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Atlas Culinaire · Kenya · Afrique
La tĂȘte de chĂšvre longuement mijotĂ©e en un bouillon poivrĂ© et gĂ©latineux, mousseux comme un cappuccino de rue.
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Passez la tĂȘte de chĂšvre entiĂšre au-dessus d'une flamme vive pour brĂ»ler tous les poils, puis grattez fermement la peau au couteau et rincez abondamment. L'odeur de poil grillĂ© laisse place Ă celle de peau nette ; la surface passe du sombre au clair. C'est prĂȘt quand plus aucun poil ne subsiste, jusque dans les creux des oreilles et des naseaux. Si des zones rĂ©sistent, repassez-les Ă la flamme plutĂŽt que de racler Ă sang.
Frottez toute la tĂȘte au citron vert coupĂ© et Ă un peu de sel, insistez dans les cavitĂ©s, puis rincez sous l'eau froide. L'acide dĂ©graisse la surface et neutralise les odeurs fortes des abats. Vous sentez l'agrume couvrir l'odeur animale. C'est prĂȘt quand l'eau de rinçage coule claire et que la tĂȘte sent frais. Si une odeur forte persiste, refrottez au citron avant de cuire.
Placez la tĂȘte dans une grande marmite, couvrez largement d'eau froide, ajoutez gingembre, oignon, cĂ©leri, piments et poivre en grains, puis portez Ă frĂ©missement. Ăcumez patiemment la mousse grise qui monte les premiĂšres minutes. Le bouillon s'Ă©claircit Ă mesure. C'est prĂȘt Ă passer Ă la longue cuisson quand plus aucune Ă©cume grise ne remonte. Si vous avez laissĂ© bouillir fort, filtrez pour rattraper la limpiditĂ©.
Couvrez Ă demi et laissez mijoter jusqu'Ă ce que la chair de joue et de langue se dĂ©tache et que le bouillon nappe ; comptez environ deux heures, une heure et demie pour une chĂšvre jeune. La peau devient tremblante et le liquide gagne en corps sous l'effet du collagĂšne. C'est prĂȘt quand la viande se prĂ©lĂšve Ă la fourchette et que le bouillon fige refroidi. Si c'est encore ferme, prolongez : le gĂ©latineux ne se force pas et l'eau se rajoute chaude.
Sortez la tĂȘte, dĂ©tachez la chair de joue, la langue, la cervelle et le maigre des cavitĂ©s, puis remettez-les dans le bouillon filtrĂ©. La cervelle, crĂ©meuse, Ă©paissit et adoucit la soupe. C'est prĂȘt quand tous les morceaux comestibles sont rĂ©cupĂ©rĂ©s et le bouillon dĂ©barrassĂ© des os. Si vous prĂ©fĂ©rez une soupe plus lĂ©gĂšre, gardez la cervelle Ă part et ne l'ajoutez qu'aux amateurs, elle est trĂšs riche.
Ăcrasez l'ail dans le bouillon reconstituĂ© et laissez fondre dix minutes Ă petit feu, puis salez en goĂ»tant. L'ail parfume sans amertume car il ne cuit que briĂšvement. Le bouillon embaume et prend du relief. C'est prĂȘt quand l'ail a fondu et que l'assaisonnement est franc. Si la soupe est trop grasse en surface, Ă©cumez le film de gras Ă la louche avant de servir.
Coupez le feu, parsemez de coriandre et servez dans des bols brĂ»lants, avec un quartier de citron vert Ă presser. Fouettez d'un coup de louche pour faire mousser la surface, Ă la maniĂšre des vibandas. C'est prĂȘt quand le bol fume, mousse en surface et que la premiĂšre gorgĂ©e est gĂ©latineuse et poivrĂ©e. Servez sans attendre ; laissĂ©e tiĂ©dir, la soupe fige et perd sa mousse, il faut alors la rĂ©chauffer et refouetter.
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