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Atlas Culinaire · Wallis-et-Futuna · Wallis & Uvea
Le dessert-totem polynésien revisité Wallis—bananes mûres écrasées, farine de manioc, lait de coco, nappage de coco caramélisée tiède
Le mot faikai (ou faikakai) couvre toute une famille de desserts polynésiens dont la déclinaison wallisienne porte plusieurs noms qui prêtent à confusion : à 'Uvea on parle plus souvent de lu tu'akuku, lu faka'afu (à ne pas confondre avec le lu salé !) ou de hua, alors qu'à Futuna le terme faikai sua est devenu emblématique (immortalisé par la formule humoristique 'le chewing-gum futunien' tant la pâte est étirable). Le débat de fond oppose les puristes—pour qui un vrai faikai exige du manioc frais râpé sur place, pressé, fermenté quelques heures puis cuit—aux modernes qui utilisent de la farine de manioc industrielle (tapioca, fécule de manioc Erawan) plus rapide mais avec moins de profondeur de goût. La sauce de coco caramélisée (lolo en tongan, équivalent wallisien dans le hua) est le point d'orgue : à Tonga elle se nomme faikakai et désigne en réalité la SAUCE plus que la base, alors qu'à Wallis le terme faikai désigne plutôt l'ENSEMBLE base+sauce. Wikipédia recense Lu tu'akuku/Lu faka'afu comme dessert essentiel aux célébrations paroissiales, à base de lait de coco et farine de manioc ou taro. France Info a documenté en 2017 la préparation rituelle du hua (dessert proche) à Wallis.
Café noir wallisien (importé Vanuatu/PNG), thé au gingembre, eau de coco fraîche. Pas d'alcool—c'est un dessert dominical ou de katoaga.
Dessert traditionnel polynésien occidental, central dans les célébrations paroissiales et katoaga à Wallis et Futuna. Les variantes locales sont nombreuses : lu tu'akuku et lu faka'afu (versions wallisiennes avec différents ratios coco/farine), hua/sua (version banane mûre matin documentée par France Info en 2017), faikai sua futunien (dont la pâte étirable a inspiré le surnom 'chewing-gum futunien' viral sur TikTok). Le dessert appartient à la famille élargie qui inclut le poé tahitien, le faikakai tongien, le faausi samoan—tous reposent sur le couple manioc/banane/coco/caramel mais avec des proportions et noms locaux distincts.
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Éplucher les 8 bananes très mûres (peau tachetée noir). Les écraser à la fourchette dans un grand saladier en gardant quelques morceaux de 1 cm pour la texture (pas une purée parfaitement lisse). Si on utilise la gousse de vanille, la fendre et gratter les grains dans la purée. Ajouter la pincée de sel.
Verser la farine de manioc en pluie sur la purée de bananes. Mélanger à la cuillère en bois. Ajouter progressivement le lait de coco classique (250 ml) en remuant—la pâte doit être souple mais pas liquide, type pâte à clafoutis épaisse. Laisser reposer 10 min couvert pour que la farine de manioc s'hydrate uniformément.
VERSION FOUR MODERNE : verser la pâte dans un plat à gratin beurré ou tapissé de feuille de bananier. Cuire 40 min à 180°C jusqu'à ce que la surface soit dorée et qu'un couteau enfoncé au centre ressorte propre. VERSION VAPEUR TRADITIONNELLE : répartir la pâte en 6 portions sur des carrés de feuille de bananier passés à la flamme. Refermer en paquets ficelés. Cuire à la vapeur 45 min au-dessus d'une grande casserole d'eau bouillante (panier vapeur ou marguerite).
Sortir le faikai du four (ou ouvrir les paquets vapeur). Laisser tiédir 15 min sur une grille—le dessert se tient mieux et le nappage caramel adhère mieux sur un support tiède plutôt que brûlant. Si version four, démouler délicatement sur un plat de service.
Dans une casserole à fond épais, verser les 50 ml d'eau puis les 150 g de sucre roux. Chauffer à feu MOYEN sans remuer (le brassage cristallise). Laisser le sucre se dissoudre puis épaissir et brunir. Surveiller attentivement à partir de la couleur ambrée—le passage du blond au brun foncé se fait en 30 secondes. Retirer du feu dès la couleur ambré-roux atteinte.
Chauffer la crème de coco à 50°C dans une autre casserole (microondes 30 sec ou bain-marie). HORS DU FEU, verser la crème de coco tiède en filet sur le caramel chaud en remuant énergiquement à la cuillère en bois en huit. La sauce épaissit et devient onctueuse, couleur caramel clair lait. Si elle fige (caramel trop refroidi), remettre 30 sec à feu très doux en remuant.
Verser la sauce coco-caramel encore liquide sur le faikai tiède en spirale du centre vers les bords pour qu'elle s'étale uniformément. Lever et incliner légèrement le plat pour répartir. La sauce doit napper sans complètement noyer—on doit voir la surface du dessert affleurer en relief.
Torréfier les 50 g de coco fraîche râpée 2 min à la poêle sèche jusqu'à blond doré. Parsemer sur le faikai nappé. Servir tiède (40-50°C) en parts généreuses, à la cuillère ou découpé en carrés. Accompagner d'un café noir ou d'un thé au gingembre. À 'Uvea, on sert souvent en fin de katoaga après la viande et le kape, comme conclusion sucrée du repas communautaire.
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Sourcer ou se taire
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