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Atlas Culinaire · Palaos · Océanie
La soupe de taro au poisson fumĂ© et potiron â cousine du Demok, Ăąme des villages de l'intĂ©rieur
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Placer le poisson fumĂ© (tĂȘte entiĂšre ou morceaux) dans 1,5 L d'eau froide. Porter lentement Ă Ă©bullition sur feu moyen, puis laisser frĂ©mir 20 minutes Ă couvert. L'eau change progressivement de couleur : elle passe du transparent au dorĂ© ambrĂ©, portant l'empreinte fumĂ©e du poisson. Retirer le poisson, effilocher la chair rĂ©cupĂ©rable et rĂ©server les arĂȘtes/tĂȘte pour infusion prolongĂ©e si souhaitĂ©. Filtrer le bouillon Ă travers une passoire fine. La cible : un bouillon dorĂ©, aromatique, avec une odeur nette de poisson fumĂ© â pas de goĂ»t amer. Si l'odeur est trop forte (poisson trop salĂ©), diluer avec 200 ml d'eau supplĂ©mentaire.
Dans le bouillon de poisson chaud, ajouter les feuilles de taro lavées et grossiÚrement cisaillées (en morceaux de 5 cm). Porter à ébullition franche puis baisser à frémissement régulier. Laisser cuire 45 à 60 minutes sans couvercle : la vapeur emporte une partie des oxalates. Remuer toutes les 10 minutes. La progression est visible : les feuilles d'abord vert vif deviennent vert kaki, puis vert olive, enfin vert-brun profond et soyeux. Goûter un fragment de feuille aprÚs 40 minutes : s'il ne gratte pas la langue, les oxalates sont neutralisés. S'il gratte encore, prolonger 10 minutes.
Ă mi-cuisson des feuilles de taro (aprĂšs 25-30 min), ajouter les cubes de potiron, l'oignon Ă©mincĂ©, le gingembre et l'ail. Le potiron cuit plus vite que le taro et doit rester lĂ©gĂšrement ferme pour ne pas se dissoudre entiĂšrement dans la soupe. Remuer dĂ©licatement â le potiron est fragile. AprĂšs 20 minutes de cuisson commune, le potiron doit se transpercer facilement Ă la pointe d'un couteau mais conserver sa forme. Son amidon Ă©paissit naturellement le bouillon. Odeur : fumĂ©e, lĂ©gĂšrement sucrĂ©e-vĂ©gĂ©tale.
Ajouter la chair de poisson fumĂ© effilochĂ©e (rĂ©servĂ©e Ă l'Ă©tape 1) dans la marmite. MĂ©langer dĂ©licatement et laisser rĂ©chauffer 5 minutes. La chair de poisson fumĂ© se dĂ©fait en fins flocons dorĂ©s qui se rĂ©partissent dans la soupe. L'odeur change encore â plus riche, plus profonde, umami prononcĂ©. Rectifier l'assaisonnement en sel avec prudence â le poisson fumĂ© est dĂ©jĂ salĂ©. La soupe est maintenant dense, Ă©paisse, parfumĂ©e.
Verser les 300 ml de lait de coco Ă©pais dans la soupe chaude sur feu doux. MĂ©langer dĂ©licatement et porter Ă un seul frĂ©missement. La soupe prend une couleur crĂšme-verte profonde â le vert du taro, le jaune du potiron, le blanc ivoire du coco se mĂȘlent. L'odeur est complexe et apaisante â fumĂ©, lĂ©gĂšrement sucrĂ©, coconutĂ©. Maintenir 3 Ă 4 minutes sans bouillonner. Rectifier en sel si besoin. La texture finale doit ĂȘtre Ă©paisse, nappante, entre la soupe et le ragoĂ»t.
Servir la Kemai bien chaude dans des bols profonds â traditionnellement des bols en noix de coco sculptĂ©e dans les villages. Un bol de riz vapeur accompagne obligatoirement ce plat qui est trop Ă©pais pour ĂȘtre servi seul. La Kemai se mange Ă la cuillĂšre profonde, en rĂ©cupĂ©rant Ă chaque fois feuilles de taro, morceaux de potiron et flocons de poisson dans le bouillon crĂ©meux. Elle se rĂ©chauffe excellemment le lendemain, encore meilleure aprĂšs une nuit au rĂ©frigĂ©rateur quand les saveurs se fondent.
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Sourcer ou se taire
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