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Atlas Culinaire · Mexique · Tabasco & Sud-Est
Boulettes de masa au saindoux pochées dans un bouillon de haricot noir colado, antojito maya
Le premier débat est orthographique et étymologique : « joroches » ou « joloches » ? Le mot vient du maya yucatèque (« joroch », la boulette de masa), mais « joloche » désigne par ailleurs la feuille/spathe de maïs — d'où une confusion fréquente, certaines versions étant justement enveloppées en feuille de maïs et cuites à la vapeur comme des tamales, tandis que la version la plus répandue poche des boulettes nues dans le bouillon de haricot. Deuxième débat, farci ou creux : le Diccionario Enciclopédico de la Gastronomía Mexicana note que les joroches sont souvent creux (pour bien cuire) mais aussi fréquemment farcis d'œuf, de longaniza ou de fleur de courge — et à Campeche, la signature locale est la farce au cazón guisado, qui rapproche le plat du pan de cazón. Enfin l'appartenance : c'est un antojito péninsulaire partagé Campeche/Yucatán plus qu'un plat strictement campechano ; Campeche le revendique par sa variante au requin, le Yucatán par sa version chaya/frijol — les deux sont authentiques.
Bière légère péninsulaire ; un plat humble qui n'appelle pas un grand vin. — Agua de Jamaica ou de chaya, acidulée, qui allège le frijol et la masa.
Antojito de cuisine maya familiale (comida casera) dans toute la péninsule ; à Campeche, on le mange en version au cazón, frugal et nourrissant.
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Cuire les haricots noirs avec oignon, ail, épazote et sel jusqu'à tendreté. Réserver une partie entière et écraser/filtrer le reste pour obtenir un frijol colado légèrement épais. Conserver tout le bouillon : il pochera les boulettes.
Pétrir la masa avec le saindoux, le sel, la levure et la chaya hachée jusqu'à une pâte souple et homogène. Si elle craquelle, ajouter un peu d'eau tiède ; si elle colle, un peu de masa harina. Elle doit former des boules sans se fendre.
Façonner des boulettes de la taille d'une noix, puis les aplatir légèrement entre les paumes en petites gorditas épaisses. Pour la version farcie, creuser un puits, garnir de cazón guisado (ou œuf/longaniza) et refermer hermétiquement.
Rôtir puis mixer tomates, oignon et ail, et faire revenir cette salsa dans un filet d'huile jusqu'à ce qu'elle épaississe et fonce. Saler. Elle nappera les joroches au moment de servir.
Porter le bouillon de haricot (avec les haricots entiers) à frémissement doux et y déposer les joroches. Les pocher à découvert environ 25 minutes, sans bouillir fort, jusqu'à ce que la masa soit cuite à cœur et que les boulettes remontent.
Couper une boulette témoin : la masa doit être cuite, ferme et non crue/pâteuse au centre. Le bouillon, lui, s'épaissit avec l'amidon relâché par les joroches et devient un caldo de frijol nappant.
Servir les joroches dans leur bouillon de haricot, généreusement nappés de salsa frita. Garnir d'oignon émincé, d'épazote et d'un trait de citron vert. À Campeche, on accentue avec le cazón guisado ; ailleurs on les sert nature, en plat réconfortant.
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