Chargement de l’atlas
Atlas Culinaire · La Réunion · Afrique
Le cake anti-gaspi péï, moelleux et parfumé vanille Bourbon et rhum Charrette, né des bananiers des jardins créoles.
Le vrai débat ne porte pas sur la recette elle-même — quasi universelle dans les foyers réunionnais — mais sur la variété de banane utilisée : les défenseurs du terroir péï, comme la blogueuse Caroline du site carolinel3fle.wordpress.com, insistent sur l'emploi de la banane mignonne (figue mignonne ou figue gengeli, Musa acuminata), petite, dense et sucrée, cultivée dans les jardins créoles de l'île sous les 600 m d'altitude, et dont la chair plus concentrée donne un gâteau incomparablement plus parfumé qu'avec une Cavendish industrielle importée. Les grandes surfaces réunionnaises fournissent quasi exclusivement de la Cavendish (importée des Antilles ou du Costa Rica) en dehors des étals de marchés forains, ce qui pousse nombre de ménages à réaliser la recette avec la variété neutre — au grand dam des puristes qui considèrent qu'on perd alors tout le caractère péï du gâteau. La seconde controverse concerne le rhum : la recette traditionnelle des mères et grands-mères inclut systématiquement du rhum Charrette brun (marque emblématique de l'île), mais de nombreuses versions contemporaines, notamment sur les sites métropolitains, l'omettent pour convenir aux enfants, trahissant selon les Réunionnais de souche le principe fondateur de la recette — un dessert adulte et familial à la fois, où le rhum cuisine en partie durant la cuisson. Sources : carolinel3fle.wordpress.com/la-reunion/quelques-recettes/le-gateau-a-la-banane/ ; ladyrhum.com/recettes-gateau-banane/ ; fruitsetlegumesdelareunion.re/annuaire/produit-4-banane-figue-(petite)
Ti-punch léger au rhum Charrette blanc, ou thé de Ceylan chaud pour les enfants ; excellente harmonie avec une boule de glace vanille Bourbon locale.
Le gâteau banane est, avec le gâteau patate (à la patate douce), l'un des deux gâteaux familiaux les plus identitaires de La Réunion. Présent dans quasiment tous les foyers, il constitue le goûter classique des écoliers réunionnais et le dessert du dimanche des familles créoles. Sa popularité tient à l'abondance des bananiers dans les jardins péï et au principe anti-gaspi : les bananes trop mûres non consommées fraîches finissent systématiquement en gâteau. La banane mignonne (figue mignonne ou figue gengeli, Musa acuminata), petite variété locale sucrée et dense, est la référence péï authentique, commercialisée dans les marchés forains et par l'annuaire Fruits et Légumes de La Réunion (fruitsetlegumesdelareunion.re). Note de popularité : 8/10 dans les foyers, mais moins connu à l'international que les spécialités carry ou rougail.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Épluchez les 4 bananes très mûres et déposez-les dans un bol creux. Écrasez-les grossièrement à la fourchette jusqu'à obtenir une purée avec quelques morceaux irréguliers — ceux-ci formeront de petits coeurs fondants dans le gâteau final. Versez le rhum brun et la vanille en poudre sur la pulpe, ajoutez le jus de citron vert, puis mélangez délicatement. Laissez macérer au moins 10 minutes : vous sentirez les arômes de rhum-vanille s'amplifier au contact de la banane, signe que les esters aromatiques sont libérés.
Préchauffez votre four à 180 °C en mode statique (sole + voûte), jamais en chaleur tournante qui assèche le gâteau. Beurrez généreusement un moule à cake de 24-26 cm, puis farinez-le en tapotant pour éliminer l'excès — c'est ce que les Réunionnais appellent 'chemiser'. Tapisser le fond d'un rectangle de papier cuisson facilite le démoulage sans abîmer la croûte dorée.
Dans un grand saladier, travaillez le beurre ramolli avec le sucre de canne roux au fouet ou à la spatule pendant 2 à 3 minutes : le mélange doit pâlir et prendre une consistance aérée et crémeuse, signe que des bulles d'air sont emprisonnées. Incorporez ensuite les 3 jaunes d'oeufs un à un, en fouettant 30 secondes après chaque ajout. La préparation doit être lisse, jaune pâle et légèrement mousseuse — c'est la base grasse et sucrée qui structure tout le gâteau.
Tamisez la farine avec la levure et la pincée de sel directement au-dessus du saladier. Incorporez la moitié de la farine à la spatule en effectuant des mouvements circulaires doux — évitez le fouet qui développerait trop de gluten et rendrait le gâteau élastique. Ajoutez ensuite la totalité de la pulpe de banane macérée, mélangez brièvement, puis incorporez le reste de farine. La pâte doit être épaisse, homogène et légèrement collante, avec les petits morceaux de banane visibles — c'est le signe d'un bon équilibre humidité-farine.
Dans un bol propre et sec (toute trace de gras empêche la montée), battez les 3 blancs d'oeufs avec la pincée de sel jusqu'à obtenir une neige ferme qui forme un bec d'oiseau au retrait du fouet. Incorporez d'abord un tiers des blancs en neige à la pâte à l'aide d'un fouet, sans précaution — ce premier tiers 'détend' la pâte et la rend plus facile à travailler. Puis incorporez les deux tiers restants à la spatule souple en effectuant des gestes amples de bas en haut, en soulevant la masse plutôt qu'en tournant, afin de ne pas casser les bulles d'air qui vont gonfler le gâteau à la cuisson.
Versez la pâte dans le moule chemisé et lissez légèrement le dessus à la spatule humide. Glissez le moule au tiers inférieur du four préchauffé à 180 °C. Après 35 à 40 minutes de cuisson, vérifiez la cuisson en plongeant la lame d'un couteau au centre : elle doit ressortir sèche avec quelques miettes légères. Si la surface dore trop vite, couvrez d'un carré de papier aluminium sans l'appuyer. La croûte dorée et le parfum intense de banane-rhum-vanille qui se dégage sont les repères sensoriels infaillibles d'un gâteau réussi.
À la sortie du four, laissez reposer le gâteau dans son moule pendant 10 minutes — la chaleur résiduelle termine la cuisson du coeur et consolide la structure. Retournez ensuite le moule sur une grille et laissez refroidir complètement 30 minutes minimum avant de trancher : couper chaud écrase la mie encore trop tendre et fait sortir tout l'arôme prisonnié dans la vapeur interne. Le gâteau banane réunionnais se déguste à température ambiante, éventuellement réchauffé 30 secondes au micro-ondes, accompagné d'une boule de glace vanille Bourbon ou d'un filet de coulis de fruits de la passion.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.