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Atlas Culinaire · Irak · Asie
Le grand feuilleté levé des chrétiens de Ninive, fourré d'un roux beurre-farine torréfié et marqué d'une croix
Hilda Sterner (hildaskitchenblog, autrice assyrienne) insiste : le kadeh n'est PAS la kleicha déjà au catalogue (le biscuit aux dattes), mais un grand feuilleté levé fourré d'un roux beurre-farine longuement torréfié, cousin du nazook arménien. La ligne de fracture communautaire porte sur la croix incisée au centre de la pâte : Sterner rappelle qu'elle servait aux Assyriens à afficher leur foi chrétienne pendant les persécutions du génocide de 1915. Reste le débat sucré/salé — à Ninive on torréfie le roux sans sucre pour le thé, tandis que la diaspora ajoute 2 c.à.s de sucre, ce qui rapproche le kadeh de la pâtisserie et brouille sa frontière avec la kleicha.
Thé noir assyrien (chai) très infusé, sans lait ; en version sucrée, un café de cardamome
Pièce maîtresse des fêtes assyro-chaldéennes (Noël, Pâques), le kadeh se prépare en grandes quantités et se partage avec le thé lors des visites ; sa croix incisée en fait un marqueur identitaire chrétien autant qu'une pâtisserie.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Levain — Réveiller la levure — Délaye la levure et 1 c.à.c. de sucre dans l'eau tiède et laisse mousser 10 minutes. Le geste paraît trivial mais il conditionne toute la texture : une levure morte donne un kadeh dense au lieu d'un feuilleté aéré. Tu cherches une écume beige et une odeur de pain — sans elle, l'eau était trop chaude et il faut recommencer.
Le pourquoiL'activation préalable garantit une pousse fiable malgré la richesse de la pâte en beurre.
Pétrissage — Pétrir et marquer la croix — Mélange farine, sucre, sel, beurre fondu, huile, yaourt et oeuf avec le levain, puis pétris jusqu'à une pâte souple et homogène. Ce n'est pas un pain : la richesse en corps gras rend la pâte satinée plutôt qu'élastique, ne la travaille pas trop. Trace une croix au couteau au centre — le geste identitaire des grand-mères de Ninive — couvre et laisse pousser 1 heure au chaud.
Le pourquoiLe yaourt acidifie et attendrit la mie ; la croix est le sceau chrétien du plat.
Farce — Torréfier le roux — Fais fondre le beurre avec l'huile, ajoute la farine, le sel (et le sucre si version sucrée) et remue sans relâche à feu moyen une trentaine de minutes. Le roux passe du blanc au blond puis prend la couleur ET l'odeur du beurre de cacahuète : c'est LE repère de Hilda Sterner. Ne le lâche pas des yeux la dernière minute, la bascule vers le brûlé est brutale.
Le pourquoiLa torréfaction cuit le goût cru de la farine et développe l'arôme de noisette signature.
Refroidissement — Laisser tiédir le roux — Débarrasse le roux dans un plat froid et laisse-le refroidir totalement, jusqu'à ce qu'il fige en une pâte malléable. C'est l'étape que tout le monde bâcle : un roux chaud fera fondre le beurre de la pâte et transformera ton feuilleté en galette grasse. Patiente — il doit être à température ambiante, presque friable sous le doigt.
Le pourquoiUn fourrage froid garde les couches de pâte distinctes à la cuisson.
Façonnage — Étaler, fourrer, plier — Divise la pâte en deux, abaisse chaque moitié en grand disque, étale le roux sur une moitié en laissant 1 cm de bord, puis replie et soude en tressant ou pinçant le pourtour. Le disque doit être fin mais pas transparent : trop épais, la mie reste crue au centre ; trop fin, le roux perce. Pique la surface à la fourchette pour laisser la vapeur s'échapper.
Le pourquoiLe bord soudé emprisonne le fourrage ; les piqûres évitent les cloques.
Dorure — Dorer et parsemer — Badigeonne toute la surface d'oeuf battu sucré et parsème de graines de sésame. La dorure donne le hâle brun brillant du kadeh de fête, celui qu'on pose au centre de la table de Noël chaldéenne. Sois généreux dans les recoins de la tresse, ce sont eux qui brilleront le plus.
Le pourquoiLe sucre de la dorure accélère la coloration de Maillard.
Cuisson — Cuire et servir en tranches — Enfourne à 190°C environ 30 minutes jusqu'à une belle robe dorée. Laisse tiédir avant de trancher : chaud, le roux est coulant, il se tient une fois posé. Sers en parts épaisses avec un thé noir corsé — c'est le geste d'accueil des maisons assyriennes.
Le pourquoiLe repos stabilise le fourrage et facilite la découpe nette.
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Sourcer ou se taire
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