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Atlas Culinaire · Corée du Nord · Asie
Croquantes et dorées, ces friandises de riz soufflé liées au miel incarnent la joie du premier pleine lune de l'an lunaire coréen.
La question de l'authenticité du soufflage traditionnel du riz pour le gangjong est débattue entre spécialistes de la gastronomie coréenne classique. Hwang Kyo-ik, dans son ouvrage 우리 음식의 상식을 뒤집는 역설 (ISBN 9788996417552, 2010), soutient que le gangjong originel de la période Joseon utilisait exclusivement du riz gluant séché et frit dans l'huile (튀기기), et non soufflé à la chaleur sèche comme il est courant de le voir aujourd'hui ; la technique du soufflage à la sableuse ou au tambour serait une adaptation du XXe siècle influencée par les équipements industriels japonais. En DPRK, la 조선료리전집 (Pyongyang, 1994) présente le gangjong comme une confiserie entièrement manuelle réalisée dans le foyer domestique, sans équipement industriel, ce qui rapproche la version nord-coréenne du procédé Joseon ancestral où le riz gluant est frit dans du sable chaud ou de l'huile, et non soufflé mécaniquement. Voir : encykorea.aks.ac.kr/Article/E0002101 pour la description encyclopédique officielle.
Thé d''orge torréfié (보리차, boricha) légèrement chaud — son amertume douce contrebalance la sucrosité du gangjong lors des tablées festives de Daeboreum.
Le gangjong est l'une des confiseries traditionnelles les plus attestées de la péninsule coréenne, citée dès les recueils de cuisine royale de la période Joseon. En DPRK, sa fabrication domestique lors du Daeboreum (대보름, 15e jour du 1er mois lunaire) est documentée comme pratique communautaire et familiale dans la 조선료리전집 (Pyongyang, 1994). Selon l'Encyclopédie de la culture coréenne (한국민족문화대백과사전, encykorea.aks.ac.kr/Article/E0002101), le gangjong constitue l'un des cinq confiseries rituelles (한과, hangwa) obligatoires lors des grandes cérémonies ancestrales et des fêtes de pleine lune, aux côtés du yakgwa, dasik, jeonggwa et yugwa.
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Faire tremper le riz gluant dans l'eau froide pendant 4 à 6 heures, puis égoutter et laisser sécher à l'air sur un linge propre pendant au moins 12 heures jusqu'à ce que les grains soient parfaitement secs en surface. Ce séchage complet est indispensable : un grain humide éclate de manière irrégulière et produit une texture pâteuse plutôt que légère et croquante. En DPRK, on étale traditionnellement le riz sur des claies de bambou au soleil ou près d'un ondol doux.
Faire chauffer une grande quantité de sable propre et fin dans une wok ou un faitout en fonte à feu vif jusqu'à 200-210 °C. Plonger par petites poignées le riz séché dans le sable brûlant et remuer vigoureusement avec une écumoire pendant 30 à 40 secondes jusqu'à ce que les grains gonflent et blanchissent. Retirer immédiatement et tamiser pour séparer le riz soufflé du sable ; la fenêtre de cuisson est courte et le riz brunit très vite si on dépasse 45 secondes. Réserver dans un grand bol légèrement huilé. Alternativement, frire en bain d'huile neutre à 180 °C pendant 20-25 secondes par petite fournée.
Dans une poêle sèche à feu moyen, torréfier les graines de sesame blanc pendant 3 à 4 minutes en remuant sans arrêt jusqu'à légère coloration dorée et apparition d'un arôme de noisette intense. Procéder de même avec les graines de soja grillé pendant 5 minutes jusqu'à ce que la peau commence à se détacher légèrement. Laisser refroidir complètement les deux sur une assiette avant d'incorporer : des graines chaudes feraient prématurément cristalliser le sirop lors du mélange.
Verser l'eau, le sucre roux, le miel et le sirop de riz dans une petite casserole à fond épais. Porter à feu moyen en remuant jusqu'à dissolution complète du sucre, puis cesser de remuer et laisser cuire sans toucher jusqu'à atteindre 118-125 °C (stade grand-filet à petit-boulé sur un thermomètre à sucre). À ce stade, une goutte de sirop versée dans de l'eau froide forme une boule souple mais cohésive : c'est le signal d'arrêt. Ajouter la pincée de sel et les quelques gouttes d'huile de sesame hors du feu, mélanger une fois rapidement.
Verser immédiatement le sirop chaud sur le riz soufflé, le sesame torréfié et le soja dans le grand bol. Mélanger énergiquement avec une spatule en bois ou des baguettes résistantes à la chaleur, en soulevant et rabattant la masse pour enrober uniformément chaque grain. Ajouter les pignons de pin hachés à mi-mélange. La masse doit être homogène, légèrement brillante et se tenir ensemble lorsqu'on la presse dans le poing, sans rester collée aux mains.
Verser la masse dans un cadre rectangulaire huilé ou sur une planche légèrement huilée. Recouvrir d'une feuille de papier cuisson huilée et appuyer fermement avec la paume ou un rouleau jusqu'à obtenir une épaisseur régulière d'environ 1,5 à 2 cm. Laisser refroidir 10 minutes à température ambiante, puis marquer au couteau huilé des losanges (마름모형, mareummo-hyeong) de 3 à 4 cm de côté, forme traditionnelle coréenne associée aux confiseries festives de cour. Attendre encore 15 à 20 minutes avant de détacher complètement les pièces pour ne pas les déformer.
Disposer les pièces de gangjong sur une grille ou une claie de bambou sans les superposer et laisser sécher à l'air ambiant entre 1 et 3 heures jusqu'à ce que la surface soit sèche au toucher et ne colle plus aux doigts. Ce séchage final est critique pour la durée de conservation : un gangjong encore humide en surface moisit rapidement et perd sa texture croquante en quelques jours. En DPRK, les gangjong de Daeboreum sont conservés dans des boîtes en bois laquées ou enveloppés dans du papier huilé, pouvant se garder 2 à 3 semaines dans un endroit frais et sec.
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