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Atlas Culinaire · Chine · Asie
Enveloppe feuilletée dorée, triangulaire, croustillante à la morsure — dedans, la farce parfumée au curry doux cantonais, entre pomme de terre fondante et poulet soyeux.
La première controverse du Ga Li Jiao est celle de sa farce : le camp « poulet-pommes de terre » (鸡肉马铃薯) représente la version canonique du dim sum cantonais tel qu'il est pratiqué dans les teahouses de Guangzhou et Hong Kong (documentée par Carolyn Phillips dans The Dim Sum Field Guide, Ten Speed Press 2016, p. 88-89), tandis que le camp « bœuf haché » (免治牛肉) — populaire dans les cha chaan teng hongkongaises — revendique une authenticité plus populaire et urbaine. Le chef cantonais Leung Fai-keung (梁輝強), interviewé par le South China Morning Post (https://www.scmp.com/lifestyle/food-drink/article/3196712/cantonese-curry-puffs), défend le bœuf comme marqueur d'identité des années 1950 à Hong Kong. La deuxième controverse porte sur le type de pâte : la version « orientale » (中式酥皮) utilise la technique eau-huile / pâte grasse (水油皮 + 油酥) en double couche, laminée comme un feuilleté chinois au saindoux, qui donne un feuilletage spiral caractéristique ; la version « occidentale » — adoptée dans de nombreuses boulangeries modernes — utilise de la pâte feuilletée beurre de style européen ou surgelée, jugée trop riche et trop « froide » aromatiquement par les puristes. Enfin, la cuisson divise : friture (炸, zhà) donne une croûte aérée et bulleuse, considérée par les dim sum masters comme le standard des teahouses ; cuisson au four (烤, kǎo) est adoptée par les familles pour éviter la friture, au prix d'un feuilletage moins spectaculaire. L'AHA (American Historical Association, https://www.historians.org/perspectives-article/fusion-assimilation-or-just-a-good-idea-chinese-curry-puffs-august-2023/) note que le curry puff lui-même est une hybridation de la samosa indienne, du pastel portugais et du feuilleté chinois arrivée à Canton via le commerce maritime du XVIIIe siècle.
Thé pu-erh ou thé au jasmin chaud (茉莉花茶) — les tanins dégraissent le feuilleté et la fleur de jasmin répond à la chaleur douce du curry cantonais. En version street food, chrysanthème glacé (菊花茶) ou thé au lait hongkongais (港式奶茶).
9/10 dans les teahouses cantonaises de Hong Kong et Guangzhou — l'un des dim sum les plus commandés avec le char siu bao et les har gow. Omniprésent dans les yum cha du dimanche matin (饮茶) en famille. Carolyn Phillips (The Dim Sum Field Guide, 2016) le classe parmi les 10 dim sum incontournables des teahouses cantonaises.
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Couper le blanc de poulet en petits dés de 1 cm. Mélanger dans un bol avec 5 ml de sauce soja claire, 1 g de poivre blanc et 5 g de maïzena. Laisser mariner 10 min. Parallèlement, porter une casserole d'eau salée à ébullition et faire cuire les dés de pommes de terre 8-10 min jusqu'à ce qu'ils soient tendres à la fourchette mais pas écrasés. Égoutter et réserver à part — la vapeur qui s'échappe en refroidissant réduit l'humidité résiduelle.
Chauffer 20 ml d'huile dans un wok ou poêle à feu moyen-fort. Faire revenir l'oignon haché 3-4 min jusqu'à translucidité légère. Ajouter les dés de poulet marinés et cuire en remuant 2-3 min jusqu'à coloration légère (pas besoin de cuisson complète — ils termineront en friture). Ajouter la poudre de curry et remuer vivement 30 secondes pour torréfier les épices dans la matière grasse. Incorporer les pommes de terre cuites, la sauce d'huître, le reste de sauce soja, le sucre et 30 ml d'eau. Cuire en mélangeant 2 min. Délayer la maïzena restante dans 15 ml d'eau froide et verser pour lier la farce. Remuer jusqu'à épaississement. Saler. Transvaser dans un plat et laisser refroidir complètement (minimum 30 min au réfrigérateur).
Mélanger dans un bol la farine tamisée, le sucre et le sel. Ajouter le saindoux en petits morceaux et sabler rapidement du bout des doigts jusqu'à texture de semoule grossière. Verser l'eau tiède en filet et pétrir 5-8 min jusqu'à obtenir une pâte lisse, souple et élastique qui ne colle pas aux mains. Former une boule, couvrir d'un film alimentaire et laisser reposer 30 min à température ambiante — le gluten se détend, la pâte devient plus facile à étaler sans se rétracter.
Mélanger la farine et le saindoux pommade dans un bol jusqu'à obtenir une pâte homogène, compacte et non collante. Contrairement à la pâte eau-huile, cette pâte ne contient aucune eau — elle ne doit pas être travaillée longtemps sous peine de développer du gluten. Former un boudin, envelopper dans du film alimentaire et réfrigérer 15 min pour la raffermir légèrement avant le laminage. Les deux pâtes doivent avoir une consistance similaire au moment du façonnage — sinon, la plus souple s'étale et l'autre déchire.
Diviser la pâte eau-huile en 12 portions égales (~28 g chacune) et la pâte grasse en 12 portions égales (~16 g chacune). Pour chaque pièce : abaisser une portion eau-huile en disque de 10 cm, centrer une portion grasse dessus, rabattre les bords de la pâte eau-huile pour envelopper complètement la pâte grasse en formant une boule soudée. Aplatir cette boule en rectangle de 8×15 cm, rouler en boudin serré depuis le petit côté. Tourner le boudin de 90°, abaisser de nouveau en rectangle, rouler à nouveau. Chaque roulade crée les couches spirales. Couper chaque boudin en 2 tronçons. Poser chaque tronçon à plat (coupe visible) et aplatir doucement à la paume en disque de 10 cm.
Sur chaque disque de pâte (côté lisse vers le bas), déposer 1 c.à.s. bombée de farce froide (environ 30 g) au centre. Humecter légèrement les bords avec un peu d'eau du bout du doigt. Replier le disque en demi-lune pour former un chausson. Pincer les bords fermement en les repliant en cordon (折边 zhé biān) — cette soudure doit être parfaitement hermétique pour éviter que la farce ne s'échappe dans l'huile. Replier légèrement les deux extrémités vers le haut pour former la silhouette triangulaire caractéristique. Réserver sur une plaque farinée.
Chauffer l'huile dans un wok ou une friteuse à 170°C (vérifier avec un thermomètre ou tester avec une boulette de pâte : elle doit remonter en surface en 3 secondes). Plonger les dumplings par 3-4 à la fois (ne pas surcharger — la température chuterait trop). Frire 5-7 min en retournant à mi-cuisson avec une araignée. La croûte doit être dorée uniformément, légèrement boursouflée et clairement feuilletée en surface. Égoutter sur papier absorbant. La farce doit être chaude et liée à cœur — couper un exemplaire test pour vérifier.
Égoutter les Ga Li Jiao sur grille ou papier absorbant 1-2 min. Servir immédiatement en dim sum, à la main ou à la petite pince. Idéalement chauds, ils perdent leur croustillant en refroidissant (la vapeur interne ramollit le feuilleté en 10-15 min). En teahouse, ils sont présentés dans une petite assiette de 3-4 pièces. Accompagner de thé pu-erh ou jasmin.
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