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Atlas Culinaire · Belgique · Europe
Le waterzooi d'origine, celui d'avant le poulet : les poissons de l'Escaut et de la Lys, une julienne de lĂ©gumes et une liaison crĂšme et jaunes d'Ćufs
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Rincez longuement les arĂȘtes et parures Ă l'eau glacĂ©e jusqu'Ă ce que l'eau ressorte claire. Mettez-les dans une casserole avec l'oignon Ă©mincĂ©, mouillez de vin blanc et d'un litre et demi d'eau froide, et montez tout doucement. DĂšs le premier frĂ©missement, Ă©cumez et maintenez vingt minutes sans jamais bouillir. Passez au chinois fin sans presser. Vous devez obtenir un bouillon limpide, pĂąle, au parfum de riviĂšre et de poireau.
Taillez poireaux, cĂ©leri-rave, carottes et cĂ©leri branche en julienne rĂ©guliĂšre de quatre centimĂštres. La rĂ©gularitĂ© n'est pas une coquetterie : c'est ce qui permet Ă tous les lĂ©gumes d'ĂȘtre cuits en mĂȘme temps. Faites-les suer au beurre, Ă feu doux, sans la moindre coloration : ils doivent devenir souples et translucides tout en gardant leur couleur franche. Salez lĂ©gĂšrement pour les faire rendre leur eau.
Mouillez la julienne avec le fumet chaud, à hauteur, et laissez frémir dix minutes à découvert. Les légumes finissent de s'attendrir et le bouillon prend leur parfum. C'est ici que le waterzooi devient waterzooi : un bouillon de légumes clair et parfumé, dans lequel le poisson n'entrera qu'à la toute fin. Goûtez et rectifiez le sel maintenant, avant la liaison.
Réduisez le feu jusqu'à ce que le bouillon frémisse à peine, en dessous de l'ébullition. Plongez d'abord les tronçons d'anguille, les plus longs à cuire, et comptez huit minutes ; ajoutez le brochet ou la carpe pour cinq minutes ; terminez par le sandre ou la perche, trois minutes à peine. Retirez chaque poisson à l'écumoire dÚs qu'il est cuit et réservez-le au chaud, à couvert, dans une louche de bouillon.
Retirez la casserole du feu â vraiment du feu, pas sur un coin de plaque. Dans un bol, fouettez les jaunes d'Ćufs avec la crĂšme jusqu'Ă obtenir un mĂ©lange homogĂšne et lĂ©gĂšrement mousseux. DĂ©tendez-le d'abord avec deux louches de bouillon chaud versĂ©es en filet, sans cesser de fouetter : c'est le tempĂ©rage, il Ă©vite le choc thermique. Reversez alors le tout dans la casserole en remuant.
Remettez la casserole sur le plus petit feu possible et remuez sans arrĂȘt Ă la spatule, en dessinant des huit au fond. La sauce va Ă©paissir en deux Ă trois minutes et napper la spatule. Ne la quittez pas des yeux : la limite est 82 °C, au-delĂ les jaunes coagulent. DĂšs qu'elle nappe, retirez du feu et ajoutez le jus de citron, qui rĂ©veille la crĂšme et empĂȘche la sauce de paraĂźtre lourde.
Répartissez la julienne et le bouillon lié dans des assiettes creuses bien chaudes, puis déposez délicatement les morceaux de poisson réservés par-dessus, en montrant chaque espÚce. Le waterzooi ne se mélange pas au dernier moment : on le compose, pour que l'anguille, le sandre et le brochet restent identifiables. Parsemez généreusement de cerfeuil et de persil ciselés.
Les pommes de terre Ă chair ferme, cuites Ă la vapeur et simplement beurrĂ©es, arrivent dans un plat Ă part, jamais dans l'assiette : chacun les Ă©crase lui-mĂȘme dans le bouillon liĂ©, Ă la fourchette, selon son goĂ»t. C'est le geste gantois. Le pain n'a rien Ă faire sur cette table â la pomme de terre est l'accompagnement historique du waterzooi.
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