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Atlas Culinaire · Irak · Asie
Riz mijoté dans le yaourt, plat ancestral assyrien nappé de beurre clarifié, jadis fait à l'orge
Kathryn Pauline (cardamomandtea) et Hilda Sterner s'accordent sur un point qui dĂ©route le palais occidental : le girdoo (ou gurdthu) est un riz cuit DANS le yaourt, savoureux et non sucrĂ© â Ă ne pas confondre avec la booshala dĂ©jĂ au catalogue, qui est une soupe de yaourt aux blettes, plus liquide et herbacĂ©e. Le dĂ©saccord porte sur la liaison : Pauline monte un oeuf battu dans le yaourt pour l'empĂȘcher de trancher, lĂ oĂč Sterner mise sur l'acide citrique et un feu trĂšs doux. Reste la garniture : beurre clarifiĂ© pour tous, mais les anciens de Ninive ajoutaient marc de cafĂ©, mĂ©lasse de dattes ou tahini, vestige d'une version Ă l'orge antĂ©rieure au riz.
Servi seul en plat réconfortant ; une mélasse de dattes en filet pour la version douce, un thé noir à cÎté
Plat humble et ancien de la cuisine assyrienne, considéré comme un repas complet à lui seul et servi en réconfort familial ; à l'origine préparé à l'orge avant l'adoption du riz.
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Liaison â Fouetter la base â Fouette le yaourt, l'eau, le sel et l'acide citrique dans une cocotte jusqu'Ă obtenir un liquide crĂ©meux et homogĂšne. Cette dilution mesurĂ©e est le secret d'un yaourt qui ne tranchera pas : trop Ă©pais, il coagule ; trop liquide, le girdoo reste soupe. Tu vises la texture d'une crĂšme Ă peine coulante.
Le pourquoiL'acidité et la dilution stabilisent les protéines du yaourt.
Riz â Rincer et incorporer le riz â Rince le riz Ă l'eau claire jusqu'Ă ce qu'elle sorte limpide, puis Ă©goutte-le et verse-le dans la base au yaourt. Le rinçage retire l'amidon de surface qui rendrait le plat pĂąteux au lieu de crĂ©meux. Le riz doit ĂȘtre bien rĂ©parti avant d'allumer le feu.
Le pourquoiLe rinçage évite l'empois et garde des grains distincts.
MontĂ©e â Chauffer en remuant â Porte doucement Ă la limite du frĂ©missement en remuant rĂ©guliĂšrement, puis baisse au minimum. Le geste constant empĂȘche le yaourt d'attacher au fond et de trancher pendant la montĂ©e en tempĂ©rature. C'est ici que tout se joue : ne quitte pas la casserole des yeux.
Le pourquoiUn chauffage progressif et remué protÚge l'émulsion yaourt-eau.
Mijotage â Cuire Ă couvert au minimum â Couvre et laisse cuire Ă feu trĂšs doux environ 20 minutes, en remuant une fois Ă mi-parcours. Le riz absorbe le yaourt et l'ensemble Ă©paissit en une bouillie crĂ©meuse et nacrĂ©e. Ajoute un peu d'eau si tu la veux plus fluide, la texture est affaire de goĂ»t familial.
Le pourquoiLa cuisson lente gonfle le riz et lie le tout sans casser le yaourt.
Beurre â Clarifier le beurre â Pendant ce temps, fais fondre le beurre Ă part, Ă©cume la mousse blanche et laisse les solides se dĂ©poser. Le beurre clarifiĂ©, dorĂ© et parfumĂ©, est la couronne obligĂ©e du girdoo â sans lui, le plat reste austĂšre. Ce geste ancestral relie le girdoo au ghee des cuisines de la rĂ©gion.
Le pourquoiLe beurre clarifié apporte rondeur et parfum de noisette.
Dressage â Napper et servir â RĂ©partis le girdoo dans les bols et nappe chacun de beurre clarifiĂ© chaud ; ajoute un filet de mĂ©lasse de dattes pour la version douce. Sers immĂ©diatement, car il Ă©paissit en refroidissant â c'est un plat qui se mange chaud, en cuillĂšre. Pauline le dĂ©crit comme « ni sucrĂ© ni salĂ© », un entre-deux qui dĂ©route puis fidĂ©lise.
Le pourquoiLe contraste chaud du beurre sur le riz crémeux fait tout le plat.
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Sourcer ou se taire
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