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La marmite d'hiver du Cap-Oriental, oĂč le samp s'effiloche dans un bouillon de haricots et de moelle
La frontiÚre entre isophu et umngqusho divise les cuisiniÚres du Cap-Oriental. L'autrice du blog SA Garden and Home tranche : l'umngqusho est un plat sec et compact de samp et de sugar beans (le favori de Nelson Mandela, selon Wikipedia), tandis que l'isophu yeembotyi est franchement une soupe, plus liquide, allongée de bouillon et garnie de légumes-racines pour nourrir une famille plusieurs jours. Le débat porte aussi sur la garniture protéique : les puristes ruraux ajoutent un os à moelle ou un jarret pour donner du corps au bouillon, quand les versions urbaines pressées se rabattent sur un sachet de soup mix industriel (pois cassés, orge, lentilles) et un cube Knorrox, ce que les anciens jugent dénaturé. La présence ou non de pois cassés aux cÎtés des haricots reste enfin une affaire de ménage : certains foyers mélangent embotyi (haricots) et pois cassés, d'autres s'en tiennent au seul haricot sugar bean.
Pain umbhako (pain de maĂŻs cuit en cocotte) ou dombolo vapeur, et un verre de mageu frais
7/10 â isophu yeembotyi est, selon Red Properties, un pilier des foyers ruraux isiXhosa du Cap-Oriental, cuit dans de grandes marmites en fonte sur feu de bois pour nourrir une famille plusieurs jours.
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Trempage â Faire tremper samp et haricots â Rincez le samp, les sugar beans et les pois cassĂ©s, puis couvrez-les largement d'eau froide lĂ©gĂšrement salĂ©e et laissez tremper 8 h ou toute une nuit. Le lendemain, jetez l'eau de trempage et rincez de nouveau. Cette Ă©tape n'est pas nĂ©gociable pour une cuisson rĂ©ussie : un samp non trempĂ© reste dur mĂȘme aprĂšs trois heures.
Le pourquoiLe samp est un grain dense qui met des heures à se réhydrater ; le trempage casse l'amidon et raccourcit la cuisson, tandis que jeter l'eau élimine les sucres fermentescibles responsables des ballonnements.
Cuisson de base â Cuire samp et haricots â Mettez le samp et les haricots Ă©gouttĂ©s dans une grande marmite, couvrez d'eau froide et portez Ă frĂ©missement. Laissez mijoter Ă dĂ©couvert environ 1 h 15, en Ă©cumant et en rajoutant de l'eau chaude si besoin, jusqu'Ă ce que les grains commencent Ă s'ouvrir. Ne salez surtout pas Ă ce stade.
Le pourquoiLe samp et le haricot n'ont pas le mĂȘme temps de cuisson de base ; les dĂ©marrer ensemble Ă l'eau froide leur permet de monter en tempĂ©rature en douceur et de cuire de concert.
Bouillon â Saisir l'os Ă moelle et lancer le bouillon â Dans une seconde marmite, faites colorer l'os Ă moelle ou le jarret dans un filet d'huile pendant une dizaine de minutes sur toutes ses faces. Mouillez avec le bouillon de bĆuf, ajoutez le laurier et le thym, et laissez frĂ©mir. C'est ce fond qui distingue l'isophu de l'umngqusho sec.
Le pourquoiLa moelle libÚre une gélatine et un gras qui enrobent la soupe et lui donnent une rondeur impossible à obtenir avec de l'eau seule ; la saisie développe les arÎmes par réaction de Maillard.
Aromates â Faire suer oignon, ail et Ă©pices â Faites suer l'oignon Ă©mincĂ© dans un peu d'huile jusqu'Ă ce qu'il soit translucide, puis ajoutez l'ail et le curry doux et laissez chanter une minute. Incorporez la tomate rĂąpĂ©e et laissez compoter briĂšvement. Cette base aromatique parfume tout le bouillon.
Le pourquoiSuer l'oignon adoucit son soufre et libÚre ses sucres ; faire revenir les épices dans le gras les rend solubles et diffuse leur parfum dans tout le liquide plutÎt que de laisser un goût poudreux.
Assemblage â RĂ©unir tous les Ă©lĂ©ments â Versez le samp et les haricots Ă©gouttĂ©s dans la marmite du bouillon Ă l'os, puis ajoutez la base d'oignon-tomate, les carottes et la pomme de terre en dĂ©s. ComplĂ©tez avec du bouillon pour garder une consistance franchement liquide de soupe. MĂ©langez sans casser les grains.
Le pourquoiRéunir les éléments maintenant laisse aux légumes le temps de fondre dans le bouillon déjà aromatisé et aux saveurs de se marier sur la durée.
Mijotage long â Mijoter Ă feu doux â Couvrez Ă demi et laissez mijoter doucement environ une heure, en remuant de temps en temps pour Ă©viter que le fond n'attache. Ajoutez le laurier et le thym Ă mi-cuisson si ce n'est pas dĂ©jĂ fait. La soupe doit s'Ă©paissir et embaumer toute la cuisine.
Le pourquoiLe mijotage prolongé achÚve d'attendrir samp et haricots, fait fondre la pomme de terre qui épaissit naturellement le bouillon et permet aux arÎmes de se concentrer.
Liaison et finition â Ăcraser et assaisonner â PrĂ©levez une louche de haricots et de pomme de terre, Ă©crasez-les Ă la fourchette puis rĂ©incorporez-les pour crĂ©mer la soupe sans farine. Salez et poivrez maintenant, goĂ»tez et rectifiez. RĂ©cupĂ©rez la moelle de l'os et remettez-la dans la marmite.
Le pourquoiĂcraser une partie des fĂ©culents libĂšre de l'amidon qui lie le bouillon ; saler en fin de cuisson assaisonne sans avoir durci les haricots en cours de route.
Service â Servir bien chaud â Servez l'isophu fumante dans des bols creux, accompagnĂ©e de tranches d'umbhako ou de dombolo vapeur pour saucer. Elle est encore meilleure le lendemain, une fois les saveurs reposĂ©es. C'est le plat-doudou des soirĂ©es d'hiver du Cap-Oriental.
Le pourquoiLe repos laisse l'amidon et la gélatine se restructurer, ce qui rend la soupe plus liée et plus parfumée le jour suivant.
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Sourcer ou se taire
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