département des Sciences et Technologies de Hòa Bình a délivré le certificat de marque collective n°470501 'Cơm lam Mường Động' au Comité populaire du district de Kim Bôi, consolidant la reconnaissance géographique de la version Mường — sans pour autant résoudre la question de l'origine première, qui reste ouverte entre académiciens vietnamiens.
Rượu cần (vin de riz fermenté en jarre, aspiré à la paille de bambou) — partenaire festif naturel du Khai Hạ Mường ; en version non alcoolisée : thé à base de feuilles de forêt (lá rừng) servi chaud, ou eau de source froide.
7/10 — Le cơm lam Mường est un plat de prestige festif plus qu'un aliment quotidien : dans les districts de Kim Bôi et Tân Lạc (Hòa Bình), plus de 100 foyers en produisent artisanalement, vendant 200 tubes/jour à 7 000-10 000 VND l'unité (source : Dan Viet, juin 2024). Classé dans le Top 100 des spécialités vietnamiennes 2021-2022 par l'Organisation des Records du Vietnam, il reste avant tout associé aux festivals Khai Hạ des quatre grandes régions Mường (Bi, Vang, Thàng, Động), où sa préparation collective constitue un acte de cohésion sociale.
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Rincer le riz gluant à l'eau froide jusqu'à ce que l'eau soit claire, puis immerger dans l'eau de source pendant 8 à 12 heures (une nuit entière est idéale pour le nếp nương de montagne, dont les grains denses absorbent l'eau plus lentement que les variétés de plaine). Le riz doit être complètement translucide au cœur et légèrement gonflé avant utilisation. Égoutter sans rincer pour conserver l'amidon de surface qui garantit la cohésion des grains après cuisson.
Choisir des tubes de bambou avec un nœud intact à une extrémité et une ouverture nette à l'autre ; la longueur idéale est 25-30 cm et le diamètre intérieur 4-5 cm. Rincer l'intérieur avec de l'eau de source en tournant le tube, puis égoutter à l'envers — la légère humidité naturelle du bambou vivant contribue à l'arôme final. Vérifier qu'aucune fissure n'est présente en soufflant dans le tube : un tube intact ne laisse pas passer l'air par les parois.
Verser le riz égoutté dans chaque tube jusqu'à environ 80 % du volume, en laissant 4-5 cm libres en haut pour permettre l'expansion du riz à la chaleur. Ajouter l'eau de source jusqu'à affleurer le niveau du riz (environ 3-4 cuillères à soupe par tube), en tenant compte que le bambou libère aussi sa propre eau pendant la cuisson. Donner un coup sec de la base du tube contre le sol pour compacter le riz et éliminer les poches d'air, puis sceller l'ouverture avec une feuille de bananier roulée en bouchon serré.
Disposer les tubes verticalement autour d'un foyer de charbon de bois ou de bois de hêtre/bambou, en les appuyant contre des pierres ou un trépied traditionnel Mường, l'extrémité ouverte vers le haut. La flamme directe est réservée aux premières minutes pour colorer l'extérieur ; ensuite, maintenir les tubes à 10-15 cm des braises pour une cuisson douce. Faire pivoter les tubes d'un quart de tour toutes les 5-7 minutes à l'aide de baguettes longues pour assurer une cuisson homogène et une carbonisation régulière de la paroi extérieure.
Dès que la paroi extérieure est noire et que l'arôme de bambou grillé se mêle au parfum du riz cuit, retirer un tube test et frapper doucement sa base contre le sol : si le son est sourd et non creux, le riz a absorbé toute l'eau. Coucher ensuite tous les tubes horizontalement sur les braises pour 5-10 minutes supplémentaires, ce qui dore légèrement le fond de riz et crée la texture caractéristique légèrement croustillante de la version Mường. Retirer et laisser reposer 5 minutes avant d'écorcer.
Dans une poêle sèche à feu moyen, torréfier les graines de sesame blanc en remuant constamment jusqu'à ce qu'elles soient dorées et libèrent leur parfum de noisette — environ 3-4 minutes. Transvaser immédiatement dans un mortier en pierre ou un cối đá traditionnel Mường, ajouter le sel, et piler grossièrement : le muối vừng doit rester granuleux et non réduit en poudre fine, pour apporter une texture en bouche. Le ratio Mường traditionnel est 3 parts de sesame pour 1 part de sel, plus doux que la version Tây Nguyên.
À l'aide d'un couteau, inciser la paroi extérieure carbonisée dans le sens de la longueur et l'écailler par bandes — le riz se présente alors entouré d'une fine membrane blanche intérieure naturelle (lớp màng trong), vestige de l'épiderme interne du bambou, qui parfume discrètement et protège le riz. Ne pas retirer cette membrane avant de servir : c'est dans cet état, encore enveloppé, que le cơm lam Mường est traditionnellement apporté sur la table ou offert aux invités. Chaque convive déroule sa propre membrane juste avant de plonger le cylindre de riz dans le muối vừng.
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