Chargement de l’atlas
Atlas Culinaire · Irak · Asie
La pâtisserie feuilletée au geymar et sirop, madeleine de Chavouot bagdadie
Le kahi cristallise une double tension d'appartenance et d'authenticité. Il est revendiqué à la fois comme « petit-déjeuner national irakien », validé par Nawal Nasrallah qui a relu la recette de 196flavors, et comme patrimoine juif-irakien de Chavouot : Elana Benjamin en fait un plat de la communauté juive-indienne de Sydney, hérité de Tina Shemesh via Lisa Ezekiel, tandis que Sharon Gomperts et Rachel Sheff, des Sephardic Spice Girls, le présentent comme « synonyme de Chavouot » pour les Juifs irakiens de Los Angeles. Un débat d'authenticité oppose puristes et modernisateurs : Gomperts, Sheff et The Nosher assument publiquement de remplacer la pâte au vinaigre maison par de la pâte feuilletée industrielle et le geymar de bufflonne par un mélange ricotta et crème aigre, raccourci que les tenants de la version longue jugent dénaturant.
Thé noir irakien à la cardamome (chai) ; geymar et filet de silan ; servir brûlant au sortir de la poêle.
En Irak, c'est un petit-déjeuner de fête et de jeunes mariés ; pour les Juifs irakiens de la diaspora, c'est la madeleine de Proust de Chavouot, mais la crème de bufflonne introuvable et la recette longue la rendent fragile à transmettre.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Sirop — Préparer le sirop — Portez à ébullition le sucre, l'eau et l'acide citrique, puis laissez frémir environ huit minutes jusqu'à une consistance sirupeuse. Réservez-le pour qu'il refroidisse, car il épaissit encore en refroidissant. Un sirop trop léger ne tiendra pas sur la pâtisserie, trop cuit il cristallisera. L'acide citrique empêche justement cette cristallisation.
Le pourquoiL'acide citrique inverse une partie du sucre et évite la cristallisation.
Pâte — Pétrir et reposer la pâte — Mélangez la farine, le sel, le vinaigre et l'eau tiède en une pâte lisse, souple et à peine collante, puis couvrez et laissez reposer une heure. Le vinaigre et le repos assouplissent le gluten, ce qui rendra l'étalage ultra-fin possible. Une pâte insuffisamment reposée est impossible à étirer sans se déchirer. Elle doit devenir docile et extensible sous les doigts.
Le pourquoiLe vinaigre relâche le réseau de gluten pour un étalage extrême.
Façonnage — Diviser et étaler ultra-fin — Divisez la pâte en huit boules et travaillez sur un plan huilé au ghee, jamais fariné. Étalez chaque boule en un grand rectangle translucide, presque aussi fin qu'un filo. C'est le point le plus critique de toute la recette : trop épais, le résultat sera pâteux et lourd. On doit presque voir le plan de travail à travers la pâte.
Le pourquoiUne pâte translucide donne le feuilletage aérien caractéristique.
Feuilletage — Beurrer et plier — Badigeonnez généreusement de beurre fondu, repliez les bords vers le centre, re-beurrez, repliez en tiers et re-beurrez entre chaque couche jusqu'à un paquet de la taille d'une paume. Ce beurrage entre les plis crée les feuillets qui gonfleront à la cuisson. Sans beurre entre les couches, il n'y a tout simplement pas de feuilletage. Chaque pli emprisonne une fine couche de gras qui fera lever la pâte.
Le pourquoiLe gras intercalé sépare les couches et crée le feuilletage.
Repos — Reposer et réétaler — Laissez reposer le paquet quinze à trente minutes, puis réétalez-le doucement en un carré ou un rond. Ce second repos détend le gluten retendu par le pliage et facilite la mise en forme. Réétalez délicatement pour ne pas écraser les feuillets fraîchement formés. La pâte doit garder ses strates tout en s'aplatissant.
Le pourquoiLe repos relâche le gluten et préserve le feuilletage au réétalage.
Cuisson — Cuire jusqu'au doré — Cuisez soit à la poêle beurrée, deux minutes par face jusqu'au doré, soit au four à 175-180 °C, vingt à quarante minutes selon l'épaisseur, jusqu'à ce que la pâte gonfle et dore. Elle doit s'ouvrir en feuillets croustillants et colorés. Une cuisson insuffisante laisse un cœur pâteux et gras. Surveillez la couleur, garante du croustillant.
Le pourquoiLa chaleur vaporise l'eau du beurre et fait gonfler les feuillets.
Finition — Napper et servir — Arrosez de sirop chaud la pâtisserie encore chaude, sinon il ne pénètre pas et détrempe, puis saupoudrez de sucre glace. Servez immédiatement avec le geymar et, pour Chavouot, un filet de silan. Le kahi se mange brûlant, au sortir de la poêle ou du four, jamais tiède ni le lendemain. Ne le noyez pas de sirop : cherchez l'équilibre entre le sucré et la crème.
Le pourquoiLe sirop chaud sur pâte chaude pénètre les feuillets sans les détremper.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.