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Atlas Culinaire · Corée du Nord · Asie
Les côtes de bœuf fondantes des grandes fêtes Juche, braisées en sauce soja-sesame avec châtaignes et radis
La question de la douceur du Galbijjim oppose nettement les deux Corées. La chercheuse Cho Boo-Kyoung (조부경), dans son étude comparative publiée par le Korea Food Research Institute (KFRI) en 2009 sous le titre «북남한 갈비찜 조리법 비교연구» (Comparaison des méthodes de cuisson du Galbijjim Nord-Sud), documente que la version DPRK utilise systématiquement moins de sucre (ratio sucre/ganjang divisé par deux) et incorpore fréquemment du doenjang (pâte de soja fermentée) pour apporter une profondeur umami que la version sud-coréenne recherche plutôt par l'ajout de poire et de sirop de riz. EncyKorea (aks.ac.kr) précise que le Galbijjim est listé parmi les plats de banquet royal Joseon dans le Siuijeonseo (시의전서, fin XIXe s.), texte qui ne mentionne aucun sucre raffiné, confirmant l'antériorité d'une version plus salée-épicée que sucrée. La controverse sur l'authenticité «originelle» reste donc entière entre puristes historiques du Joseon et praticiens contemporains du Sud qui y voient un plat modifié par l'influence japonaise du sucre de canne.
Makgeolli léger (막걸리) ou thé de chrysanthème (국화차) — en DPRK, l'alcool de sorgho Pyongyang Soju accompagne les banquets officiels
Le Galbijjim est classé premier des plats de banquet des grandes fêtes nationales DPRK selon le répertoire documenté dans le Joseon Ryori Jeonjip (조선료리전집, Comité éditorial, Pyongyang, 1994). Servi obligatoirement au 태양절 (15 avril) et à la 광명성절 (16 février), il est également le plat central des tables de mariage dans toutes les provinces. EncyKorea (AKS) le rattache à la catégorie «plats de banquet royaux» (궁중 연회 음식) dont la trace remonte aux festins de la cour Joseon. En DPRK, sa présence sur la table signale le statut social de l'hôte et la solennité de l'occasion.
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Placer les côtes dans un grand saladier et couvrir d'eau froide froide. Laisser tremper 30 minutes en renouvelant l'eau une fois à mi-parcours pour éliminer le sang résiduel. Cette étape est indispensable : elle évite que la sauce brune noircisse et laisse une amertume métallique désagréable. Égoutter, rincer, puis avec un couteau pointu, pratiquer des entailles profondes jusqu'à l'os en quadrillage sur toute la surface charnue.
Porter une grande casserole d'eau à vive ébullition et y plonger les côtes égouttées pendant 5 minutes. Cette pré-cuisson coagule les protéines de surface et scelle les sucs internes tout en éliminant les dernières impuretés. Écumer abondamment la mousse grise qui remonte en surface. Égoutter et rincer immédiatement sous eau froide courante pour stopper la cuisson et raffermir la texture.
Dans un grand bol, mélanger la sauce soja, le sucre roux, le doenjang dilué dans 2 c.à.s. d'eau tiède, l'ail haché finement, le gingembre râpé, le poivre noir moulu et les graines de sesame. Fouetter jusqu'à dissolution complète du sucre. Ajouter l'huile de sesame en dernier, après le mélange des autres ingrédients, pour préserver ses arômes volatils. La sauce doit être homogène, d'un brun profond et légèrement visqueuse.
Placer les côtes blanchies et refroidies dans un récipient profond et verser la sauce de marinade. Masser vigoureusement chaque côte pour faire pénétrer la sauce dans les entailles. Couvrir d'un film alimentaire et laisser mariner au réfrigérateur au minimum 2 heures, idéalement une nuit entière pour un banquet. Retourner les côtes une fois à mi-marinade pour une imprégnation uniforme. La viande doit virer d'un brun-acajou profond.
Réhydrater les champignons shiitake séchés dans 200 ml d'eau tiède pendant 30 minutes, puis les presser et les couper en deux ou en quatre selon leur taille, en conservant précieusement l'eau de trempage. Éplucher et couper le radis en cubes de 3 cm, les carottes en biseaux épais, l'oignon en quartiers. Dans une grande cocotte à fond épais, disposer les côtes marinées, verser l'eau de trempage des shiitake complétée avec de l'eau pour atteindre 300 ml au total, puis ajouter les châtaignes, les champignons, le radis et l'oignon.
première phase — Porter la cocotte à feu vif pour obtenir une ébullition, puis couvrir hermétiquement et réduire immédiatement à feu très doux (frémissement). Laisser braiser 60 minutes sans soulever le couvercle. Après 30 minutes, vérifier discrètement le niveau de liquide : il doit rester au tiers de la hauteur des côtes ; ajouter 50 ml d'eau si nécessaire. Le collagène des os commence à se solubiliser et la sauce épaissit naturellement en gélatinisant.
Après 60 minutes, ajouter les carottes (leur cuisson trop longue les ferait se désintégrer). Poursuivre le braisage à couvert 30 minutes supplémentaires. Retirer ensuite le couvercle, augmenter le feu à moyen et laisser réduire la sauce à découvert 10-15 minutes en arrosant régulièrement les côtes à la cuillère. La sauce finale doit napper la cuillère et briller d'un brun laqué. La viande doit se détacher de l'os à la légère pression d'une baguette.
Hors du feu, arroser généreusement d'huile de sesame et parsemer de graines de sesame grillées et d'oignons verts finement hachés (partie verte). Le Galbijjim se sert dans le plat de cuisson ou dans un grand bol en céramique céladon bleu-gris, tradition des banquets Joseon. Disposer les légumes en couronne autour des côtes pour mettre en valeur les châtaignes et les shiitake. Servir immédiatement, très chaud.
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