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Atlas Culinaire · Jamaïque · Amériques
Le poulet du dimanche jamaïcain : morceaux marinés au thym, à la cive et à l'ail, frits jusqu'à l'or profond puis mijotés dans une sauce brune tomatée au scotch bonnet entier — cousin plus clair et plus fruité du brown stew chicken, servi sur un lit de rice and peas.
Ne vous fiez pas au nom : la fricassée jamaïcaine n'a plus grand-chose de la fricassée blanche française dont elle a hérité le mot à l'époque coloniale. Ici, le poulet est d'abord lavé au jus de citron vert, massé de thym, de cive, d'ail et de piment de la Jamaïque, puis laissé à mariner toute la nuit — sur l'île, un poulet non mariné est un poulet sans âme. Le lendemain, les morceaux sont frits jusqu'à une couleur ambrée profonde, puis mijotés dans une sauce brune où fondent l'oignon, le poivron et la tomate, avec un scotch bonnet entier qui parfume sans brûler. C'est l'une des manières les plus aimées de préparer le poulet dans les foyers jamaïcains, si proche du brown stew chicken que bien des familles confondent les deux : la fricassée, elle, tire sa couleur de la friture plutôt que du browning, et sa sauce, souvent tomatée, reste un peu plus claire et plus fruitée. Servez-la comme à Kingston, un dimanche midi : sur un lit de rice and peas qui boit la sauce, avec des bananes plantains frites, et laissez le parfum de thym faire le reste.
Fricassee chicken et brown stew chicken sont si proches que les Jamaïcains eux-mêmes en débattent : certaines sources de l'île tiennent les deux noms pour un seul et même plat, d'autres défendent une nuance réelle — la fricassée tire sa couleur de la friture dorée du poulet et d'une sauce souvent tomatée, plus claire et plus fruitée, tandis que le brown stew doit sa robe sombre au browning ou au sucre caramélisé ajouté dès la marinade.
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Nettoyez le poulet au jus de citron vert ou au vinaigre, rincez et égouttez. Assaisonnez-le avec le thym, la cive, l'ail, le poivre et le piment de la Jamaïque. Laissez mariner au moins 1 heure, idéalement toute la nuit au frais.
Le pourquoiLe lavage acide est un rituel caribéen qui neutralise l'odeur crue de la volaille, et la marinade longue laisse le sel et les aromates pénétrer jusqu'à l'os au lieu de rester en surface.
Récupérez et réservez la marinade. Chauffez l'huile à feu vif et saisissez les morceaux de poulet sur toutes les faces jusqu'à une belle coloration dorée. Réservez.
Le pourquoiC'est cette friture dorée qui fait l'identité de la fricassée : la réaction de Maillard construit la couleur et le goût du plat, là où le brown stew s'appuie sur le browning.
Dans la même cocotte, faites revenir l'oignon, le poivron et la tomate dans les sucs de cuisson. Ajoutez un peu de browning ou de farine pour colorer et lier la future sauce.
Le pourquoiLes sucs caramélisés collés au fond sont un concentré de goût : l'eau rendue par les légumes les décolle et les dissout dans la sauce.
Remettez le poulet et sa marinade réservée, ajoutez le piment scotch bonnet entier et de l'eau à mi-hauteur. Couvrez et laissez mijoter 30 à 40 minutes à feu doux, jusqu'à ce que le poulet soit tendre et la sauce nappante.
Le pourquoiLe scotch bonnet entier et intact parfume sans enflammer : son arôme fruité migre dans la sauce tandis que la capsaïcine reste enfermée dans la chair du piment.
Retirez le scotch bonnet. Goûtez, salez et poivrez. Ajustez la texture : laissez réduire à découvert si la sauce est trop liquide, allongez-la d'un peu d'eau chaude si elle a trop épaissi.
Le pourquoiLa marinade et le mijotage ont déjà salé le plat : saler à l'aveugle en début de cuisson mène presque toujours à une sauce trop salée une fois réduite.
Servez bien chaud avec du rice and peas ou du riz blanc, une salade fraîche ou des bananes plantains frites.
Le pourquoiLe riz boit la sauce brune : c'est le duo du déjeuner dominical jamaïcain, où la sauce compte autant que le poulet.
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Le frère quasi jumeau : même poulet mariné et mijoté en sauce brune, mais le brown stew tire sa robe sombre du browning ou du sucre caramélisé dès la marinade, quand la fricassée doit sa couleur à la friture dorée et à une sauce plus tomatée. Bien des familles jamaïcaines confondent les deux noms.
Voir la recette →CousineL'autre grand poulet mijoté des Antilles : aux Antilles françaises, le poulet mariné aux aromates créoles mijote dans les épices colombo héritées des engagés indiens, là où la Jamaïque le fait dorer puis nager dans une sauce brune.
Voir la recette →CousineMême grammaire du mijoté brun jamaïcain — marinade au thym, cive et ail, saisie, sauce liée par les sucs, scotch bonnet — appliquée à la queue de bœuf au lieu du poulet.
Voir la recette →La même idée sous le drapeau trinidadien : le poulet mariné au green seasoning est caramélisé dans du sucre brûlé à la poêle avant de mijoter, une technique sœur du browning jamaïcain.
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