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Atlas Culinaire · Afrique du Sud · Afrique
Sugar beans et courge fondante mijotés en une masse douce, sans samp, à la mode des cuisines rurales du KwaZulu-Natal
L'appellation isigwaqane est revendiquĂ©e par deux Ă©coles qui ne cuisinent pas la mĂȘme chose. Pour des autrices populaires comme Mogau Seshoene, dite The Lazy Makoti, l'isigwaqane est strictement un mĂ©lange de farine de maĂŻs et de sugar beans, sans courge, Ă mi-chemin du pap. Mais dans les foyers ruraux zoulous, sous les noms voisins d'isijabane ou d'umbhushu, on lie les haricots non pas avec le maĂŻs mais avec une courge ou un potiron (ithanga) qui fond et sucre naturellement la masse, et c'est cette version haricots plus courge sans samp que documente cette fiche, Ă ne pas confondre avec l'umngqusho qui repose lui sur le samp (maĂŻs pilĂ©). Le point le plus tranchĂ© reste le trempage des haricots, qui en pays zoulou se fait toute une nuit pour atteindre la texture crĂ©meuse dĂ©crite par les sources, le sel n'Ă©tant ajoutĂ© qu'en toute fin de cuisson pour ne pas durcir la peau des graines (voir sources adossĂ©es africanfoodmap.com et nkenne.com).
Sert d'accompagnement Ă un ragoĂ»t de bĆuf ou d'agneau, ou se mange seul avec de l'amasi (lait caillĂ© zoulou)
7/10 â Plat domestique trĂšs rĂ©pandu dans les foyers ruraux zoulous du KwaZulu-Natal, cĂ©lĂ©brĂ© par des cheffes populaires comme The Lazy Makoti comme un classique rassasiant qui tient au corps ; la variante Ă la courge reste surtout familiale et moins mĂ©diatisĂ©e que la version maĂŻs-haricots.
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PrĂ©paration â Tremper les haricots la veille â La veille au soir, rincez les sugar beans et couvrez-les largement d'eau froide pour une nuit entiĂšre de trempage. Ce geste lent rĂ©hydrate la graine en profondeur, raccourcit la cuisson et garantit la texture crĂ©meuse qui dĂ©finit le plat dans les foyers du KwaZulu-Natal. Au matin, l'eau de trempage est trouble et les haricots ont gonflĂ© d'un bon tiers : jetez cette eau et rincez Ă l'eau claire.
Le pourquoiLe trempage hydrate l'amidon et ramollit la peau, ce qui permet aux graines de devenir fondantes sans éclater.
Cuisson â Cuire les haricots Ă frĂ©missement â Mettez les haricots Ă©gouttĂ©s dans une marmite Ă fond Ă©pais, couvrez de 1,5 litre d'eau froide et portez Ă frĂ©missement doux sans aucun sel. Laissez cuire Ă dĂ©couvert puis Ă demi-couvert pendant environ une heure et demie, en Ă©cumant la mousse au dĂ©but et en rajoutant un peu d'eau chaude si le niveau baisse trop. Les haricots sont prĂȘts pour la suite quand ils s'Ă©crasent sans rĂ©sistance entre deux doigts.
Le pourquoiUne cuisson longue et douce attendrit les légumineuses sans les déliter prématurément.
Cuisson â Ajouter la courge â Incorporez les gros cubes de courge aux haricots devenus tendres et poursuivez la cuisson Ă couvert. La courge va rendre son eau, s'effondrer et libĂ©rer ses sucres naturels qui parfument et adoucissent l'ensemble. Au bout d'une demi-heure, la chair de courge se dĂ©fait Ă la cuillĂšre et se mĂȘle aux haricots.
Le pourquoiLa courge apporte le liant et la douceur qui remplacent ici le samp de l'umngqusho.
Assemblage â Lier la masse â Quand courge et haricots sont fondants, Ă©crasez grossiĂšrement une partie du mĂ©lange contre la paroi de la marmite avec le dos d'une cuillĂšre en bois. Le but est d'obtenir une masse Ă©paisse et liĂ©e, ni soupe ni purĂ©e, oĂč l'on devine encore des haricots entiers. Remuez doucement pour rĂ©partir la courge Ă©crasĂ©e dans tout le plat.
Le pourquoiL'écrasement partiel libÚre l'amidon qui épaissit et lie sans mixeur.
Assaisonnement â Saler et beurrer â C'est seulement maintenant, les haricots dĂ©jĂ fondants, que vous salez Ă votre goĂ»t et, si vous le souhaitez, incorporez le beurre hors du feu pour le fondant. GoĂ»tez la douceur : si la courge Ă©tait fade, une cuillĂšre Ă cafĂ© de sucre suffit Ă retrouver le profil sucrĂ© attendu. Rectifiez par petites touches, le plat doit rester doux et rĂ©confortant.
Le pourquoiSaler en fin de cuisson assaisonne sans avoir durci les graines.
Repos â Laisser reposer â Coupez le feu et laissez reposer la marmite couverte une dizaine de minutes avant de servir. Le repos laisse la masse se raffermir et les saveurs se fondre. Le plat Ă©paissit encore lĂ©gĂšrement et se tient mieux Ă la cuillĂšre.
Le pourquoiLe repos homogénéise la texture et permet à l'amidon de finir de gélifier.
Service â Dresser â Servez l'isigwaqane chaud, en accompagnement d'un ragoĂ»t de viande ou seul avec une louche d'amasi (lait caillĂ© zoulou) Ă cĂŽtĂ©. Dans la tradition du KwaZulu-Natal, on partage le plat depuis une mĂȘme marmite, geste d'ubuntu et de convivialitĂ©. PrĂ©sentez en dĂŽme gĂ©nĂ©reux dans un plat creux.
Le pourquoiLe plat est conçu comme une base rassasiante autour de laquelle s'organise le repas familial.
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