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Atlas Culinaire · Nicaragua · Amériques
La tendresse mĂȘme du maĂŻs : les chilotes â ces Ă©pis bĂ©bĂ©s cueillis avant que le grain ne se forme â mijotĂ©s dans un lait crĂ©meux teintĂ© d'achiote et liĂ© au riz moulu, servis sous une pluie de queso avec riz blanc et maduro.
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DĂ©shabillez les chilotes de leurs feuilles fines et de leurs soies â le petit Ă©pi nacrĂ©, long comme un doigt, doit ĂȘtre intact et souple. Coupez les plus grands en deux tronçons, gardez les petits entiers. Plongez-les dans une casserole d'eau bouillante salĂ©e et laissez cuire une quinzaine de minutes : ils doivent devenir tendres tout en gardant une pointe de croquant â c'est le lĂ©gume entier qu'on croque, cĆur compris, toute la grĂące du chilote est lĂ . Ăgouttez et rĂ©servez. L'eau de cuisson, parfumĂ©e, peut dĂ©tendre le guiso plus tard si besoin.
Faites tremper le riz vingt minutes dans l'eau tiĂšde â le grain s'assouplit et se moudra net. Ăgouttez-le et mixez-le au blender avec un grand verre de lait, l'ail et l'achiote, jusqu'Ă obtenir la « mezcla pastosa » des fiches natives : une crĂšme Ă©paisse, orangĂ©e, lĂ©gĂšrement granuleuse, qui sent l'ail doux. Ce riz moulu est LE geste du guiso nica â il liera le lait en veloutĂ© sans farine ni maĂŻzena, en apportant sa propre douceur cĂ©rĂ©aliĂšre qui rĂ©pond au maĂŻs. RĂ©servez.
Dans une cocotte, faites fondre le beurre et revenez l'oignon, la chiltoma et les tomates jusqu'Ă ce que tout fonde en compotĂ©e parfumĂ©e. Versez le reste du lait, chauffez sans bouillir, puis incorporez la mezcla de riz en remuant constamment. Le guiso va Ă©paissir en quelques minutes de frĂ©missement doux â ne le quittez pas, le fond accroche vite. Ajoutez la crema, salez, poivrez. Vous cherchez un veloutĂ© orangĂ© et nappant, ni soupe ni bouillie. GoĂ»tez : le lait doux, l'achiote terreux, le sofrito en fond â il ne manque que les chilotes.
Ajoutez les chilotes blanchis dans le veloutĂ© et laissez-les mijoter cinq Ă dix minutes Ă feu doux, le temps qu'ils s'imprĂšgnent et que le guiso atteigne sa consistance « Ă©paisse et juteuse » documentĂ©e. Remuez doucement pour ne pas casser les Ă©pis. Rectifiez sel et poivre. Le guiso fini est un ragoĂ»t crĂ©meux orangĂ© oĂč les chilotes nacrĂ©s pointent comme des doigts â l'odeur mĂȘle lait chaud, maĂŻs doux et achiote. S'il Ă©paissit trop, dĂ©tendez d'un trait de lait ou d'eau de blanchiment ; s'il est trop fluide, deux minutes de frĂ©missement doux de plus.
Servez le guiso bien chaud dans des assiettes creuses, saupoudrĂ© gĂ©nĂ©reusement de queso seco rĂąpĂ© qui fond Ă demi en surface, avec, Ă la mode documentĂ©e, du riz blanc et une tranche de plĂĄtano maduro cuit â le sucrĂ© du maduro contre le crĂ©meux salĂ© du guiso est un accord de cantine familiale qui ne se discute pas. C'est un plat de primera et de Cuaresma, vĂ©gĂ©tarien depuis toujours sans jamais s'en vanter, qui se mange Ă la cuillĂšre en Ă©crasant un chilote de temps en temps dans le veloutĂ©. Le lendemain, dĂ©tendu d'un trait de lait, il est encore meilleur.
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